Dans la Drôme, des maraîchers créent une ligne de lavage et de calibrage en cuma

Partager sur

Dans la Drôme, des maraîchers créent une ligne de lavage et de calibrage en cuma

Dans la Drôme, la cuma DCourges mutualise une chaine de lavage et de calibrage pour courges et patates douces. (©Entraid)

À Chavannes dans la Drôme, la cuma DCourges dispose bien sûr de matériels classiques comme un tracteur ou une mini-pelle. Mais ce qui fait sa particularité, c’est la mutualisation d’une ligne de lavage et de calibrage pour les productions de courges et de patates douces. Un investissement qui permet de mieux valoriser les productions tout en répondant rapidement aux demandes du marché.

Une chaîne de lavage et de calibrage de courges a permis à la cuma DCourges de créer de la valeur ajoutée. Elle est en effet une aide pour mieux vendre et valoriser les productions. C’est dans cette définition que se retrouvent ses cinq adhérents qui, sans tabou, se définissent comme un groupe d’entrepreneurs.

Une cuma qui vient de loin

« On est tous du même coin et une partie d’entre nous travaillait déjà ensemble », résume Yvan Perrier, adhérent. « Il y avait déjà de l’entraide, des prêts de matériels. Les générations précédentes avaient aussi des matériels en copropriété. »

À la base, l’idée de la cuma découlait d’un projet de création de retenue collinaire. « Ça ne s’est pas fait car l’endroit choisi est en zone humide, ce qui entraîne de nombreuses complications », résume Yvan Perrier. « Mais le sujet n’est pas enterré. L’idée était d’avoir une retenue mutualisée afin de mettre en place un réseau d’irrigation », précise-t-il. C’est avec ce projet et en étudiant tout ce que le modèle cuma pouvait apporter qu’une nouvelle idée est apparue.

Laver et calibrer pour mieux vendre

Courges et patates douces font partie des productions communes aux adhérents. « Nous avons vite compris les avantages à être en cuma et les possibilités d’améliorer notre travail », explique Romain Courthial, le président.

« Pour vendre nos productions de potimarrons, de butternuts ou de patates douces, il faut que les produits soient lavés et calibrés. Avant, nous exécutions ce travail chacun de notre côté et à la main. Cela représentait beaucoup de temps. »

Les adhérents ont donc pris le taureau par les cornes pour créer la cuma le plus rapidement possible. « Pour cela, un coup de chapeau à l’animatrice à la fdcuma, qui a réalisé un gros travail pour la création de la cuma », souligne-t-il.

Un coût divisé par quatre

La chaîne de lavage et de calibrage de la cuma de maraîchage est pour le moment logée dans un bâtiment appartenant au président.

La chaîne de lavage et de calibrage permet de baisser les coûts et d’être plus réactif pour répondre aux demandes du marché. (©Entraid)

Les premiers investissements ont donc concerné la chaîne de lavage et de calibrage. « Nous avons un premier bassin de prétrempage pour toute la production. Ensuite, nous avons un outil de lavage pour la patate douce qui est fragile et un autre pour les courges qui sont beaucoup moins sensible, détaille le président. Les produits passent, ensuite, par une calibreuse et chaque adhérent repart avec son produit. »

Un véritable changement de modèle déjà au niveau des coûts. « Le lavage à la main chacun de son côté coûtait entre 0,15 et 0,20 € par kilo. Avec la chaîne de lavage, nous sommes entre 0,03 et 0,04 € par kilo », indique Pierre Liotard, trésorier de la cuma. Pour nous la cuma c’est comme si on avait créé un outil pour être chacun plus performant. Un outil qui peut encore évoluer »

D’autres avantages à la clé

En plus d’une baisse des coûts, la chaîne de lavage permet d’être beaucoup plus réactif. « Les opérations de lavage et de calibrage sont très rapides. Cela permet d’avoir de la marchandise disponible dans des délais très courts pour répondre individuellement ou éventuellement ensemble à des acheteurs », complète le président.

Un autre avantage est d’avoir une main-d’œuvre saisonnière qui revient d’une année sur l’autre. « Avant, avec le lavage à la main c’était difficile. Aujourd’hui, la chaîne de lavage et de calibrage est à l’intérieur d’un bâtiment. Ce sont des conditions de travail plus acceptables. »

En bande organisée

Ce n’est pas dans le maraîchage que les cuma sont les plus nombreuses. Ce n’est pas dans les habitudes, « mais aujourd’hui cela correspond à nos besoins », constatent les adhérents. Mais tous sont d’accord pour dire que la cuma n’a pas eu que des effets économiques.

« La cuma a aussi permis de créer une plus grande relation entre nous, reconnaît Yvan Perrier. On se voit souvent, on est tous un peu là les uns pour les autres. En fait, la cuma permet aussi de remettre de l’humain dans notre travail et dans notre quotidien. Il y a une bonne communication dans le groupe, avec une solidarité. La cuma a aussi eu pour effet de recréer du lien. Dans ce secteur de maraîchage, il y en a qui sont seuls, qui ne partagent pas des marchés comme nous. Ils leur arrivent de jeter des invendus, pas nous. En groupe on se débrouille toujours. »

Et pourquoi pas un bâtiment en commun ?

L’idée d’un bâtiment fait son chemin parmi les adhérents. « Nous sommes deux adhérents à produire de la pomme de terre nouvelle Délicatesse. Chacun de nous possède sa propre chaîne de conditionnement. Nous nous sommes déjà posé la question de mutualiser une chaîne de conditionnement mieux équipée et plus performante », explique Pierre Liotard.

Pour cela il faudrait un bâtiment. On pourrait regrouper les différentes chaînes de lavage. » Un hangar aussi pour le stockage des différentes productions avec un quai de chargement. Avoir un gros volume facilement disponible intéresse également des acheteurs.

Un bâtiment permettrait en outre de stocker des matériels plus classiques comme le tracteur ou la mini-pelle. « Nous avons plein d’idées qui pourraient être réalisées si nous avions un bâtiment en commun, mais le projet n’est pas encore à l’ordre du jour », conclut le président.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com

Dossier exclusif

En savoir plus
Sélectionner deux matériels de la même famille pour les comparer