Le soleil brille sur les coteaux de Saint-Gengoux-de-Scissée, en Saône-et-Loire. Les vignes ont trois semaines de végétation d’avance. Il faut s’affairer car les vignerons n’étaient pas prêts à ce que la vigne redémarre si vite. Les travaux s’accumulent. Pourtant, les adhérents de la cuma la Scisséenne ne louperaient pour rien au monde une occasion de se retrouver, ni un moment de convivialité. C’est comme ça chez eux. « Il y a toujours eu une certaine convivialité dans notre village, au sein de la coopérative viticole ou de la cuma, explique Aurélien Gault. Nous avons été bercés là-dedans, c’est normal et on continue ainsi. » Découverte d’une cuma viticole en Saône-et-Loire.
Faire attention à l’environnement
Le cadre de vie et le bien vivre ensemble sont primordiaux pour ce groupe d’agriculteurs. Pour cela, il y a 20 ans, les membres du groupe, qui a un peu changé depuis, ont investi dans une aire de lavage de machine à vendanger. “Tous les jours pendant les vendanges, nous nous retrouvons à la station pour nettoyer nos machines, explique David Rousset, le président de la cuma. Il y a six postes. L’eau sale y est collectée dans une cuve. En fin de saison, nous la retraitons en la pompant et l’envoyant à la cuma voisine.” Celle-ci possède un système de traitement des eaux compétitif. En intercuma, le tarif avoisine les 11 €/m3 et est refacturé aux 15 adhérents utilisateurs.
La station permet également de remplir et nettoyer les pulvérisateurs. L’eau usée y est stockée dans une autre cuve, indépendante de l’autre. Elle est vidangée tous les ans par une société spécialisée. “Quatre des six postes sont équipés de Mixbox, des systèmes d’incorporation des produits phyto, poursuit le président. Cela nous permet de préparer la bouillie sans toucher les produits ou risquer d’obstruer les tuyaux.”
Ici, le système est facturé au m3 d’eau utilisé relevé par les compteurs et renseigné dans un Google sheet. “C’est un ancien adhérent qui avait mis ce système-là en place, se souvient Jean-Yves Point. Il était compétent. Nous ne faisons que compléter les tableaux en prenant soin de ne pas supprimer de formules”, ironise-t-il. L’adhérent avait même créé une plateforme, sur Google également, pour réserver et relever les volumes de chaque matériel.
Haut lieu de convivialité
La station, lieu de rencontre pendant les vendanges, avoisine le bâtiment de la cuma. Là est stocké la plupart du matériel mais aussi l’atelier d’appoint et le frigo avec les bouteilles de vin des adhérents. “C’est notre point de rencontre pendant les vendanges, rappelle Florian Bonin. On lave notre matériel, on parle de notre journée puisque nous travaillons chacun de notre côté. On donne aussi quelques astuces, échangeons sur la maturité des grains selon les secteurs. C’est comme un défouloir. » Tout cela avec convivialité.
Pour garantir ce plaisir de se retrouver, la cuma a pour ambition de couvrir l’aire de lavage avec des panneaux photovoltaïques. Un projet qui a été abandonné par deux fois. Les causes ? Des impasses techniques. « Cette fois-ci, on mise sur les nouvelles technologies de panneaux pour mener à bien notre projet », espère Jean-Yves Point. Un confort dont rêvent les adhérents.
Mais qui n’est pas une condition pour assurer son dynamisme. « On se voit très régulièrement et pas seulement à la cuma, souligne Aurélien Gault. Nous sommes tous adhérents de la coopérative viticole du village. C’est un lieu de rencontre supplémentaire. » Mais il y a aussi les « corvées », comme ils aiment les nommer, avec les travaux d’entretien de matériel. Ou lors de la journée dédiée à la facturation. « Ce jour-là, chacun vient avec son chéquier, illustre le président. On fait le tour du matériel, on étudie les potentiels renouvellements, les frais d’entretien et les volumes travaillés. En fonction de cela, on adapte les prix facturés de chaque outil. » La facture est payée tout de suite pour éviter tout problème de paiement qui pourrait mettre des tensions dans le groupe.
