Un vent du diable secoue le paysage alentour. Dans la prairie pourtant, un pulvérisateur traite les rumex. L’Ara (Ecorobotix) tout juste mis en service dans l’Orne démontre ici un de ses intérêts : son intervention s’affranchit en partie des conditions météo. À l’entrée de sa parcelle de ray grass et trèfle semée à l’automne 2024, Victorien Gaultier est impressionné par la performance de précision : « On voit que les rumex sont atteints. Cela va me permettre de garder ma prairie temporaire comme ça sur les quelques années prévues », indique le producteur de lait. « Autrement, quand le rumex est trop présent, la solution c’est un traitement en plein. » Or c’est là une alternative fatale au peuplement de légumineuse. Retour sur l’utilisatuion de l’Ecorobotix Ara en prairie.
Un service spécifique contre les chardons et rumex en prairie
La prestation que la cuma Innov’61 lance répond donc à cette impasse. La cuma d’Échalou (à laquelle adhère l’éleveur) fait partie des trente cuma qui participent à la nouvelle activité. « Ce sont bien les cuma locales qui s’engagent dans l’activité de la cuma départementale, avec un nombre d’hectares qui va de 5 à 80 actuellement », détaille Christophe Gorju, le responsable du service.
Ecorobotix Ara en prairie : déjà trente cuma pour un objectif de 1 000 ha
« Innov’61 facture la cuma locale. Chacune refacture ensuite ses adhérents. » L’administrateur y voit notamment l’avantage de la liberté pour les groupes locaux en termes de fonctionnement. « Chacune est en effet libre de s’organiser en groupe ouvert ou fermé. »
En revanche l’organisation départementale impose à chaque coopérative locale d’identifier un référent qui centralisera les demandes de chantier pour sa cuma.

L’Ara de la cuma Innov’61 intervient pour le compte de plusieurs cuma du secteur de Flers ce 25 mars. La veille, il avait couvert 19 ha chez quatre adhérents (©Entraid).
Dans la région, une première unité du pulvérisateur Ecorbotix fonctionne déjà en intercuma et démontre l’intérêt technique de la prestation.
Mathieu Gadeau, animateur cuma de la fédération Normandie ouest, souligne toutefois l’importance d’une bonne organisation. « Cela nécessite un investissement en temps important pour le responsable de projet. L’appui d’un secrétariat apparaît comme un élément clé pour assurer le suivi des demandes et le bon fonctionnement du dispositif au quotidien. »
Le deuxième Ara 6 m dans les cuma de Normandie
Au sein de la cuma départementale de l’Orne, le responsable bénéficie du soutien d’une secrétaire pour organiser les tournées du pulvérisateur de 6 m. Il dispose de surcroît d’un outil qui semble répondre aux attentes. « Nous utilisons l’application Kropeo. À l’origine c’est une solution développée pour organiser le ramassage de paille avec plusieurs chauffeurs », explique Christophe Gorju.
« Nous l’utilisons un peu à l’inverse, puisque nous n’avons besoin que d’un accés chauffeur, mais avec un grand nombre de responsables. Ainsi l’appli pourrait s’appliquer à d’autres activités d’intercuma avec des grands rayons d’action. »
Le chauffeur trouve facilement les champs et les infos
Quand le passage de l’Ara est programmé dans un secteur, « j’appelle les référents des cuma concernées », poursuit l’organisateur.
« Chacun doit signaler sur Kropeo les parcelles à traiter pour sa cuma. » Les champs ainsi cartographiés reçoivent un numéro. Christophe Gorju termine : « J’indique au chauffeur par SMS l’ordre des numéros de parcelles à faire dans sa journée. »

Les parcelles pour lesquelles la prestation est requise se trouvent cartographiées dans Kropeo. Les responsables et le chauffeur accèdent à l’information (©Entraid).
Sur l’application, le chauffeur retrouve en même temps toutes les informations utiles à son intervention dans la parcelle :
- Numéro de téléphone de l’agriculteur ;
- Nom de la cuma ;
- Surface ;
- Ce qu’il doit faire ;
- Etc.
« Ici ça lui affiche quelle adventice il traite : le rumex, le chardon ou les deux ; dans quelle culture et avec quel dosage de matière active. Ce qui est très pratique, c’est qu’en un bouton, il lance le guidage pour arriver à la parcelle suivante avec son application de navigation habituelle. »
Adaptation
L’application d’organisation des chantiers prévoit enfin la possibilité d’exploiter les données. Pour autant, la cuma préfère baser son reporting sur le système de gestion du pulvérisateur Ara. « Comme il peut y avoir des changements de dernière minute, ça permet de facturer ce qui a été vraiment fait », justifie le responsable.
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