Jamais deux sans trois. Comme si un ne suffisait pas, la cuma Flandres Littoral, située à Saint-Pierre-Brouck dans le Nord, a acheté deux autres fissurateurs cet automne. “C’est, pour le moment, le type d’outil de travail du sol qui correspond le mieux à nos sols, estime Christophe Decalf, président de la cuma. Ils fissurent le sol sans le déstructurer.”
Fissurateur adapté aux sols
Si ce type d’outil a le vent en poupe dans cette cuma, c’est parcequ’il répond aux exigences du terrain. “Grâce au fissurateur, à long terme, on arrive à mieux faire infiltrer l’eau dans le sol, explique le président, fervent utilisateur. En prévention, il nous permet de ne pas retrouver d’eau stagnante dans les parcelles.” Car il faut le rappeler, dans cette zone, l’écoulement de l’eau se fait uniquement par gravité ou par la main de l’homme. Faute d’outil plus adéquat, les déchaumeurs et le décompacteur de la cuma sont petit à petit délaissés. “Le décompacteur a pour inconvénient de refermer la structure du sol. Il ne convient donc pas aux contraintes de gestion d’eau, poursuit-il. Il soulève la terre.” Les fissurateurs ont, eux, l’avantage de casser les semelles du sol en travaillant entre 30 et 40 cm de profondeur.
Un puis trois
Les adhérents de la cuma ont vite vu les avantages de cet outil. En 2022, trois d’entre eux s’engagent dans l’achat d’un fissurateur Horsch Terrano 3 FX de 3 mètres de large. Montant de l’investissement : 19 500 €. Et depuis, d’autres agriculteurs qui ont aussi vu de l’intérêt, se sont lancés. Ce n’est donc pas un mais deux fissurateurs supplémentaires qui arriveront d’ici le printemps 2026. “En 2026, nous serons onze adhérents à l’utiliser, compte Christophe Decalf. Pour avoir un peu de disponibilité et pour l’utiliser dans de bonnes conditions météorologiques, nous avons opté pour l’achat de deux outils supplémentaires.”

La cuma Flandres Littoral a investi dans deux fissurateurs supplémentaires, de la marque Terrier, pour satisfaire les demandes d’adhérents intéressés. L’un deux sera équipé d’un système de semis de couverts à la volée. (©Entraid)
Mais cette fois-ci, le groupe a opté pour la marque d’un constructeur local, Terrier. Moins onéreux et répondant davantage aux exigences des agriculteurs. “Nous avons choisi un de 3 mètres et un repliable de 4 mètres, pour que chacun s’adapte au parcellaire plus ou moins grand des adhérents, explique le président. Celui de 3 mètres possède une dent en moins par rapport au Terrano. C’est mieux car il déstructure moins le sol. Les dents du fissurateur sont en effet moins rapprochées.” Les petits nouveaux seront équipés de hérissons, plutôt que d’une barre comme le fissurateur Horsch. “La barre peut créer un encombrement, tandis que les hérissons correspondent mieux à notre terroir, ajoute Christophe Decalf. D’autant plus qu’ils se règlent par cales.”
Semer les couverts
Montant de l’investissement, le fissurateur de 3 mètres a coûté 16 200 € tandis que l’autre, 24 750 €. “Sur le dernier, nous avons ajouté une tête de répartition et une trémie frontale pour semer à la volée nos couverts végétaux, précise Christophe Decalf. Cela permet de réduire un passage à ce moment-là et donc d’emblaver plus de surfaces.” Objectif des deux agriculteurs intéressés par cette option.
Ces trois fissurateurs vont apporter un confort de travail pour ces Flamands. Ils étaient cinq à l’utiliser en 2024 pour un peu plus de 450 ha travaillés. Mais le volume dépend des années. “Cette année, le printemps et l’automne étaient trop secs pour utiliser ce type d’outil, fait remarquer l’utilisateur. Les fissurateurs ont fait beaucoup de blocs, ce qui n’a pas facilité l’implantation des plantes.” Mais lorsque les années sont plus humides, l’outil convient parfaitement. Au printemps, notamment avant les plantations de pommes de terre ou les semis, le fissurateur permet d’infiltrer l’humidité du sol et de le faire sécher.
Pour cet agriculteur, l’utilisation d’un fissurateur convient à ses parcelles. “Pour le moment, on n’a pas trouvé d’outils qui travaillaient mieux dans nos terres, estime le président de la cuma. Et ce que font les fissurateurs, c’est déjà pas mal !’
Double stratégie de facturation
Pour la facturation de ce type d’outil qui ne travaille pas tous les ans les mêmes surfaces, l’idée est de financer avant tout l’achat tous les ans. “Nous facturons 50 % de la SAU des exploitations engagées et ajoutons les surfaces au compteur, indique Christophe Decalf. Le tarif est de 10 €/ha.” Pour l’utiliser, la cuma a choisi la simplicité, faute d’avoir un tracteur et un salarié en cuma. Chacun vient avec son tracteur, 150 chevaux suffisent, pour atteler l’outil. Quant à la réservation, avec trois fissurateurs, un simple message sur le groupe + suffit pour récupérer l’outil chez l’adhérent.
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