Épandage sur prairie : patins et pendillards plient le match niveau repousse d’herbe

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Épandage sur prairie : patins et pendillards plient le match niveau repousse d’herbe

Le volet Occitanie du projet Val’or a aussi permis à la frcuma Occitanie de tester les épandages en conditions pentues. (©Entraid)

L'herbe ne repousse pas de la même manière, dans une prairie temporaire, si l'on a épandu du lisier avec une buse palette, un pendillard ou une rampe à patins. Les résultats de l'expérimentation du programme Val'or, mené sur le site d'Albi Fonlabour dans le Tarn, plébiscitent l'efficacité du pendillard et de la rampe à patins.

Le matériel d’épandage a bien un impact sur la repousse de l’herbe dans une prairie, à la fois en termes qualitatif et quantitatif. Une expérimentation dans le Tarn a permis de mesurer ces différences.

L’objectif

Comment tirer le meilleur parti des engrais organiques tout en limitant les pertes d’azote dans l’air ? Le projet Casdar Val’or s’est penché sur cette question. L’objectif principal de son volet d’expérimentation tarnaise était de mesurer l’impact de trois techniques d’épandage. Ainsi, buse palette, pendillard et rampe à patins ont montré leurs effets sur la repousse d’une prairie temporaire destinée à la fois au pâturage et à la fauche.

L’enjeu : observer non seulement la quantité d’azote réellement restituée au sol, mais aussi la vitesse de pousse et la valeur alimentaire de l’herbe récoltée.

Matériel et méthode

Le test a eu lieu grandeur nature sur l’exploitation laitière (vaches prim’holstein) du lycée agricole d’Albi Fonlabour dans le Tarn, sur une parcelle semée en ray-grass anglais. Le 13 mars 2025, un lisier bovin de la ferme a donc été épandu à la dose de 50 m³/ha. La parcelle comptait quatre bandes pour comparer différentes modalités :

  • Une zone témoin (sans aucun épandage) ;
  • Une buse palette classique (jet oblique projetant à environ 0,6 m de haut) ;
  • Une rampe à patins (ouverture du sol sur quelques centimètres et dépose du lisier) ;
  • Un pendillard (jet vertical déposant le lisier à 0,3 m du sol).

Un suivi rigoureux a été assuré : tubes réactifs pour mesurer l’ammoniac (NH3) volatilisé, analyses de terre (à J + 1, J + 29 et J + 67), mesures hebdomadaires de la densité et hauteur d’herbe à l’herbomètre et, enfin, analyses de la qualité du fourrage lors de la deuxième coupe.

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Les tubes Dräger indiquent un rapport de un à trois entre les émissions via épandage avec buses palette et patins, en faveur des patins. (©Entraid)

Résultats des tests d’épandage sur la repousse de l’herbe de la prairie

Les premiers constats visuels et olfactifs le jour de l’épandage sont probants. La buse palette émet deux fois plus d’ammoniac que le pendillard, et trois fois plus que les patins. De plus, elle recouvre et salit entièrement le feuillage (provoquant même la mort visible de lombrics en surface), là où les patins et pendillards laissent de larges bandes d’herbe propre.

Côté pousse, les contrastes sont là également. L’azote apporté se convertit très vite en biomasse. Seulement 18 jours après l’épandage, au moment de la mise au pâturage (déprimage), les zones pendillard et rampe à patins affichent un stock d’herbe disponible supérieur de 49 % et 46 % respectivement par rapport à la buse palette. Sur le cumul de tout le printemps, le pendillard décroche la première place du rendement total (+ 8 % de matière sèche par rapport à la buse palette et + 9 % par rapport aux patins).

Enfin, sur le plan qualitatif (analyses de la 2e fauche), la rampe à patins et le pendillard produisent les meilleurs fourrages. L’herbe issue de la rampe à patins se distingue par sa richesse en énergie et son appétence. Tandis que celle du pendillard se différencie par sa richesse en protéines digestibles. À l’inverse, le fourrage issu de la « buse palette » est le moins riche en azote et s’avère le moins digestible.

Discussion

Pourquoi un tel écart de performance au champ ? La technique d’application joue un rôle clé dans le redémarrage physiologique de la plante. En déposant le lisier au pied de l’herbe, sans la recouvrir, les patins et pendillards permettent une reprise de croissance immédiate. La buse palette, en engluant les feuilles, freine la photosynthèse et impose plusieurs semaines de retard à la culture. Le comportement du troupeau a par ailleurs accentué ce retard agronomique.

Les vaches ont en effet boudé la zone buse palette lors du premier pâturage. Elles lui ont préféré, de loin, les zones non souillées. Fait très important pour la rampe à patins : lors du test, cette tonne spécifique a pompé un lisier intrinsèquement moins concentré en azote nitrique, malgré le brassage préalable du lisier pendant plusieurs heures. Mais si l’on rapporte la biomasse produite à l’unité d’azote minéral réellement apportée, la rampe à patins démontre une efficacité record (140 kg de matière sèche produite par unité d’azote, contre environ 75 pour les deux autres systèmes).

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Démonstration d’épandage de lisier en pente dans le cadre du projet Val’or. (©Entraid)

Quel est le matériel d’épandage le plus efficace concernant la repousse d’herbe sur prairie ?

Le pendillard s’impose comme le grand gagnant sur les volumes bruts de fourrage récolté et sur la qualité protéique. La rampe à patins valorise, quant à elle, la moindre unité d’azote disponible tout en assurant un fourrage très énergétique.

Quant à la buse palette, elle pénalise doublement l’exploitation. Car on constate des pertes d’azote dans l’atmosphère et un retard de pousse. Ce dernier décale d’ailleurs l’entrée des animaux dans la parcelle.

Combien coûte la volatilisation ?

Simulation des pertes potentielles d’azote sur un chantier d’épandage de lisier de bovins (2,5 uN) en nombre de sacs d’ammonitrate (de 25 kg), selon l’équipement. Un chargement de 18 m3 de ce lisier représentant 6 sac d’engrais, la perte équivaut à :

  • 3 sacs volatilisés dans le cas d’un épandage avec la buse palette ;
  • 1,5 sac volatilisé dans le cas d’un épandage avec le pendillard ;
  • 0,5 sac volatilisé dans le cas d’un épandage avec l’enfouisseur.

Source : projet TEpLis, frcuma Ouest

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