[Moisson 2026] Antoine Baron : « La moisson de nuit, ça tire un peu »

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[Moisson 2026] Antoine Baron : « La moisson de nuit, ça tire un peu »

À la cuma La Concorde, en Charente-Maritime, Antoine Baron adapte sa moisson 2026 entre fortes chaleurs et restrictions préfectorales. Témoignage. ©Entraid

À la cuma La Concorde, en Charente-Maritime, Antoine Baron adapte sa moisson 2026 entre fortes chaleurs et restrictions préfectorales. Témoignage.

« Moisson de nuit, le jour c’est chaud comme un désert ». Dans la moissonneuse de la Cuma de La Concorde, à Saint-Mard, Charente-Maritime, Antoine Baron bat les céréales entre fortes chaleurs et restrictions préfectorales en cette fin juin 2026. Et ce n’est pas un remix agricole du « cargo de nuit » d’Axel Bauer qui chante dans la cabine, mais le souffle discret de la climatisation. Il faut y préserver une fraicheur relative quand, dehors, le mercure peine à descendre, même après le coucher du soleil.

Moisson interdite entre 14 et 19 heures

Le 24 juin 2026, un arrêté préfectoral interdit les récoltes de 14 heures à 19 heures. « Il fait 42 °C ! Personnellement, même sans l’arrêté, je n’aurais pas tourné dans cette tranche horaire, convient Antoine, installé depuis 2 ans et président de la Cuma. Mêmes récentes, les moissonneuses ne sont pas conçues pour travailler sous ces chaleurs supérieures à 35°C. »

Antoine Baron craint les risques de départ d’incendie et d’ennuis mécaniques.

« Même sans l’arrêté, je n’aurai pas moissonné »

Heureusement, la coopérative Terre Atlantique adapte ses horaires. « Elle n’a pas trop le choix, elle joue le jeu, analyse Antoine Baron. Nous pouvons livrer de 8 heures à 14 heures, puis de 20 heures à 2 heures. »

Toute aide est bienvenue dans l’emploi du temps de l’agriculteur. En effet, ses journées ressemblent à celles d’un skipper dans une course au grand large. Tenir la barre quand la météo le permet, entretenir l’embarcation, organiser les prochaines manœuvres… Alors pour le sommeil, c’est quand il peut.

moisson nuit habitations

Antoine Baron récolte au plus tôt les parties proches des habitations, pour minimiser les nuisances sonores. (©Entraid Médias)

Moisson de nuit : emploi du temps calqué sur la chaleur

« Ça tire un peu, admet Antoine. Je nettoie la moissonneuse à 17 heures. Je commence à battre vers 21 heures. L’arrêté permet de commencer dès 19 heures, mais il fait encore trop chaud selon moi. » Puis il conduit la Claas Trion 520 jusqu’à 5 heures du matin.

« Les céréales sont moissonnées, mais il faut encore les livrer, Saint-Mard s’éveille »

Le travail de nuit pourrait troubler l’esprit au point d’interpréter différemment la chanson de Jacques Dutronc. Lorsqu’il n’a pas l’aide de son oncle ou de ses collègues pour la logistique toute la nuit, Antoine tient bon, et livre quelques bennes au petit matin. « Certes, ce n’est pas l’idéal point de vue logistique, concède-t-il. Mais nous ne sommes pas pressés. La cuma doit battre 220 ha de cultures d’été. Disposer de notre moissonneuse nous fournit souplesse et tranquillité. »

Coup de chaud sur les rendements

Avant cette période caniculaire, les céréales avaient déjà souffert du chaud. Les blés rendent autour de 50 q/ha, les orges environ 55. Toutefois, la qualité semble correcte et les prix provisoirement encourageants. Entre 9 heures et 12 heures, Antoine repart moissonner. De 12 heures à 17 heures, retour en famille pour se reposer, comme sur un air de « Tu y yo, a la siesta ».

Vivement la fin des grosses chaleurs, même la radio est détraquée.

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Les rendements s’annoncent sous la moyenne, qualité et prix devraient peiner à les compenser. (©Entraid Médias)

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