L’absence de pluies et l’aspect des emblavures de maïs faisaient craindre pire. Les premiers hectares qui arrivent au pied des stabulations de Florian et Sébastien Hériveau rassurent quelque peu les éleveurs de 65 laitières et 45 blondes d’Aquitaine. Surtout qu’ils comptent notamment sur un report de stock de maïs épi, et la possibilité d’auto-consommer de la céréale. « On va s’en sortir. Nous ne sommes pas les plus à plaindre », résument-ils tassant leur récolte. Le point sur l’ensilage de maïs 2026 dans les Pays-de-la-Loire.
Stocks salutaires
Avec des semis précoces, les agriculteurs de La Bazouge-de-Chémeré (53) ont tout d’abord esquivé les attaques de géomyze qui ont marqué le printemps dans la région.
Mickaël Talvard, mécanicien chauffeur de leur cuma relaye ainsi : « Au niveau de la cuma, il y a eu peut-être 10 % de surfaces re-semees. Mais on a eu sans doute 30 % de parcelles touchées. On pensait que ce serait pire. »
Les maïs ensilage 2026 sont hétérogènes, certains ont bien résisté
De la cabine de sa JD 8400, et après 90 ha déjà récoltés, le chef d’atelier de la cuma de la Vaige transmet encore : « 2026 ne sera ni une bonne année, ni une catastrophe. » Pour le moment, il constate des rendements hétérogènes. « Ça va de 3 tMS/ha, à peut être 8 tMS/ha. Il est encore un peu tôt pour conclure, mais la moyenne pourrait sans doute approcher de 6 tMS/ha. » Ce serait une moyenne faible mais meilleure que ce que les producteurs pouvaient craindre, dans un secteur où 8 tMS/ha constitue un repère habituel pour les cultures de maïs fourrager.
« Les adhérents vont remplir leurs silos », rassure Mickaël Talvard. « Certains achèteront du maïs un peu partout. » La méthanisation collective locale qui implique plusieurs adhérents de la cuma accentuerait par exemple sa stratégie d’éviter l’utilisation de cultures. Et nombreux seraient les éleveurs qui utiliseront en fourrage, des surfaces qu’ils destinaient à une récolte de grains. Le chauffeur de cuma reprend : « De notre côté, nous savons déjà que nous n’aurons pas de moisson de maïs cette année alors qu’on en fait 100 à 150 ha habituellement. »
« Il n’y a pas beaucoup de grain donc ça ne pèse pas. »
De leur côté, les frères Hériveau avaient semé une soixantaine d’hectares de maïs, contre 45 ha en 2025. « Cette surface en plus, c’était pour anticiper l’installation du second robot de traite. Finalement, elle va plutôt nous servir à compenser les rendements décevants », réfléchit l’aîné, Florian. « Parce que même sur nos 11 ha de maïs irrigués, ça a été compliqué cette année. »

Les maïs ont été mis à rude épreuve en 2026 (©Entraid).
Mickaël Talvard partage une dernière adaptation : « Les projets que l’on entend seraient de semer pour une récolte d’herbe s’il pleut d’ici fin août. Ce serait donc très dépendant de la météo, mais nous aurions de l’herbe à ensiler cet automne. Ce que nous ne faisons quasiment jamais. »
Beaucoup de changements dans les plannings pour l’ensilage de maïs 2026
En attendant, la cuma ensile du maïs et selon un agenda pas simple à mettre en œuvre. En effet, l’accalmie habituelle après la moisson permet de préparer les automotrices tout en autorisant quelques vacances aux salariés.
Cette année, la trêve a été particulièrement amputée par le lancement précoce des ensilages. « Même nos parents qui viennent de prendre leur retraite n’ont jamais vu ça », assène Florian Hériveau.

Dans une parcelle qui n’a reçu quasiment aucune pluie de juin à août, le maïs démontre tout de même une relativement bonne adaptation (©Entraid).
« La difficulté, avec ces maïs sans grain, c’est surtout d’estimer la bonne date d’ensilage », observe pour sa part Mickaël Talvard. « Il n’y a pas trop de repère. En plus les parcelles sont hétérogènes. »
Et des plantes qui paraissent sèches peuvent en réalité s’avérer fraîches… « Alors les gens appellent. Ils placent leur chantier, puis l’annulent ou le décalent », constate le salarié. Et le responsable n’a plus qu’à faire du yoyo. « Pour lui non plus, ce n’est vraiment pas simple. »
Le planning souple est un avantage
L’intéressé Sébastien Hériveau en est à sa seconde campagne à ce poste. Il confirme : « Chez nous, par exemple, on s’y est pris à trois fois pour caler la bonne date. Les années sont de plus en plus compliquées pour tout le monde. »
Il illustre encore : « Là, avec la chaleur les adhérents demandent en plus de commencer très tôt les matins pour mettre moins le moins de chaud possible dans leur silo. »

En Mayenne, l’impact de la mouche de semis a été spectaculaire. De nombreux champs de maïs ont été re-semés en 2026 (©Entraid).
Le jeune éleveur gère les deux ensileuses, le planning, les tracteurs avec lame, etc. pour le groupe d’une quinzaine d’adhérents qui bénéficie du service « à la carte » de la cuma de la Vaige. Pour 500 à 600 ha de maïs par an, « nous avons deux ensileuses. Elles ne sont pas saturées au niveau du planning. Ainsi nous arrivons à apporter du service et contenter tous nos adhérents. »
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