Fumure de fond, une impasse qui peut coûter cher

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Fumure de fond, une impasse qui peut coûter cher

Face à des charges qui pèsent, la fumure de fond est souvent le premier poste que les agriculteurs sacrifient. La logique se comprend : son effet sur la production n'est pas toujours visible tout de suite. Mais quel est, réellement, le risque ? Le dernier mensuel de Perspective Agricole apporte des éléments chiffrés pour y répondre. ©Entraid Médias

Face à des charges qui pèsent, la fumure de fond est souvent le premier poste que les agriculteurs sacrifient. La logique se comprend : son effet sur la production n'est pas toujours visible tout de suite. Mais quel est, réellement, le risque ? Le dernier mensuel de Perspective Agricole apporte des éléments chiffrés pour y répondre.

Est-ce qu’une impasse sur la fumure de fond engendre une perte de rendement ? La méthode Comifer raisonne la fertilisation phosphore (P) et potasse (K) à partir de seuils. En dessous du seuil de renforcement, un apport renforcé est nécessaire. Au-dessus du seuil d’impasse, sauter un apport ne pose généralement pas de problème. Mais ces seuils datent des années 90, une époque où les engrais coûtaient peu cher. Dans le contexte actuel, ils sont jugés plutôt sécuritaires, ce qui rend l’impasse tentante, y compris là où la méthode recommanderait un apport. Un point sur l’impasse de la fertilisation P et K.

Les explications de la perte de rendement sur l’impasse de fumure en vidéo

Le seuil de renforcement, ligne de partage des pertes

Les expérimentations de longue durée sont formelles : tant que les teneurs du sol restent au-dessus du seuil de renforcement, les pertes de rendement liées à une impasse restent limitées, entre 2 et 7 % en moyenne selon les cultures. Dès que les teneurs passent sous ce seuil, les pertes grimpent nettement : de 12 à 15 % pour le phosphore, et jusqu’à 19 % pour le potassium. Le vrai danger, c’est la répétition.

Sur maïs, une seule année d’impasse ne coûte que 4 à 6 % de rendement. Mais après plus de 10 ans sans apport, sur un sol déjà pauvre, les pertes atteignent 14 % pour le phosphore et jusqu’à 28 % pour le potassium. Une économie ponctuelle peut ainsi se transformer, année après année, en véritable trappe à rendement.

Des sols inégaux face à l’appauvrissement

Tous les sols ne s’appauvrissent pas au même rythme. Les sols de craie sont particulièrement exposés à la carence en potassium, avec une baisse pouvant atteindre 14 mg par kilo et par an sans apport.

Les sols sableux, eux, sont plus vulnérables sur le phosphore. Une raison de plus pour ne pas généraliser une même stratégie d’impasse à toutes les parcelles.

Un impact économique très variable

Sur la marge, l’effet varie fortement selon la culture et le contexte de prix : de moins 108 €/ha sur maïs en dessous du seuil critique, à plus 55 €/ha quand les teneurs du sol restent confortables.

La règle reste simple : pas d’impasse en dessous du seuil de renforcement. Au-dessus, dans un contexte de prix des engrais élevé, l’impasse peut, ponctuellement, devenir intéressante.

Une pratique à surveiller par l’analyse de terre

Une impasse de fertilisation PK peut donc se concevoir, et se maintenir quelques années, surtout sur les cultures peu exigeantes.

Mais c’est une pratique qui appauvrit progressivement le sol. Une analyse de terre tous les 4 à 6 ans permet de repérer toute dérive avant qu’elle ne pèse vraiment sur la production.

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