Le désherbeur autonome Cyclair a démontré ses capacités sur plusieurs démonstrations. Notamment en Bretagne et en Normandie. Dans une parcelle de maïs bio du Gaec Avenel (Montmerrei, 61) était par exemple en action le 11 juin 2026. « L’an dernier, nous l’avions essayé et constaté quelques bugs au niveau de la gestion. On constate aujourd’hui qu’ils ont été solutionnés », retient Denis Ripoche. L’animateur agroéquipement de la fédération des cuma Normandie Ouest rappelle aussi les bons résultats techniques obtenus dans la micro parcelle de maïs : « Avec 3 passages du Cyclair, l’efficacité avait été de 95 %, c’est-à-dire un résultat équivalent à la stratégie chimique associant une intervention en pré-levée et une seconde en post levée. »
La bineuse autonome Cyclair de 7 m avance vers sa mise en marché
Le conseiller normand souligne les progrès de l’automate quant à sa vitesse d’avancement : « Grâce à un travail à presque 5 km/h, le débit de chantier devient intéressant avec la version qui entre prochainement en commercialisation. »
Cette dernière, d’une envergure de 7 m, travaille sur 5,40 m, soit 6 rangs de maïs. « Nous aurons cinq premières machines qui seront commercialisées pour le printemps prochain », indique Camille Auger, directeur des opérations de Cyclair.
L’utilisation de la bineuse Cyclair en vidéo
Débit attendu à 20 ha/j pour la bineuse autonome Cyclair
En binage classique, le Cyclair devrait ainsi désherber à une cadence supérieure à 20 ha/j. « Ce qui est un peu révolutionnaire, c’est que cette machine réalise aussi du binage intra-rang », poursuit Denis Ripoche. Dans ce cas, « le débit de chantier devrait plutôt s’approcher des 8 ha/j », ajoute Clélie Choiselat, animatrice agronomie à la fédération des cuma Bretagne.
De ce fait, l’opération de binage ‘en plein’ avec le robot se destinerait en premier lieu à des cultures à forte valeur ajoutée.

Grâce aux caméras (entre autres capteurs) et à l’intelligence artificielle développée par la startup, le désherbeur Cyclair fonctionne en analysant son environnement (©Entraid).
Aujourd’hui apte à biner quatre cultures (maïs, tournesol, colza et betteraves), le désherbeur Cyclair se veut évolutif.
Ensuite, « la particularité de notre robot est qu’il travaille en analysant son environnement. Il le fait en temps réel, grâce aux caméras et à l’intelligence artificielle », explique Camille Auger.
Qualité de semis nécessaire
Ainsi, la bineuse autonome se passe d’une solution de guidage avec répétabilité. « Néanmoins, au moment de réaliser son semis, il faudra penser au binage », commente Denis Ripoche.
« C’est-à-dire qu’il faudra éviter de tracer des courbes trop prononcées et surtout, avoir des écartements de rangs très réguliers… C’est pareil qu’avec une bineuse conventionnelle finalement. »
Cumuler une surface importante
Le conseiller machinisme normand évalue enfin que le tarif fait partie des limites. L’investissement nécessaire s’annonce en effet aux environs de 200 000 €. Son homologue bretonne précise : « Établir un coût de revient équivalent à une prestation complète de binage passerait par une surface proche de 1 000 ha/an. Ce serait possible en cumulant deux saisons de binage. »
Par exemple : maïs au printemps et colza à l’automne. Avec à terme, la possibilité d’étendre les campagnes de la bineuse autonome à d’autres cultures dont le blé ou l’orge. La startup poitevine y travaille.
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