En Normandie, l’un des problèmes des prairies est la présence de rumex. Les herbicides classiques sont devenus peu efficaces. Mais ce qui distingue réellement ce projet, c’est son montage collectif exceptionnel.Comme le résume fièrement son président, Michael Coulmin « Dernièrement, en 2024, nous avons investi dans un robot Ecorobotics. La particularité de cet investissement, c’est qu’on l’a fait en commun avec 23 autres cumas. » La cuma La Pratique c’est un groupement fédérant 200 adhérents autour d’un seul et même outil. Une première dans le paysage agricole français !
L’audace de la cuma La Pratique saluée par le jury
Le jury du trophée n’a pas caché son enthousiasme face à l’ampleur et la nouveauté de la démarche. Ce qui l’a particulièrement frappé, c’est le courage d’innover: « C’est quelque chose qui est d’une innovation folle, portée par une cuma et un groupement de cuma. Il n’y avait pas de démonstrateurs et ils ont eu le courage de se lancer là-dedans. » déclare Armand Fresnais, fondateur d’Irisolaris.
Fédérer 200 adhérents autour d’un projet de pulvérisation ultra-ciblée grâce à l’intelligence artificielle, sans modèle préexistant à suivre, représente en effet un pari audacieux que peu auraient osé relever.
Une révolution dans la gestion des prairies
À l’origine du projet se trouve Guillaume Martel, adhérent de la cuma, qui cherchait une solution face à l’inefficacité croissante des produits phytosanitaires. Pour lui, l’impact sur le quotidien est profond : « Chez nous, en termes de gestion de prairie, c’est une nouvelle vie. Avant, c’était vraiment une contrainte. Là, on fait une gestion, une rotation au niveau de nos parcelles, en faisant passer la machine. »
Les performances techniques sont au rendez-vous. La machine affiche une efficacité annoncée « de l’ordre de 98 % », à condition d’intervenir au bon moment. Fini les longues journées avec un pulvérisateur à dos : « Aujourd’hui, on va passer deux ou 3 heures en disant on va gérer quelques rumex qui sont restés à droite à gauche. » conclue l’agriculteur.
Des résultats économiques bien au-delà des objectifs pour la cuma La Pratique
Sur le plan financier, le projet a largement dépassé les attentes. Pour garantir un coût accessible de 60 € à l’hectare, il fallait atteindre 700 hectares par an. « Dès la première année, il y a eu le double », et la dynamique ne s’est pas essoufflée : « Cette année, pour la troisième année, on a déjà atteint 700 hectares au 28 avril 2026. » déclare le président.
Autre indicateur saisissant : le matériel est utilisé plus que prévu, avec des économies atteignant « 90 % sur les produits phyto ». Un bilan qui confirme que l’union fait non seulement la force, mais aussi la rentabilité.
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