Doucement mais surement. C’est ainsi que s’est développée la cuma Nord Oignons située à Violaines dans le Nord. Depuis 35 ans, elle évolue selon le marché de l’oignon, l’unique production de ce groupe de 38 adhérents des Hauts-de-France. En effet, ce collectif s’est équipé petit à petit de matériel de conditionnement, d’expédition et de stockage du légume. Et ce, au fil des tendances du marché. Adossée au Marché de Phalempin, les deux coopératives travaillent main dans main afin d’optimiser la commercialisation du légume. Retour sur le conditionnement des oignons en cuma.
Conditionnement des oignons en cuma, tout un métier
À ce jour, 35 adhérents, tous producteurs d’oignons dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Somme viennent conditionner leurs oignons à Violaines. « Le stockage est assuré par l’adhérent, explique Didier Durlin, ancien président et adhérent de la cuma. Sauf pour les oignons bio qui nécessitent un stockage à froid. Pour ces volumes-là, la coopérative Marché de Phalempin a investit dans un frigo dans un bâtiment adjacent. »
Si la cuma s’est dotée au fil des années de trois lignes de conditionnement, une pour le bio et deux pour les oignons conventionnels, elle connait tous les ans des variations de volumes. « En 2025, nous avons conditionné 7 800 t et 800 t d’oignons bio, alors qu’en 2024, c’était 11 600 t et 1 470 t en bio, chiffre l’adhérent. Actuellement, nous recherchons des volumes pour saturer nos outils. »
Investissement en matériels mais pas uniquement

La cuma nord oignons possède trois lignes de conditionnement pour empaqueter les oignons jusqu’à 15 T/h. (©Entraid)
Car la cuma n’a cessé d’investir depuis ses débuts en 1990 où 3 000 tonnes étaient conditionnées. En 2003, la cuma fait le pas d’investir dans une seconde ligne de conditionnement, puis d’une troisième, exclusivement réservée aux oignons bio en 2017. Derniers achats en date, des trieurs optiques, deux au prix de 320 000 euros. Sans oublier les embauches de personnel, sept temps plein actuellement. « Nous avons la norme IFS, ce qui a engendré une mise aux normes de nos locaux et la construction d’un bâtiment plus adapté aux salariés, explique Didier Durlin. Cela nous permet d’accéder à certains marchés mais ils ne sont pas pour autant plus rémunérateurs. »
Conditionner des oignons c’est un métier. Dans ce grand bâtiment, les salariés de la cuma emballent les oignons dans une quarantaine de références pour s’adapter le plus possible aux demandes des distributeurs. « Tout ce qui est conditionné est vendu, ajoute l’adhérent en charge de la visite. On peut tirer, conditionner et expédier jusqu’à 15 tonnes d’oignons par heure. »
Plus de volumes

La cuma nord oignons a profité de ses 35 ans pour faire visite son site de conditionnement et ainsi espérer attirer de nouveaux adhérents. (©Entraid)
Un bel outil certes mais qui reste coûteux. Surtout avec des volumes d’oignons bio qui peinent à se vendre cette année. « Nous aimerions investir dans deux nouveaux quais de chargement mais pour le moment, l’objectif de la cuma est de réduire nos coûts. Cela passe par des volumes supplémentaires et l’adhésion de nouveaux agriculteurs, estime Didier Durlin. Bien sûr en parallèle, nous devons toujours améliorer la qualité de nos oignons et proposer un confort de travail à nos salarié en achetant des outils plus ergonomiques. »
Bref, la cuma a encore de beaux jours devant elle.
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