Dans le Nord, la cuma Galaxie trouve un coordinateur pour aligner les planètes

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Dans le Nord, la cuma Galaxie trouve un coordinateur pour aligner les planètes

La cuma Galaxie s'est dotée d'un directeur afin de cadrer et organiser les missions des neuf salariés de l'atelier. (©Entraid)

La cuma Galaxie, située à Maretz dans le Nord, emploie depuis un an un coordinateur de travaux pour optimiser les tâches de l’atelier de réparation et d’entretien. Un pas supplémentaire dans le management de cette équipe de neuf salariés.

Tout sourire derrière son établi, Max Duriez ne boude pas son plaisir d’être à la cuma. Il a repris du service, mais de l’autre côté des machines. Cet ancien agriculteur, membre et créateur de la cuma n’a pas voulu prendre sa retraite. Il a donc enfilé une combinaison et a décidé de prendre le poste de coordinateur proposé par Alexandre Bonneville, le président de la structure. Il y a de ça un an. Depuis, ses missions ne cessent d’évoluer vers celles d’un directeur. Le mi-temps d’origine se transforme petit à petit en trois quarts de temps, voire en temps plein.

Coordonner les activités de l’atelier

Mais ne l’appelez surtout pas chef, lui se voit plutôt comme un facilitateur. Oui, mais nécessaire. “Le matériel à réparer ou entretenir pouvait traîner dans la cour de la cuma des semaines durant, sans qu’il ne soit touché, illustre Alexandre Bonneville. Nous avions besoin d’une personne qui liste les tâches, qui les priorise, qui gère le magasin d’outils et de pièces.” Car depuis sa création, l’atelier n’a cessé de s’étoffer avec un salarié supplémentaire régulièrement. Neuf c’était la taille critique, il était temps de déléguer.

Car, même si le critère principal de recrutement à la cuma Galaxie d’un salarié reste son autonomie, la nature humaine l’amène parfois à la dérive. “La pause-café est plus longue, les tâches un peu moins intéressantes sont remises à plus tard, on ne comptabilise pas toujours correctement les travaux… Bref, c’est comme n’importe quel chantier dans les champs. Le chauffeur a beau être de bonne volonté, au bout de quelque temps de mauvaises habitudes s’installent”, estime-t-il. Un cadre et une remise en ordre régulière sont nécessaires.

Fini la roue libre

Pourtant, Alexandre Bonneville ne lésine pas sur le temps qu’il consacre aux salariés. “Je passe au moins deux jours par semaine à la cuma, comptabilise-t-il. C’est beaucoup mais ce n’est plus suffisant. D’autant que j’ai aussi mon exploitation à faire tourner.” Le manque de qualité dans les réparations ou l’entretien des machines, les délais ou les tâches réalisées à la hâte faute d’anticipation ont eu raison de cette organisation.

Si le travail est mieux coordonné, mieux comptabilisé et les commandes cohérentes grâce à l’arrivée de Max Duriez, le président a choisi de conserver la partie ressources humaines. Tâche difficile à confier pour une personne qui est constamment avec l’équipe. “Lorsque j’ai quelque chose de déplaisant à dire, je peux le dire et rentrer chez moi, reconnaît Alexandre Bonneville. Parfois, il faut prendre des décisions pas faciles pour les salariés, mais c’est nécessaire.” D’autant que c’est lui qui les a embauchés et qui connaît leurs sensibilités. “Je connais leurs leviers pour qu’ils s’améliorent, je sais aussi comment les manager pour qu’ils soient plus rigoureux dans leur travail. Mon rôle est de leur donner toutes les conditions pour qu’ils travaillent bien”

Chiffrer l’embauche

L’embauche d’un coordinateur n’a pas fait l’unanimité au sein des 180 adhérents mais les chiffres posés sur la table les ont fait réagir. “J’ai présenté une facture de 12 000 € de frais de prestation de services en 2024, explique Alexandre Bonneville. C’est deux fois le budget d’indemnisation du président. Et le travail n’était ni fait en temps et en heure, ni de qualité. Avec l’embauche d’une personne cadre, nous avons fait la promesse d’optimiser l’atelier de la cuma mais aussi d’améliorer les services. L’argumentaire a fait pencher la balance. Je me suis aussi appuyé sur les témoignages d’adhérents qui ont déjà un salarié. Seuls eux comprennent plus facilement. »

Pour un service de réparation ou d’entretien, l’adhérent paye 40 €/h. “Il doit bien comprendre que pour un tel service à ce niveau de prix, l’optimisation est primordiale, ajoute Alexandre Bonneville. Les salariés leur proposent un travail qualitatif et qu’ils ne pourraient pas faire eux-mêmes. Ça se paye et pour cela, les adhérents sont d’accord.” Toutefois, le président le souligne : “Nous sommes une cuma. Chaque adhérent est responsable de son chantier. C’est la même chose dans l’atelier. Il doit suivre les tâches qu’il confie.”

La gestion du magasin remise en ordre

Gérer un magasin de pièces détachées, c’est un métier. C’est celui qu’a exercé Alex Duriez pendant cinq ans avant d’être embauché à la cuma Galaxie. “On voyait les factures augmenter, se souvient Alexandre Bonneville, le président. Forcément, avec huit intervenants dans ce magasin, les commandes étaient prises à la dernière minute ou lorsqu’un commercial venait.” Les périodes d’achat n’étaient pas toujours celles les plus propices. Et la gestion des stocks est difficile. Avec l’arrivée de Max Duriez, chaque pièce est référencée et les tâches anticipées, ce qui permet de commander les pièces nécessaires à l’avance.

Ce qui a changé

La prestation s’est professionnalisée et l’atelier, un investissement de 1,4 million d’euros, poursuit sa montée en compétences. “On n’a pas d’autre choix que d’investir et faire perdurer cet outil, estime le président. D’où une optimisation du travail nécessaire.” Et pour cela, il n’y a pas de doute, l’arrivée de Max Duriez en fait partie.

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