Partager un même salarié : la stratégie de deux cuma

Partager sur

Partager un même salarié : la stratégie de deux cuma

Au-delà du travail, Patrick Tousch, président de la Cuma (à gauche sur la photo), et Maxence Hoffmann partagent les mêmes valeurs : travailler dans la bonne humeur et échanger en toute transparence. © JG

La cuma de l’Est Mosellan en Moselle a trouvé une solution originale pour maintenir son activité d’enrubannage : partager un salarié avec une autre cuma. Ainsi, elle facilite son organisation et allège la charge de travail des adhérents.

Suite au départ en retraite du responsable de l’activité d’enrubannage, la cuma de l’Est Mosellan située en Moselle s’est trouvée face à un choix : mettre fin à ce type de chantier ou embaucher un salarié en cuma. Elle opte finalement pour la seconde solution. « Nous nous sommes lancés dans une aventure inédite pour nous, explique Patrick Tousch, président de la cuma. Nous ne savions ni comment nous organiser ni comment définir nos besoins en main-d’œuvre ».

Deux cuma pour embaucher un même salarié

Pour accompagner cette réflexion, la frcuma du Grand Est a proposé à la cuma de créer un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE).

Ainsi, avec l’aide d’un intervenant extérieur, les adhérents ont mené une réflexion collective. « Ce fut un moment riche en rencontres et convivial, avec un bon accompagnement sur la gestion administrative », souligne Patrick Tousch.

Construire ensemble une relation de confiance

Une première annonce est publiée en février 2026. « Nous n’avions pas de critères spécifiques, nous recherchions quelqu’un capable de gérer le matériel agricole et de conduire les tracteurs. Surtout, nous espérions recevoir des candidatures », indique Patrick Tousch. Une première collaboration n’aboutit pas. « J’ai cherché longtemps jusqu’à ce qu’un adhérent me parle d’une de ses connaissances en recherche d’un emploi à mi-temps », poursuit-il.

Agriculteur et déjà salarié à temps partiel au sein d’une autre cuma, Maxence Hoffmann présente alors sa candidature. Celle-ci est rapidement étudiée puis retenue. « Tout s’est fait très vite, précise le président. Personnellement, j’ai ressenti un soulagement dès son arrivée, même si nous sommes encore en train de construire notre mode de fonctionnement en nous inspirant de l’organisation de l’autre cuma ». Novices en matière d’emploi, les adhérents apprennent progressivement à encadrer leur salarié.

Le temps partagé ouvre de nouvelles perspectives

De son côté, Maxence Hoffmann découvre un contexte de travail différent, dans un secteur nouveau. « Il est essentiel de se parler en toute transparence pour instaurer une relation de confiance », indique Patrick Tousch.

La cuma s’appuie sur un groupement d’employeurs pour embaucher Maxence Hoffmann, rémunéré en fonction du nombre d’heures effectuées. Chaque matin, il nourrit les vaches des adhérents de l’autre cuma qui l’emploie avant de rejoindre, l’après-midi, la cuma de l’Est Mosellan. « Nous avons adapté nos chantiers d’enrubannage à ses disponibilités, explique Patrick Tousch. Nous les réalisons du début d’après-midi jusqu’au soir. Le travail est désormais réparti sur un plus grand nombre de journées, mais de durée plus courte ».

D’autres missions

Créée il y a sept ans à l’initiative d’un petit groupe d’agriculteurs-éleveurs, la cuma rassemble aujourd’hui 25 adhérents et dispose d’un parc d’une quarantaine de matériels. Cette diversité permet d’envisager de nouvelles activités et de proposer d’autres missions à Maxence Hoffmann, actuellement employé principalement pour les chantiers d’enrubannage.

En 2027, le groupe envisage d’investir dans un groupe de fauche sous réserve de l’obtention de subventions. « Je ne regrette absolument pas d’avoir recruté un salarié à temps partiel, confie Patrick Tousch. Le fait qu’il travaille aussi dans une autre cuma peut nous apporter de nouvelles idées et d’autres façons de faire ».

Un parcours riche en expériences

Agé de 24 ans, Maxence Hoffmann, salarié de la cuma de l’Est Mosellan possède déjà plusieurs expériences professionnelles. Diplômé d’un Bac professionnel Conduite et gestion de l’entreprise hippique (CGEH), il réalise son apprentissage puis travaille pendant quatre ans comme salarié au sein d’une exploitation de production de fourrages et d’élevage de chevaux. Il saisit ensuite l’opportunité de s’installer sur l’exploitation agricole, louée auparavant par ses grands-parents, tout en travaillant en parallèle pour une unité de méthanisation. Il rejoint ensuite la cuma de la Liberté avant d’intégrer la cuma de l’Est Mosellan en mai dernier. Aujourd’hui, il cumule plusieurs activités qui lui apportent entière satisfaction et nourrissent sa curiosité.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

Dossier exclusif

En savoir plus
Sélectionner deux matériels de la même famille pour les comparer