Pour la cuma Adour Protéoil, oubliez tracteurs, travail du sol et autres chantiers ou matériels agricoles. La cuma se regroupe autour de la production d’huiles oléagineuses.
Rencontre avec la cuma Adour Protéoil
Une filière née d’un besoin

La cuma possède deux presses pour fabriquer de l’huile. (©Entraid)
L’histoire commence bien avant 2010. Dans les Landes, région historiquement tournée vers le maïs (pour nourrir bovins et canards), les éleveurs manquaient cruellement de protéines locales. Tournesol et colza ? Quasi-inexistants dans le secteur au début des années 2000.
« On a démarré vers 2006-2007 à produire du tournesol. La première tranche d’investissement a été faite avec la fédération des cuma. On a commencé avec une petite presse », explique Benoît Cabannes, président de la cuma. Mais cette dernière est rapidement dépassée et autre problème apparaît : l’huile. « On ne savait pas forcément la vendre. En 2009, on a décidé de créer un site plus productif avec un salarié », précise le président.
Aujourd’hui, la cuma regroupe plus de 100 adhérents sur tout le territoire landais. Pour la vente de cette huile, c’est la SARL Oléandes (développée par la cuma) qui s’en occupe.
Cuma Adour Protéoil : une grande production d’huile oléagineuse
À l’intérieur des bâtiments, on retrouve toutes les machines. Deux presses produisent de l’huile. Une première pression à froid, sans produit chimique, sans traitement, juste de la mécanique. « Ça sort des presses, c’est filtré, et après c’est mis en bouteille, en bidon ou en cuve. » décrit Julien, directeur commercial d’Oléandes.
Les presses tournent 24 h sur 24, six jours sur sept. Au total, la structure triture environ 3 000 tonnes de graines par an. Elles produisent plus d’un million de litres d’huile et 1 600 tonnes de tourteaux.
On retrouve trois bâtiments sur le site. La cuma a construit le premier en 2010. Il abrite la production et le stockage. En 2019 , le second stocke tourteaux, huile et produits finis. Enfin le troisième, en 2022, stocke des graines et a accueilli la seconde presse, un nouveau trieur-nettoyeur et des équipements de manutention.

La cuma possède trois bâtiments de productions et stockages. (©Entraid)
Un collectif bien huilé
La structure repose sur une organisation solide. Un conseil d’administration se réunit une fois par mois. Côté salariés : Julien assure la direction et la commercialisation d’Oléandes et trois personnes travaillent à temps plein à la production. Enfin, une secrétaire et une comptable partagée avec la fédération des cuma complètent l’équipe.
Les adhérents mettent la main à la pâte pour trois demi-journées par an (Pour du conditionnement de bidons, préparation de commandes, coup de main à la production…). Le modèle économique vise avant tout la juste valorisation de la graine : « Le but de la cuma, c’est d’assurer un prix de graines correct, souvent plus élevé qu’on peut trouver dans les coopératives. On veut rester maître de cette filière, de l’implantation jusqu’à la vente des produits. Ça, c’est important », conclut Benoît Cabannes.
L’humain est aussi très important puisque c’est un projet départemental pour l’autonomie des élevages.
Des débouchés locaux pour la cuma Adour Protéoil
L’huile produite part dans des directions très variées : nutrition animale, industriels de l’agroalimentaire en Nouvelle-Aquitaine, cuisines collectives, cantines, laboratoires cosmétiques… et rayons de grandes surfaces.
La cuma commercialise sous trois marques destinée aux grandes surfaces :
- une gamme bio ;
- une gamme conventionnelle ;
- Nos Récoltes Paysannes.
Les adhérents eux-mêmes peuvent récupérer de l’huile pour la vendre à la ferme, en AMAP ou sur les marchés. Les tourteaux, riches en protéines, repartent sur les exploitations ou sont vendus à l’extérieur. La boucle est bouclée.

La cuma avec sa SARL Oléandes produisent trois types d’huiles. (©Entraid)
Découvrez les précédents épisodes de Cum’apéro :





