Fin des réseaux 2G et 3G : quel impact et quelles solutions pour votre matériel agricole ?

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Fin des réseaux 2G et 3G : quel impact et quelles solutions pour votre matériel agricole ?

La fin des réseaux 2G et 3G va mettre en difficulté le fonctionnement de plusieurs matériels. (©Entraid)

La fin du réseau 2G est en marche tandis que celle de la 3G est planifiée pour 2028. Nombre d’objets connectés agricoles pourraient ne plus remonter d’informations. Mais des solutions existent pour pallier à ces arrêts de communication. Explications.

Une panne de réseau ? Non. Simplement son arrêt. Car les réseaux de télécommunications 2G et 3G vont définitivement arrêter d’émettre et de renvoyer tous signaux. Et cela va arriver très vite : dès ce mois de septembre et courant octobre pour la 2G d’Orange. Pour la 3G, ce sera à partir de la fin d’année 2028. Des matériels deviendront alors obsolètes. On vous explique l’impact de l’arrêt de la 2G et la 3G sur votre matériel agricole.

Finis les 900 MHz du réseau 2G

Plusieurs raisons poussent les opérateurs à éteindre la 2G. D’une part, la téléphonie ne l’utilise presque plus. Ensuite, l’entretien coûte cher. La consommation électrique du réseau aussi. Les opérateurs argumentent aussi sur une amélioration de leur bilan carbone. Enfin les fréquences peuvent être récupérées pour d’autres usages. Et ces réseaux deviennent vulnérables en termes de cybersécurité.

Concrètement, cela se traduit par la coupure du réseau 2G par Orange dès fin septembre et courant octobre 2026. Idem pour Bouygues et SFR courant novembre et décembre 2026. Free n’a pas de réseau 2G propre mais l’a en itinérance avec Orange. Le calendrier qui résume la date d’extinction des par régions est donné par l’ARCEP.

Élevage, irrigation et traçabilité impactés par la fin de la 2G

Problème, si de nombreux équipements fonctionnent sur des réseaux basses fréquences (ex. Lora, Sigfox, etc.) d’autres outils professionnels utilisent le réseau 2G. Il est une sorte de colonne vertébrale invisible de la connectivité « machine to machine », ou M2M, depuis plus de 20 ans.

Son arrêt a donc des conséquences directes sur les opérations, notamment en zones blanches. Car ces petits modems 2G envoient nombre de petites quantités de données utiles et à très faible fréquence, en consommant peu d’énergie.

Trimble, John Deere, Karnott, Medria…

On trouve ces petits modem 2G dans des boîtiers connectés apposés sur les outils agraires, des capteurs physiologiques sur les animaux, des DAC, des robots de traite, des stations météo connectées, des sondes capacitives ou tensiométriques, des programmateurs d’irrigation à distance, des boîtiers de géolocalisation et de télématique sur les tracteurs, moissonneuses, des alarmes d’effraction ou d’incendie dans les bâtiments, etc.

Quelques exemples : les premières générations du boîtier JDLink, les consoles RTK Trimble CFX-750, FmX, TMX-2050 sur modem DCM 300, les Karnott de 1ère génération, les boîtiers d’alerte de vêlage Medria, Vel’Phone, les stations relais de stalles pour bolus et colliers, les alertes de sécurité sur robots ou DAC Lely, DeLaval, les sondes et stations météo Weenat ou Sencrop de 1ères générations, les boîtiers d’alerte anti-vol sur les réserves de GNR, les alertes irrigation, etc.

Cette liste illustre combien l’arrêt de la 2G puis de la 3G pourront avoir un impact dans certaines fermes et cuma françaises. Pourtant, les outils en 2G cesseront d’émettre du jour au lendemain. Puis plus tard ceux en 3G. Accélérant l’obsolescence, ces changements impacteront aussi le marché de l’occasion. Vigilance donc !

