Dans les Bouches-du-Rhône, se réinventer pour durer

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Dans les Bouches-du-Rhône, se réinventer pour durer

Stéphane Orjubin, président de la cuma de Gancel, dans les Bouches-du-Rhône. (©Entraid)

À Vernègues dans les Bouches-du-Rhône, la cuma de Gancel est à un tournant. Cuma exclusivement viticole, elle doit se réinventer pour appuyer les adhérents dans leurs perspectives de diversification ou de changement de culture, seul moyen de pérenniser les exploitations.

La cuma de Gancel a plus de 20 ans et est essentiellement tournée vers la viticulture, et notamment la récolte avec deux machines à vendanger pour huit adhérents. « Nous sommes aussi tous adhérents à la même coopérative, le cellier Saint Augustin à Sénas », indique Stéphane Orjubin, président de la cuma.

Un gros coup de frein sur les investissements

En plus des deux machines à vendanger, la cuma possède des outils d’entretien de la vigne. Aussi un tracteur qui réalise 1 000 h/an et qui est accessible au tarif de 10 €/h sans le GNR. « Nous étions dans un schéma de renouvellement des machines à vendanger tous les six ans, explique Stéphane Orjubin. C’était très simple, nous empruntions sur six ans et ensuite on renouvelait. Une manière aisée d’avoir du matériel en bon état de fonctionnement. Aujourd’hui, nos machines à vendanger ont quatre ans et nous savons qu’on ne les renouvellera pas dans deux ans. »

La raison est facile à comprendre. « Durant des années, le prix de vente de notre production augmentait régulièrement, assure le président. Il y a encore trois ans, on nous expliquait que l’avenir était radieux. Mais aujourd’hui, ce prix de vente est divisé par trois. Alors, on en est à un point où on cherche juste à ne pas perdre d’argent. »

Une continuité dans le flou

Les cuma viticoles sont dans la tourmente et renoncent souvent aux investissements.

Le contexte viticole fait que le renouvellement des machines à vendanger ne se fera pas. La politique est de faire durer le matériel. (©Entraid)

Pour les machines à vendanger, plusieurs solutions sont sur la table. Conserver les mêmes tarifs autour de 200 €/ha une fois les machines payées pour faire de la trésorerie et renouveler plus tard. « Ou plutôt baisser les tarifs une fois les emprunts terminés car la situation est vraiment mauvaise, complète -t-il. On verra plus tard pour le renouvellement car des adhérents vont avoir du mal à payer les factures. »

La suite pour Stéphane Orjubin serait en quelque sorte de revenir en arrière. « Revenir à des exploitations diversifiées avec du maraîchage, de l’arboriculture, des céréales… Nous avons pratiquement tous des exploitations un peu diversifiées mais la vigne a pris le dessus au fil du temps. Plus rentable, plus mécanisable que le maraîchage. »

Utiliser la cuma comme un levier

« Se diversifier. C’est facile à dire mais il faut y penser car le vignoble dans notre secteur risque de disparaître », constate l’agriculteur. L’idée viendrait d’une autre culture présente chez tous les adhérents. « Nous avons tous des oliviers. Nous sommes dans un secteur avec des structures déjà en place comme des moulins pour l’huile. Il y a aussi une demande. »

Et le secteur est dans l’AOP huile d’olive de Provence. « Si tous les adhérents se lancent, il faudra une chaîne de mécanisation de la récolte des olives, prévoit le président. Quand le temps sera venu, les investissements devront passer par la cuma car seul on ne pourra pas. Il faut se servir de la cuma comme d’un levier. Cela fait partie des moyens pour pérenniser nos exploitations. »

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com

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