Il y a des destins qui se construisent en dehors des sentiers balisés. Celui d’Anthony Gavend en est l’illustration parfaite. Bon élève, mais profondément ennuyé, ce passionné de physique et de mécanique quitte l’école très tôt. Les bancs de la classe ne peuvent tout simplement pas suivre le rythme de son esprit. Adolescent, il est déjà du genre à interpeller sa professeure de physique avec des équations griffonnées la veille au soir. « J’étais le genre d’élève qui allait voir sa prof de physique et qui lui disait “pourquoi on ne peut pas faire un moteur à eau” », se souvient-il avec le sourire. L’école lui semble trop lente, trop rigide. Lui veut construire, expérimenter, inventer.
Le portrait d’Anthony Gavend en vidéo
Des fondations bâties à la force du poignet
Partir sans diplôme, c’est partir sans sécurité. Anthony Gavend le sait, et il choisit tout de même de sauter.
Pour financer ses ambitions, il commence par travailler dans le bâtiment, avant de monter sa propre entreprise. « J’ai bossé d’abord dans le bâtiment pour pouvoir financer tout ça. Et après, j’ai monté ma boîte, fait vivre cette petite boîte qui après grandit, grandit. Et aujourd’hui, on en est là. »
Pas de raccourci, pas de coup de pouce, juste de la sueur et une volonté farouche de bâtir quelque chose qui lui ressemble.
Une passion profonde pour le monde agricole
Depuis plusieurs années, Anthony Gavend a tourné son regard vers l’agriculture « Le modèle agricole et le modèle paysan français, c’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur », déclare-t-il.
Ce qui le motive avant tout, c’est le constat alarmant d’une perte drastique de main-d’œuvre dans le secteur. « Aujourd’hui, on a une perte de main-d’œuvre qui est drastique dans le milieu agricole. La robotique peut venir combler cela », explique-t-il. Face à ce vide, il ne voit pas une opportunité d’industrialiser, mais bien de soutenir et en particulier les élevages en plein air et les pratiques respectueuses du bien-être animal.
La robotique au service des éleveurs pour Anthony Gavend
Sa réponse à ce défi prend la forme de robots conçus pour épauler les agriculteurs sans jamais les remplacer. L’une de ses inventions phares en témoigne : un robot autonome, l’E-Doggy, capable de rentrer jusqu’à 30 000 poules le soir dans leurs cabanes, puis de commander automatiquement la fermeture des trappes.
« Si on peut venir renforcer des équipes actuelles avec des robots pour pallier le manque de main-d’œuvre, c’est quelque chose qui me plaît beaucoup. Le but, ce sont les élevages liberté totale. Le soir, il rabat les poules dans les cabanes et commande la fermeture des trappes », décrit-il simplement. Ce qui mobilisait parfois une heure de travail pour un éleveur se réduit désormais à quelques minutes à peine.
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