Combiné presse-enrubanneuse : quel coût de revient pour votre cuma ?

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Combiné presse-enrubanneuse : quel coût de revient pour votre cuma ?

Avec un chantier décomposé, les membres de la cuma choisissent un outil polyvalent, tandis qu'avec un combiné enrubanneuse, ils optent pour la simplicité. (©Entraid)

Entre un chantier réalisé avec une presse puis une enrubanneuse, et celui effectué avec un combiné enrubanneuse, il n’y a pas photo, les coûts ne se concurrencent pas. Pourtant, ce type de machine est présent dans les cuma. Explications et calculs.

Il n’est que très peu présent dans nos cuma, mais pour les groupes qui utilisent un combiné presse-enrubanneuse depuis plusieurs années, pas question de faire marche arrière. Efficacité des chantiers, organisation assez simple, gain de temps, sont les arguments en faveur de ces machines, mais il faut trouver beaucoup de bottes ou des aides pour pouvoir lancer cette activité. Avec un chantier décomposé, les membres de la cuma choisissent un outil polyvalent, tandis qu’avec un combiné enrubanneuse, ils optent pour la simplicité.

Combiné enrubanneuse, la simplicité

Si elles sont présentes en France, ce sont aussi grâce aux aides qui ont boosté les achats. À l’image du Grand -Est. Là, ce sont essentiellement les aides européennes qui ont impulsé les achats neufs en cuma dans les cinq dernières années, avec une douzaine de machines en parc dans la région, dont près de la moitié sur la Haute-Marne. « Cela représente 7 % des enrubanneuses dans le Grand-Est, calcule Éric Aubry, conseiller à la frcuma du Grand-Est. Et on en compte 142 en France. »

Pour arriver à amortir des investissements allant de 70 000 à 100 000 €, les aides de 50 à 60 % allouées par les agences de l’eau ont été le facteur déclenchant. L’objectif des groupes n’était pas forcément d’avoir un tarif final défiant toute concurrence, mais plus de pouvoir accéder à ce nouveau service qui est habituellement apporté par des ETA.

Un parc âgé de 4 ans en moyenne

Alors que les moyennes constatées dans le guide prix de revient de 2025 du réseau affichent près de 5 000 bottes/an, certaines cuma ont pu se contenter de trouver 3 000 à 3 500 bottes pour rester dans les prix de marché. Cependant, les nouveaux projets 2025 sont peu nombreux. Au regard de l’augmentation des valeurs d’achats, actuellement entre 100 000 et 120 000 €, l’effet subvention est presque indispensable pour qu’un groupe lance cette activité.

Souvent présents dans des cuma qui ont eu un raisonnement assez global avec plusieurs outils de fenaison (groupe de fauche, andaineur à tapis…), les chantiers visent à récolter une herbe de début et de fin de saison avec une bonne valeur nutritive. Dès que la météo le permet, des coupes de faible tonnage sont ainsi récupérables avec un minimum de manipulations.

Objectifs : temps gagné et qualité du fourrage

Sur le terrain, pour une bonne organisation, l’origine du tracteur est un élément important. Un dédié durant la saison et la spécialisation d’un nombre de chauffeurs restreints sont des gages d’efficacité et de limitation des risques. « C’est aussi la disponibilité de la main-d’œuvre ou la fenêtre météo qui va jouer dans le choix de tel ou tel type de matériel, ajoute Éric Aubry. D’autant qu’il faut avoir en tête que le prix du film représente un tiers du coût de la botte. »

Toutefois, l’organisation doit être rigoureuse pour que le débit de chantier soit assuré et bénéficier de coûts avantageux. « Pas question ici de changer le diamètre de la botte, ni de film, tout doit être optimisé« , ajoute le conseiller.

