5 moissonneuses pour 47 adhérents et 900 ha

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5 moissonneuses pour 47 adhérents et 900 ha

Cinq moissonneuses batteuses assurent le service à la cuma des Versants de l'Illet (©Entraid).

Autour de Saint-Aubin-d’Aubigné (35), la cuma des Versants de l’Illets fixe un objectif de qualité à ses cinq batteuses. Petit tour d’automotrice avec le responsable de l’activité.

La coupe repliable de 6,40 m occupe bien la moissonneuse à cinq secoueurs de la cuma des Versants de l’Illet (35). En 1h10, elle aura rasé la parcelle de 2 ha au contour tortueux. Œil sur l’écran de commandes, Philippe Maréchal pose : « Nous sommes vraiment au max des capacités de ce type de batteuses. » Lancée à 3,5 km/h, sa New Holland CX 740 engloutit les épis de blé. Le responsable de l’activité moisson de la cuma apprécie surtout : « Moins de 25 kg/ha de pertes de grains. C’est à peu près la tolérance que nous indiquons pour l’ensemble de nos batteuses. Là nous y sommes ! »

La New Holland CX 740 met en moyenne 31 minutes pour récolter un hectare

Vincent Pontrucher est l’adhérent servi ce jour-là. Voilà trois ans qu’il a intégré l’activité de la coopérative. Il conforte : La qualité à la fois du service et du travail réalisé fait partie des premières attentes des agriculteurs et il s’y retrouve. « C’est satisfaisant, c’est-à-dire que je ne retrouve pas de grain derrière. »

Prestation de moisson

La cuma facture son service de moisson à l’heure. En moyenne cela revient aux environs de 150 €/ha aux adhérents (©Entraid).

La moisson à la cuma en vidéo

5 moissonneuses pour 47 adhérents et 900 ha

Côté disponibilité, le service repose sur l’ampleur du parc. Pour 900 ha de moisson annuelle, la cuma des Versants de l’Illet a en effet voté de conserver cinq automotrices. La CX 740 est la plus petite. Vingt campagnes à son actif, elle est aussi la doyenne. « Il était prévu de la renouveler, mais nous venons de fusionner et augmenter l’activité. Les adhérents ont préféré la garder pour la qualité du service quitte à payer un peu plus cher », explique Philippe Maréchal.

Philippe Maréchal est le responsable de l'activité moisson de la cuma

« Des cultures un peu spéciales, une situation compliquée… J’adore résoudre des problèmes avec une moissonneuse », résume le responsable moissons à la cuma des Versants de l’Illet, Philippe Maréchal (©Entraid).

Organisateur du planning pour les 47 adhérents, il participe aussi à la conduite, notamment pour les cultures les plus techniques. « Avec cette machine, j’aime résoudre des problèmes », résume-t-il. « Ça me passionne ! Et au bout de 36 ans d’expérience sur la batteuse, au niveau des réglages, on ne me la fait plus… ou beaucoup moins. »

Le secret ? « Feeling et expérience »

L’atout est précieux pour faire fonctionner les engins de récolte de la cuma brétilienne. Ces derniers sont amenés à intervenir sur pléthore de cultures. Car au-delà des classiques blé orge et colza, jusqu’au sarrasin en octobre, les batteurs en voient passer de toutes les couleurs. « On a déjà fait de la semence de ray-grass et de phacélie. Nous avons aussi du quinoa, du chia… » liste le responsable.

De l’orge au sarrasin en passant par la lentille

« En ce moment même, un adhérent est fauche sa lentille. Donc ce sera à moissonner dans une dizaine de jours », poursuit Philippe Maréchal qui considère cette dernière culture comme la plus technique à récolter parmi ce panel. « C’est un peu sournois la lentille ! », plaisante-t-il. « Déjà ça reste raz. » Cultivée avec un tuteur (le seigle dans le cas présent), la batteuse se trouvera devant un andain composé de deux espèces à récolter. « De plus, ça se met par paquets. Donc l’alimentation de la machine est irrégulière », liste l’agriculteur-chauffeur toutefois peu inquiet : « Nous le ferons avec une des Claas pour laquelle nous avons un pickup. La lentille passe bien dedans. »

Andains de lentille associée au seigle

Début juillet, au moment où elle attaque sa campagne de blé, une quinzaine d’hectares de lentille associée au seigle attend la cuma des Versants de l’Illet (©Entraid).

« Toutes les batteuses travaillent bien. Il faut savoir régler. »

La cuma des Versants de l’Illet mise intégralement sur les batteuses à secoueurs pour le moment. D’autres technologies permettraient certainement d’améliorer le débit de chantier et donc de réduire le nombre d’engins. « Nous pourrions facilement remplacer deux par une seule. Mais le montant d’investissement ne serait pas le même », oppose tout d’abord le représentant. Par ailleurs plusieurs éleveurs se montreraient soucieux de préserver la paille d’un traitement trop rude.

Moissonneuse New Holland CX 740

La New Holland CX 740 a déjà 20 campagnes à son actif. « À l’époque neuve et toutes options, elle reste une machine bien équipée », commente le responsable. « Tous les réglages des différentes cultures y sont enregistrés par exemple » (©Entraid).

Il rassure enfin : « Toutes les machines sont capables de bien travailler. Simplement, il faut savoir régler. » Cela passe pour lui avant tout par une parfaite connaissance de sa moissonneuse. Dans la mesure où l’usage se restreint à une quinzaine estivale sur l’année, l’exercice n’est pas évident, estime l’agriculteur considérant que « 80 % des conducteurs de moissonneuses-batteuses n’utilisent pas 60 % du potentiel de leurs machines. »

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