Pourquoi cette histoire ?
Ancrée dans son territoire, la cuma la Scisséenne s’applique à ce que son cadre de vie et celui de ses riverains soit le plus agréable possible. Pour cela, les adhérents mettent un point d’honneur à veiller à la qualité de l’eau et utilisent les produits phyto avec attention. Car pour eux, le bien-être de tous engendre le bien-être de chacun. Bel esprit !
Traiter au bon moment
D’un point de vue technique, les adhérents de la cuma cherchent à être irréprochables. À l’image des traitements de la vigne. Cela passe par la communication et la précision. « Nous alertons les riverains avant chaque passage de traitement, explique David Rousset. Cela nous permet d’être irréprochables et contribue au bon vivre ensemble qui règne dans la commune. »
Par ailleurs, la cuma a investi dans un réseau de quatre stations météo. Celles-ci sont couplées à un outil d’aide à la décision. « Avec le movida, on sait lorsqu’il faut aller traiter contre le mildiou et l’oïdium, précise Florian Bonin. On paie environ 300 €/an pour l’abonnement de météo et autant pour l’OAD. » Mais ces frais sont mutualisés.
Pour cette initiative, la cuma a reçu le prix du numérique qui récompense les talents de Saône-et-Loire. « On avait envie d’y participer, se souvient le viticulteur. C’était l’occasion de montrer que nous travaillons correctement. C’est fini le temps où on mettait plein de produits. Maintenant, on raisonne nos apports d’intrants, on fait attention. » Avec ce prix, la cuma a eu le droit à son lot de notoriété en figurant dans le journal local. « On montre via cette récompense qu’on ne veut abîmer ni la nature, ni la vie de nos voisins, c’est un signal positif », estime le président.
Cuma viticole de Saône-et-Loire : une transmission naturelle
Une vision et une manière de travailler que partage l’ensemble des adhérents. « À Saint-Gengoux, il fait bon vivre, assure David Rousset. À nous d’entretenir cette ambiance. Il y règne un esprit coopératif transmis depuis des générations. » Et qui continue de perdurer avec le renouvellement des générations. Il est pourtant difficile de connaître la recette qui semble fonctionner. « Il y a tous les âges dans notre cuma, illustre Florian Bonin. Nous n’avons jamais eu de départs collectifs, ce qui nous lie les uns les autres. Mais c’est aussi une éducation, une manière de voir les choses que nous ont transmise nos parents. »
Au sein de la cuma, on transmet aussi la convivialité. « On ne loupe pas une occasion pour se retrouver, indique le président. Et à chaque réunion, on se gratifie avec un moment de convivialité. » À l’image de la fête qui se prépare. Les 100 ans de leur coopérative. Pour le 2 mai 2026, il faudra être prêt. Alors les vignerons s’affairent pour fabriquer des fleurs en papier, des chars ou encore faire le grand ménage avant de recevoir tous les villageois.
La cuma viticole de Saône-et-Loire en chiffres
Une vingtaine d’adhérents répartis sur la commune de Saint Gengoux-de-Scissé.
Ensemble ils se partagent du matériel de vigne : tondeuses, enfonce-pieux, pailleuses, épandeur à terre et fumier, broyeur, herse, prétailleuse et tractopelle, entre autres.
Il y a 20 ans, la cuma a investi dans une aire de remplissage et lavage de machines à vendanger et de pulvé, ainsi que des incorporateurs de produits phyto.
À côté, un bâtiment héberge une majorité du matériel de la cuma.Le groupe bénéficie également de données issues de quatre stations météo ainsi que les conseils d’un OAD qui estime la pression du mildiou et de l’oïdium.
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