Autre point à souligner, la vision long terme. « Là c’est l’avenir de l’élevage qui entre en jeu, précise Éric Aubry. Est-ce que l’éleveur fait le choix d’investir dans une machine ou dans un silo. » Toutefois, il faut être conscient que l’enrubannage apporte de la souplesse dans le stockage d’une récolte qui n’est jamais identique d’une année sur l’autre.

Lancer cette activité dans une cuma appelle donc à des réflexions tout aussi techniques qu’économiques à moyen terme, sachant que ces outils peuvent effectuer plusieurs dizaines de milliers de bottes avant de les renouveler.

Difficile de concurrencer le chantier décomposé

Pour mieux comprendre et évaluer les choix entre un chantier décomposé et un combiné, la rédaction d’Entraid a tenté de comparer les coûts de ces deux chantiers. Voici les hypothèses de calculs. Dans ces simulations nous avons pris les références proposées dans le guide des prix de revient du Nord-Est de 2025.

Coût d’un chantier d’enrubannage avec un combiné

Dans cette simulation nous avons pris pour référence un combiné de presse-enrubanneuse acheté 89 168 €, ayant un amortissement de 21 864 € par an sur une période de 4 ans. Chaque année l’outil enrubanne près de 4 672 bottes. Il est attelé à un tracteur de 180 chevaux, acheté 128 79 € et qui travaille 700 h/an.

Son coût de revient est estimé à 30 €/h. Le débit de chantier est de 8 ha/h à 35 bottes/h, soit 4,3 bottes/ha. La main-d’œuvre est comptabilisée à 24 €/h. La consommation de carburant est de 16,8 l/h au prix de 1,19 €/l.

Coût de chantier d'un enrubannage avec un combiné

Coût de chantier d’un enrubannage avec un combiné. (©Entraid)

Coût d’un chantier d’enrubannage avec une presse et une enrubanneuse

Ici, le chantier décomposé s’appuie sur une presse achetée 50 577 €, amortie sur 4 ans. Et ayant pour charges annuelles 11 628 €. Chaque année, elle presse 3 160 bottes. Son débit de chantier est de 10 ha/h, soit 3,5 bottes/ha. L’enrubanneuse quant à elle a été achetée 23 143 €, chaque année, le groupe paye 4 384 € de charges et la machine enrubanne près de 1 858 bottes/an. Son débit est de 4,5 bottes/ha. Les deux tracteurs attelés vont à une vitesse de 10 ha/h et travaillent 700 h/an. Ils ont 150 chevaux et ont été achetés 138 247 €, avec un coût de 30,36 €/h. La main-d’œuvre et le carburant sont calculés de la même manière que l’autre chantier. Seul bémol, une consommation moindre à 10 l/ha.

Coût de chantier avec presse et enrubannage.

Coût de chantier avec presse et enrubannage. (©Entraid)

Combiné presse-enrubanneuse en cuma : le verdict ?

Le choix de ces chantiers ne doit pas être conditionné par le gain économique. On le voit, les différences sont faibles. On remarque toutefois un seuil où l’achat d’un combiné peut être rentable. Il se situe ici autour des 5 000 bottes/an. Ici, ce sont bien les postes de main-d’œuvre et le financement du matériel qu’il faut prendre en compte et qui peuvent jouer la différence.

Dans cet exemple, nous avons pris parti de ne pas modifier les coûts d’entretien prévus :

  • 0,81 €/botte pour le combiné ;
  • 0,14 €/botte pour l’enrubanneuse ;
  • 0,45 € pour la presse.

Et la facturation ?

Sans aucun doute, l’idéal est de facturer les enrubanneuses à la botte. « Si on choisit le temps, ce serait trop discutable », estime Éric Aubry. Le temps pour changer le film plastique, biaiserait les chiffres. Tout comme les trajets ou le travail dans les petites parcelles. Quant à la surface, « ce serait trop aléatoire, elle dépend souvent de la pousse de l’herbe et donc de la météo ainsi que le type de fourrages privilégiés. »

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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