Les 4 astuces pour piéger les ravageurs du colza avec un couvert

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Les 4 astuces pour piéger les ravageurs du colza avec un couvert

Pour bien implanter l'interculture piège à ravageurs du colza il faut bien gérer son implantation, la destruction et le choix des espèces. © Terres Inovia

Implanter un couvert végétal aux abords d'une parcelle de colza permet de diluer la population des insectes ravageurs et de les détruire en même temps que l'interculture. Voici 4 astuces pour y parvenir.

Volatils et destructeurs, les altises et charançons du bourgeon terminal ont affaibli la filière colza dans certaines régions de l’Hexagone. Si les agriculteurs pouvaient se prémunir de leurs dégâts grâce aux pyréthrenoïdes, de nombreuses résistances constatées ne permettent plus de lutter efficacement. Certains leviers semblent, toutefois, promettre une défense fructueuse. L’interculture piège en fait partie. Pour cela, quelques règles sont à respecter pour s’assurer de leur bonne efficacité. Retour sur le piégeage des ravageurs du colza.

1/ Piégeage des ravageurs du colza, bien choisir l’espèce

Le but de cet interculture est double. Diluer la population d’insectes ravageurs en les attirant dans le couvert végétal plutôt que dans la parcelle de colza. Mais aussi de détruire les ravageurs au stade larvaire ou adulte, qui sont présents en même temps que l’interculture. Il s’agit d’onc de choisir les bonnes espèces capable d’attirer les insectes indésirables à l’automne mais qui se détruisent facilement. « Nous favorisons dans nos mélanges la navette et le radis chinois, qui sont des crucifères, commente Nicolas Cerrutti, ingénieur chez Terres Inovia. D’autant que ce sont des espèces gélives, donc faciles à détruire. »

À l’inverse, la caméline et la moutarde ont un effet répulsif.

2/ Réussir l’implantation

Pour attirer le plus de ravageurs, le couvert doit avoir une bonne densité. Entendez par là, plus de 22 pieds par mètre carré. « Il faut être vigilants à l’apparition des potentielles repousses de céréales qui sont des répulsifs pour les altises et les charançons du bourgeon terminal », estime l’ingénieur.

Par ailleurs, la date de semis doit être assez proche de celle du colza afin d’obtenir des stades de développement identiques dans chaque parcelle.

3/ Aménager le territoire

Pour plus d’efficacité, la lutte peut être collective. « Pour maximiser l’utilité de ces intercultures, les surfaces de colza et de couverts doivent être à peu près identiques, précise Nicolas Cerrutti. Enfin, si c’est possible, il faut éviter les gros éloignement entre les parcelles. »

Car les essais ont montré qu’entre deux parcelles proches, 77 % des ravageurs ont été piégés, contre en moyenne 29 % dans les autres situations. « Les éléments paysagers sont également à prendre en compte. Sur ce point nous n’avons pas encore de données précises », admet l’ingénieur.

4/ Gérer la destruction

Ni trop tôt, ni trop tard. Le 15 décembre serait la date fatidique. Une chose est sûre, l’efficacité est amoindrie lorsque la destruction a lieu à la sortie de l’hiver.

« Dans nos essais, nous avons réussi à anéantir le cycle des ravageurs dans 89 % des cas avec un broyage, 88 % avec un désherbage chimique et 75 % grâce au gel », fait remarquer Nicolas Cerrutti.

Faible surcoût

Cependant, Terres Inovia tient à rappeler que cette technique reste complémentaires aux autres. « La technique du colza robuste et la régulation biologique sont nécessaires, ajoute l’ingénieur. Tout comme l’accès à certains insecticides. » Pour améliorer l’efficacité, l’action doit rester collective au sein d’un territoire.

Enfin, l’institut technique le rappelle, cet implantation de couverts représente un faible surcoût.  » Estimé entre 1 et 3 €/ha supplémentaires. »

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