1150 ha emblavés avec le Horsch Avatar traîné de 12 mètres : « objectif rentabilité »

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1150 ha emblavés avec le Horsch Avatar traîné de 12 mètres : « objectif rentabilité »

La cuma du Val Renard a organisé son chantier de semis pour optimiser au maximum son semoir. Le pragmatisme est de mise pour emblaver les 600 ha de céréales chaque année. (©Entraid)

À la cuma du Val Renard, dans l’Yonne, les adhérents ont fait le choix de l’optimisation. De l’outil mais aussi de leur temps de travail. Une stratégie qui s’avère gagnante.

Tout a commencé autour d’un outil. Le semoir de semis direct. C’était en 2021 et en découle la naissance de la cuma du Val Renard, dans l’Yonne. Quatre adhérents ont fait le choix de la mutualisation de ce matériel mais aussi du chantier, puisqu’ils réalisent leurs semis grâce à l’entraide. Retour sur l’avis sur le semoir Horsch Avatar.

Un chantier de semis organisé avec le semoir Horsch avatar

Les quatre adhérents prennent ce virage pour faire face au changement climatique qui rend les fenêtres d’actions plus courtes et qui conduit parfois à des impasses techniques. Mais aussi parce qu’individuellement, leurs propres semoirs arrivaient en fin de courses. L’occasion fait le larron, ces quatre agriculteurs décident alors de travailler ensemble, pour partager un outil qu’ils n’auraient pas pu s’offrir seuls, mais aussi pour partager leurs expériences. Un risque pris mais amoindri par l’effet du collectif.

Le semoir Horsch Avatar traîné de 12 mètres neuf arrive donc pour réunir les quatre collègues lors de la période des semis. Mais il a un objectif : être le plus rentable possible. Plus de 1 150 ha doivent en effet être emblavés chaque année. De plus, son prix d’achat est assez haut : 147 000 € subventionnés à hauteur de 37 000 €. Il va devoir faire ses preuves.

S’organiser avec du bon sens

Pour y parvenir le groupe décide d’organiser les chantiers sans réelle organisation mais avec pour objectif commun de maximiser l’utilisation de ce semoir. Ils se fondent sur le bon sens avec une approche pragmatique en réalisant un planning anticipé mais aussi modifiable. “On garde en tête d’avancer parallèlement chez tous les adhérents, explique Sébastien Neveux, adhérent du groupe. On évite ainsi de délaisser les parcelles de l’un ou de l’autre.”

L’entraide reste donc le maître mot de ce chantier. Les tracteurs attelés aux semoirs sont ceux des adhérents, tout comme ceux qui approvisionnent le semoir ainsi que les bennes et autres conteneurs. La conduite se fait également sur le principe d’entraide puisque le semoir peut travailler jusqu’à 14 heures chaque jour. Voire davantage ou la nuit lorsque la météo n’est plus propice aux semis et que le groupe doit accélérer ses emblavements.

Même type d’intrants

Pour cela, le groupe a choisi de semer des mélanges de variétés en vrac utilisable par tous. Un moyen de ne pas avoir à nettoyer le semoir et de faciliter le transport. Par ailleurs, dans cette même veine, les quatre adhérents utilisent le même engrais starter. Lors des semis de blé, période tendue pour la cuma, certaines parcelles, si elles sont compatibles, sont emblavées fin septembre. Cela concerne les parcelles ayant un faible potentiel ou lorsque les conditions ne sont pas toutes réunies. Elles représentent chaque année environ 20 % de la sole.

Dans ce contexte pressant, à l’automne, où entre 500 et 600 ha doivent être emblavés, le groupe insiste sur la nécessité d’être deux personnes autour du semoir. Un pour le conduire et le deuxième pour s’approvisionner. Enfin, si le risque météo accélère la cadence, les adhérents ne s’interdisent pas d’utiliser le tracteur attelé devant le semoir, même si ce n’est pas le sien. “D’où l’intérêt à ce que toutes les personnes du groupe soient formées à l’utilisation du semoir, même avec un autre tracteur”, souligne Nicolas Poinsot, adhérent à la cuma. Les résultats sont là, le remplissage du semoir se fait en 30 minutes en moyenne, avec un débit de chantier d’environ 6 ha/h soit 84 ha/jour.

Semoir Horsch Avatar : 31,70 €/ha

Ce dispositif reste cependant souple. Surtout dans les périodes plus calmes comme en été où 300 ha de couverts et 100 ha de colza sont emblavés. Cette efficacité de travail promet un bon résultat économique. Le coût du chantier, semences et intrants compris, est estimé à 31,70 €/ha avec un prix de revient du semoir facturé 13,20 €/ha et un coût de chantier de 24,70 €/ha. L’économie par rapport aux autres groupes est évaluée à 23 % et celles liées à aux heures tractées sont de 30 %.

Si cette organisation de chantier est économiquement rentable, elle repose essentiellement sur l’adaptabilité et la bonne foi de chaque adhérent. Encore plus envisageable lorsque le groupe est restreint. L’enjeu est donc de maintenir la mobilisation de tous même en rythme de croisière.

L’activité semoir en chiffres

  • 200 heures de semis par an, 1 160 ha emblavés dont 600 à l‘automne.
  • Coût moyen du chantier : 31,70 €/ha, approvisionnement compris.
  • Coût de revient du semoir : 13,20 €/ha contre 19,30 € pour les groupes en moyenne.
  • Débit de chantier : 6 ha/h.
  • Temps de remplissage : 30 minutes.

Le semoir mais pas que…

La cuma, créée en 2021 à partir du semoir de semis direct, ne s’est pas arrêtée là. Elle a investi dans d’autres outils : boîtier “tracking”, trieur et calibreur de grains, déchaumeur à disques, distributeurs à engrais, rouleaux et broyeurs de végétaux.

Les projets fusent également avec l’ambition d’investir dans un pulvé et un tracteur tout comme le renouvellement du semoir. Celui-ci va demander au groupe de revoir sa stratégie avec l’augmentation du nombre d’adhérents et de surfaces engagées. Mais aussi avec le tracteur partagé attelé sur le pulvé. Le but étant de maintenir les coûts d’utilisation. Dans tous les cas, à la cuma, faut que ça dépote !

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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