La poussière derrière le semoir en témoigne. La sécheresse intense qui s’est installée dans toute la France rend les conditions de semis de colza compliquées. « L’année est difficile pour les semis de colza avec une sécheresse très prononcée, lance Bertrand Choné, président de la cuma des trois cantons. Nous ne sommes pas en retard pour le moment, mais il est délicat de choisir la bonne stratégie. » En effet, l’arrivée de la pluie conditionne les déclanchements pour certains agriculteurs. Faut-il faire le semis de colza en condition sèche ou pas ?
En direct des champs
Une avancée timide des semis de colza 2026 dans le sec
Face à cette situation, il y a deux stratégies. La première, celle optée par une partie des agriculteurs de la cuma, est d’attendre suffisamment de pluie pour semer dans un sol plus humide. « Le risque c’est que tout le monde veuille semer au même moment, fait remarquer le président et aussi responsable du chantier. Mais aussi que les fenêtres de travail soient plus assez conséquentes et qu’on doive agir un peu en urgence. »
D’autres agriculteurs scrutent le ciel en attendant la pluie. Car pour eux, les graines de colza sont déjà dans le sol. Dans leur cas, le travail du sol et la précision des semis sont assez déterminants. « Ici, j’ai apporté du fumier juste après la moisson, à la fin juillet, j’ai déchaumé la parcelle ensuite, explique Maxence Rosinski, adhérent de la cuma. Je n’ai pas pu travailler très profondément. Les 15 premiers centimètres étaient suffisants. Puis j’ai essayé de préparer au mieux le terrain avec un passage de rotative suivi d’un de rouleau. Mais le sol reste encore assez motteux. »
La précision est de mise cette année
Toutefois, Maxence Rosinski est confiant. Si, en ce jour de semis, le temps est encore au sec, la pluie est annoncée. D’autant qu’il s’appuie sur le semoir de précision de la cuma pour emblaver ses 23 hectares. « Cela garantie la levée, estime t-il. Ici, la graine est semée à 4,5 voire 5 cm de profondeur. Elle est au bon endroit et implantée de manière régulière. Lorsqu’elle aura suffisamment d’humidité pour germer, je sais qu’elle aura à sa disposition assez d’eau pour la suite de son cycle végétatif. » Outre les pluies pour la levée, la graine a besoin aussi d’eau pour bien se développer. Et dans les sols secs de cette année, rien n’est acquis. L’avantage d’un semis de précision, est également de pouvoir utiliser la bineuse de la cuma pour désherber la parcelle.
Pour le chantier en prestation complète de la cuma, c’est bien l’agriculteur qui est responsable de la germination des plantes et donc des réglages qui incombent. Le reste, c’est le chauffeur, un des deux salariés de la cuma, qui s’en occupe. « Il connaît son outil », précise le président. Et pour cela, il est équipé de matériels sophistiqués et récents. Mais qui demandent aussi beaucoup de précautions et d’entretien. Le tracteur équipé d’un GPS, un Puma 200 est neuf, tandis que le semoir, un Maestro 12 Cv de 12 rangs a deux ans.
Attendre des pluies significatives
« C’est l’avantage de la cuma, poursuit Bertrand Choné. On propose du matériel récent et avec toute la technologie. Ici, le semoir est équipé de coupures de tronçons, une manière de faire des économies de semences. » Sans oublier le système de fertilisation localisée ou encore l’incorporateur d’anti limaces. Pour avoir accès à cet équipement, l’agriculteur doit compter entre 40 et 45 €/ha, auxquels il doit ajouter le prix du carburant.
Pour le moment, les adhérents de la cuma ne se sont pas encore positionnés sur leurs besoins. « Avec la sécheresse, beaucoup hésitent à implanter du colza, ou attendent les cumuls d’eau significatifs, fait remarquer le président. Pour le moment, seuls 250 ha sont prévus, j’espère qu’on en sèmera le double. » Depuis quelques jours, le secteur est régulièrement arrosé. La météo semble être rétablie.
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