Il fait 27 degrés cet après-midi du 22 mai 2026 dans l’Ainse. Une météo inhabituelle mais qui facilite la récolte de l’herbe des éleveurs de la cuma de la vallée du Thon. Pour cette après-midi, il y a 20 hectares à récolter. L’herbe a été fauchée il y a deux jours et andainée depuis. C’est l’avant dernière journée avant une pause. La pousse de l’herbe oblige. Mais il faudra surement attendre de nouvelles ondées pour la booster. Le temps sec et chaud annoncé ces prochaines semaines vont ralentir les chantiers. Le point sur la récolte de l’herbe en cuma avec une météo atypique.
Rendements d’herbe impactés par les conditions météo
Même si début mai 2026 il est tombé environ 100 mm d’eau, les quantités de fourrages restent limitées. « Avec le sec en avril, nous n’avons pas pu profiter d’une belle pousse de l’herbe, généralise Hervé Leclercq, président de la cuma mais également éleveur. D’autant qu’en mai, il a fait très froid. Nous avons frôlé les gels pendant la nuit. » Des conditions défavorables aux rendements.
En revanche, niveau qualité, ce n’est pas trop mal. Tout dépend forcément du stade de récolte mais globalement, les andains réalisés restent encore verts dessous. Mais avec le chaud de ces derniers jours, il faut être vigilent. « Chez nous, la récolte fin avril de ray-grass s’est bien déroulée, nous avions 22 % de matière sèche, 14 % de protéines et un taux de sucre qui se situe dans la moyenne, raconte l’éleveur de l’Aisne. En revanche, pour la récolte de l’herbe la semaine dernière, c’était la catastrophe. »
Récolte de l’herbe en cuma : arroser pour mieux ensiler
L’éleveur a même envisagé de récolter son herbe en enrubanné plutôt qu’en ensilage. Mais avec un coût d’environ 15 €/botte, il s’est ravisé. Il poursuit, « les andains étaient trop secs et le taux de sucre trop élevé. La machine avait beaucoup de mal à ensiler l’herbe tellement elle collait aux couteaux. Nous avons dû arroser les andains avec des cuves avant que la machine ne passe. C’était la première fois que nous faisions cela. »
Sans oublier le risque d’incendie. Avec les températures élevées et le réservoir de gasoil, un cailloux et l’étincelle s’embrase. Ce serait encore plus dommage que l’ensileuse de la cuma n’a que deux ans. Renouvelée en 2025, la New Holland 780 a du pain sur la planche. Après les 400 ha d’herbe, CIVE et fourrage, il faudra encore ensiler environ 600 ha de maïs. C’est pas le moment de lâcher le groupe de 20 adhérents.
Un chauffeur dévoué
Pour les chantiers, la cuma est rodée. « On se réunit tous pour établir un planning trois semaines environ avant les ensilages de maïs, raconte le président de la cuma. Pour les ensilages de fourrages, c’est un peu différent, l’adhérent appelle le chauffeur quelques jours avant de faucher afin qu’il prenne son tour et que le chantier soit prévu. » Le président ne voit pas de mal à ce que l’adhérent fasse appelle à la cuma voisine ou à l’ETA la récolte ne convient pas dans le programme de l’ensileuse.
Le chauffeur, c’est Pascal Monchet, un adhérent de la cuma qui est dévoué mais aussi passionné. « C’est ma 29ème campagne, annonce t-il fière au bord de sa cabine climatisée. Je suis quasiment le seul à la conduire, je laisse uniquement le volent à mon fils parfois. » Ce qu’il préfère ? Ecouter le son de la machine, même si dans sa cabine, l’acoustique est réduit. Mais aussi des andains bien réguliers. Et pour cela, c’est tout un métier.
Adhérent responsable du chantier
Petit coup de klaxon pour avertir le chauffeur de la benne qu’elle est pleine et le suivant prend le relai. Le but, c’est que personne n’attende. « Les premiers hectares, ça va toujours, estime le chauffeur qui roule à 9km/h. Mais quand le silo se remplit, il y a parfois de l’attente. Et selon le rendement, les éleveurs ont plus ou moins de place dans leur silo, c’est difficile de prévoir. C’est là que ça commence à bricoler. »
Mais le passionné a l’habitude. Et puis, tant que ce n’est pas une panne ou une pierre dans le rotor, il n’y a pas de mal. Pour ce jour, Philippe Dardenne a prévu quatre bennes et fait appel à ses voisins pour le chantier. « La parcelle est grande, le silo est en plein milieu du village, avec les routes étroites, fait remarquer Pascal Monchet. Il suffit de croiser une voiture pour que le chantier ralentisse. » Les aléas de la vie rurale et des travaux des champs.
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