Un renouvellement électronique à prévoir vite en remplacement des 2G et 3G

Evidemment, il va falloir passer à la caisse. Pour conserver un bon fonctionnement de la communication de ses outils en 2G, il pourra être envisagé un remplacement de carte SIM. Mais dans plusieurs cas, un simple remplacement de carte Sim pourrait ne pas suffire. Il faut changer la puce ou le boîtier électronique lui-même.

Pour une exploitation équipée de dizaines de capteurs, l’addition matérielle et l’intervention de techniciens peut représenter un coût à provisionner. Sans compter le remplacement éventuel de l’équipement.

Migration vers le LTE-M, le NB-IoT ou la 4G

Il reste difficile de savoir comment faire pour savoir si on est menacé de panne. Auditer l’intégralité du matériel connecté sur une ferme est difficile. Beaucoup de puces GSM intégrées par les constructeurs sont plus ou moins accessibles et/ou visibles. (voir encadré ci-dessous)

Dans le cas avéré de fonctionnements en 2G, des solutions existent pour continuer de faire remonter les infos de ces outils. D’abord, il faut contacter les fournisseurs pour vérifier la compatibilité des cartes SIM et des modems.

Ensuite, il faut migrer les équipements critiques, par exemple vers le LTE-M ou le NB-IoT (moteurs 4G basse consommation conçus pour l’IoT), ou vers d’autres solutions. Certaines institutions proposent de mettre en relation avec un prestataire, comme Mittis. Il existe aussi des sociétés qui se spécialisent dans cette migration, comme Smart Farming.

L’expérience extra européenne

À l’étranger, les coupures de 2G ont laissé des traces. Lors de la coupure de la 2G aux États-Unis, des constructeurs majeurs de machines agricoles et des milliers d’exploitants ont été pris de court. Des centaines de milliers d’équipements se sont soudainement arrêtés d’émettre. Par manque d’anticipation ou parce que les propriétaires ignoraient que leurs matériels utilisaient un module 2G.

Idem en Australie où la grande taille des exploitations a posé problème. La bascule vers la 4G a laissé des « trous de couverture » dans certaines zones reculées où la 2G passait encore. Les agriculteurs ont dû investir dans des antennes relais locales ou basculer vers des réseaux IoT satellitaires ou LoRaWan. Un pays averti en vaut deux.

Comment anticiper l’extinction des réseaux 2G et 3G pour vos équipements agricoles ?

Pour savoir si votre équipement agricole utilise la 2G ou la 3G, il existe quelques astuces et démarches à effectuer pour le savoir. Sans être exhaustif, on peut les citer par étapes :

  • La vérification du boîtier qui assure la connexion mobile. Il faut se poser deux questions : Quels sont les réseaux compatibles avec le boîtier de communication et quel est le réseau utilisé au moment du contrôle.
  • Repérer dans la mesure du possible, le boîtier communicant comme le modem télématique du tracteur, modem RTK, passerelle de station météo, boîtier d’irrigation ou d’alarme. Relevez sa marque, sa référence et son numéro de série. Certains manuels d’utilisation peuvent aider à faire ce repérage
  • Si votre outil est doté d’écran, il est probablement possible de consulter sa fiche technique ou son écran de diagnostic. Le type de connexion au moment du contrôle peut être relevé (2G, 3G, famille 4G, etc.).  Sur certains écrans John Deere par exemple, la page de diagnostic réseau comporte un champ « Connection Type » qui indique directement 2G, 3G ou 4G pour la connexion cellulaire en cours.
  • Demandez l’information au fournisseur du matériel ou de la connexion si elle n’apparaît pas à l’écran. Transmettez la référence du modem et demandez : « Quelles technologies ce modem prend-il en charge, et sur quel réseau se connecte-t-il actuellement ? ». L’Arcep recommande ce diagnostic auprès du fournisseur pour les équipements concernés.
  • Vérifiez chaque liaison séparément. Un système de guidage peut avoir un récepteur GPS parfaitement opérationnel, mais recevoir ses corrections RTK par un modem externe 3G. Topcon signale ce cas pour les récepteurs AGI-3 et AGI-4 RTK NTRIP et préconise de vérifier le modem externe.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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