Coup de chaud pour les céréales

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Coup de chaud pour les céréales

Avec un une accélération du développement des céréales, les grains risquent d'être plus petits, plus légers mais avec davantage de teneur en protéines. (©Entraid)

Les températures élevées de la fin mai laissent à penser qu'il y aura des dégâts dans certaines parcelles de céréales. Le point.

Quand on parle de météo, l’usage est de couper la France en deux. La partie nord de la Loire et la zone située au sud. Mais pour parler de l’épisode caniculaire de la fin mai, la généralisation est de mise : il a fait chaud, très chaud, partout et longtemps et de manière précoce. Bref, les records ont été battus. On fait le point sur l’impact de la canicule sur le blé.

Comment le blé résiste aux températures chaudes ?

Ce coup de chaud, caractérisé par un dôme de chaleur bloqué pendant près de dix jours sur la France n’a épargné personne. « Il a surpris par sa précocité, son intensité et sa durée, indique Charles Deswartes, ingénieur chez Arvalis. Ce phénomène était assez brutal et n’a laissé que de peu de temps aux plantes de s’adapter. » D’autant que les températures nocturnes sont restées élevées ce qui autant préjudiciable que de fortes chaleurs la journée.

Partout en France en quelques jours, les températures ont bondi de 10 degrés au moins dépassant la barre des 30 degrés. En plus des journées chaudes, les températures nocturnes sont restées élevées. « On a relevé en moyenne 6,4 degrés supplémentaires à la normale, voire 8 en fin d’épisode, relate l’ingénieur. En revanche, c’est le sud-ouest de la France qui a été le plus touché alors que l’extrême sud-est a été relativement épargné. »

Impact de la canicule sur le blé : le développement accéléré

Des conditions préjudiciables pour les cultures forcément. S’il est difficile à ce jour d’estimer les dégâts, on sait tout de même que la précocité des céréales leur a sauvé la mise. « Le stade de remplissage des grains était atteint dans le sud de la Loire, tandis qu’au nord, c’était la floraison », indique Charles Deswartes. Des stades moins sensibles que ceux précédents donc.

Dans le nord de la France, les températures supérieures à 35 degrés auraient pu provoquer des avortements mais, pour le moment, ce phénomène n’a pas été relaté. « On a toutefois remarqué une accélération du développement de la plante et des grains dans les fleurs« , annonce Arvalis dans une note. Mais à quel prix ?

Des grains bien remplis ?

La photosynthèse a pu être perturbée et engendre une diminution de la croissance de biomasse. La demande évaporative a été très élevée. Les parcelles où l’enracinement est superficiel et où la recharge en eau est limitée devraient souffrir. En revanche, « si l’alimentation hydrique était suffisante, la transpiration des plantes a pu être maintenue. Cependant, avec une variété plus adaptée ou l’irrigation, la température foliaire a pu diminuer de 2 à 4 degrés. »

Dans le sud, la canicule s’est manifestée alors que les grains étaient déjà formés. « Sans irrigation pour limiter le stress des plantes, le risque d’échaudage était maximum, relate la note d’Arvalis. Impactant ainsi le remplissage des grains. » Dans ce cas, les enveloppes des grains risquent d’être plus épaisses et la taille des grains plus restreints.

Le maïs, plante tropicale

Avec une accélération du développement des céréales, « les grains risquent d’être plus petits, plus légers mais avec davantage de teneur en protéines, envisage Arvalis. En revanche, la qualité de l’amidon et du gluten risque d’être altérée. » Bien sûr, selon la génétique ou les possibilités d’irriguer, les conséquences pourront être atténuées.

Concernant les cultures de printemps comme l’orge, le nombre de grains et le PMG risquent d’être affectés. Cependant, pour le maïs, la plante a la capacité de bien résister à la chaleur. « D’autant que la canicule est intervenue en pleine phase végétative », assure Arvalis. Bien sûr, ses besoins hydriques étaient plus élevés mais ils étaient ponctuels et, le froid et l’humidité de début mai ont permis à la plante de faire des réserves. Le chaud a accéléré le développement du maïs, une bonne chose pour rattraper les conséquences d’une météo fraiche de début de cycle.

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