Quelle culture privilégier cette prochaine campagne après de telles déceptions cette année ? En effet, aucune culture n’est sortie du lot et encore moins les maïs qui risque de voir ses rendements réduits de moitié. Dans le Grand Est, de nombreux agriculteurs font des arbitrages et cherchent LA culture qui sera rémunératrice en 2027. Un point sur le choix des cultures en 2027 ?
Que semer en 2027 ?
Le but pour les éleveurs de ce secteur est de reconstituer des stocks de fourrages. Largement entamés cet été. « Il va se semer plus de méteil cet automne et plus de maïs au printemps prochain, lance Sébastien Louyot, conseiller en agronomie à la chambre d’agriculture de Moselle. Ce sera au détriment du colza notamment. »
En effet, les conditions d’implantation n’étant pas toutes réunies, certains agriculteurs ont même rendus leurs semences. « Certains secteurs n’ont eu que 20 mm depuis le 28 juin 2026, relate le conseiller. C’est compliqué d’implanter du colza dans ces conditions. Par ailleurs, le colza coute chère à produire. Il mobilise de la trésorerie dès août et septembre. Or, les trésoreries sont déjà tendues après une moisson moyenne. »
Go vers le blé et le maïs
Mais qu’implanteront ces agriculteurs qui ont délaissé le colza ? « Si l’automne est favorable aux semis de céréales, il sera emblavé plus de blé sans doute, suppose le conseiller. C’est la culture rassurante chez les agriculteurs. » Surtout que les orges, de printemps ou d’hiver ont subit des prix à la baisse et laissent peu de marge cette année. Tout comme le tournesol.
Toutefois, le conseiller le rappelle, « les aléas climatiques nous renforcent dans la nécessité de diversifier les rotations. En y intégrant si possible une succession de deux cultures d’été type tournesol et maïs. » Que ce soit d’un point de vue économique pour ne pas prendre trop de risques mais aussi agronomique pour lutter contre les adventices ou ravageurs.
Des cours en hausse, une opportunité
D’autres stratégies consisteraient à implanter des cultures peu consommatrices d’intrants afin de réduire les charges. Avec notamment les légumineuses ou encore les protéagineux ou les tournesols. Quitte à ne pas produire même. « Pour le moment, je ne remarque pas de surfaces agricoles qui évoluent dans ce sens, relève le conseiller. La question s’est posée dans des secteurs à plus faible potentiel. »
Arvalis rappelle dans une note, que « les charges fixes et annuités d’emprunts (mécanisation, bâtiments, foncier…) ainsi que les salaires et fermages doivent être réglés indépendamment du résultat de la campagne. Cet ensemble représente fréquemment 65 à 70 % des charges des exploitations. Les charges en intrants (engrais, protection, semences) quant à elles, représentent environ 30 à 35 % des charges totales. Pour cette raison, remplacer une culture de vente par une surface sans production commercialisable apparaît rarement comme pertinent. »
Pas catastrophique
Toutefois, les cours des céréales et des oléagineux progressent depuis que les expéditions via la Mer Noire sont bloquées. « Une aubaine pour les agriculteurs, estime Clarisse Bonhomme, économiste chez Chambres d’agriculture France. Le prix des céréales remontent et, pour ceux qui maitrisent les marchés à terme, c’est l’occasion d’assurer les prochaines récoltes. Restons tout de même prudents puisqu’il suffit que la situation se débloque en Europe de l’Est pour se retrouver noyés sous un flux de grains Ukrainiens et Russes à prix très compétitifs. »
Sans oublier que les prix des engrais et du GNR progressent dans la même veine. Aux agriculteurs de se montrer opportunistes. Avec cette conjoncture économique, Sébastien Louyot reste optimiste. « Pour le moment les marges de 2026 ne sont pas catastrophiques. Elles restent meilleures que celles de 2016 et 2024 par exemple. Les agriculteurs du Grand Est ont espoir que les prix se maintiennent en 2027 et permettent de dégager des marges correctes. »
Alexis Decarrier, ingénieur chez Arvalis, rappelle la rentabilité du blé malgré le coût de l’azote. « Les marges brutes des céréales restent positives dans la plupart des scénarios étudiés, notamment lorsque le prix de l’azote n’excède pas 2,5-3 € par kilo. »
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