Météo : 2026, l’année des extrêmes ?

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Météo : 2026, l’année des extrêmes ?

La météo 2026 pluvieuse, sèche et douce impacte le stade de développement des cultures, en avance de 10 jours. (© Entraid)

L'année 2026 s'est ouverte sur une succession d'intempéries fortes, avant de laisser place à une période très sèche. Face à ces conditions climatiques extrêmes, les agriculteurs doivent adapter leurs techniques. Le point.

C’est trop sec ! Ah non, c’est trop humide ! La météo ne contente pas toujours les agriculteurs. Encore plus cette année. Après les pluies de ce début d’année, les agriculteurs d’une bonne partie de l’Hexagone ont fait fasse à une période de sécheresse. Que ce soit en matière de fertilisation, d’apports d’intrants ou d’irrigation, les agriculteurs ont dû revoir leurs pratiques et en les adaptant sans cesse. Toutes les infos sur la conduite des cultures et la météo en 2026.

Conduite des cultures et météo 2026 : une avance de stade de dix jours

Le dernier apport d’azote, les désherbages et l’irrigation sont les trois grosses priorités du moment. D’autant qu’Arvalis estime une avance de développement des céréales à une dizaine de jours. Quant aux cultures de printemps, les semis sont quasiment tous achevés. À l’image du maïs. Dans le sud-ouest, les chantiers s’achèvent dans des conditions sèches. Ca ne semble pas préjudiciable pour la germination de la levée de la plante, car cette dernière devient sensible au sec à partir du stade 12 feuilles. Mais les récentes ondées ont favorisé la levée même si elle risque d’être très hétérogène. Selon les types de sols et les quantités d’eau tombées.

Pour ces cultures là, le désherbage chimique racinaire reste peu efficaces. « Jusqu’au stade 3 feuilles, on estime que les programmes post-levée sont encore efficaces, précise Arvalis dans une note. Au delà, il faudra favoriser le désherbage mécanique avec herse étrille, roto étrille ou encore houe rotative. » Par ailleurs, les pluies ont permis de réduire la pression des insectes comme les altises et ainsi réduire la pression des maladies pour le moment.

Assurer une dose d’engrais minimum

Pour la fertilisation, chaque apport était stratégique. Le temps sec n’a pas aidé à valoriser l’azote apporté, il fallait donc trouver les bons créneaux. Tout comme le dernier apport qui reste débattu. Car même si les ondées de ces derniers jours permettent d’envisager un apport, le sec guette les parcelles tout de même et a déjà pénalisé le potentiel de certaines parcelles.

Arvalis conseille, « si la dose totale déjà apportée est inférieur à 80 % de celle préconisée, il faudra apporter au minimum 30 kg/ha. »  Si la dose doit être supérieure, l’institut préconise de fractionner et d’apporter le restant lorsque la météo sera davantage humide.

Risques et bénéfices de la conduite des cultures en période de sécheresse en 2026

Toutefois, « cette stratégie dépend des débouchés et reste risquée. Sur ce dernier apport l’agriculteur joue davantage sur le taux de protéines plutôt que sur le rendement. » Pour appel, les apports au-delà de la floraison ne seront jamais utilisés par la plante. Quant à la forme de l’engrais, il vaut mieux privilégier celle assimilable rapidement et peu volatiles comme l’ammonitrate ou l’urée.

Pourtant l’eau cet hiver, il n’en manquait pas. Si le printemps sec et avec une remontée des températures rapides, a permis aux plantes de reprendre du poil de la bête, dans certaines parcelles on déplore tout de même des dégâts. Surtout pour les blés semés tardivement.  Avec des stades de développement plus fragiles ou dans des parcelles tassées où l’infiltration de l’eau était plus lente. « Il faut revoir les doses d’engrais à apporter dans ces parcelles », évoque Arvalis dans une note. En revanche, dans les parcelles qui n’ont pas été submergées, les cultures sont à chouchouter.

Irrigation envisagée

Mais puisque la météo 2026 n’est pas à une bizarrerie près, certains ont déjà débuté l’irrigation. Surtout dans les parcelles avec des sols superficiels. « Le 20 avril 2026, les apports en eau avaient commencé dans une large zone de la France, annonce Arvalis dans diverses notes. Pour les semis entre octobre et novembre, les fortes évapotranspirations ont mis à mal le potentiel de rendement. »

Pour les sols plus profonds, la situation était moins alarmante. « L’irrigation est possible dans les deux cas, assure Arvalis. Les stades d’épiaison et de floraison sont les plus préjudiciables, une perte de 20 % de PMG peut être envisagée si la plante souffre de sècheresse. » Cependant, les calculs de rentabilité d’irrigation doivent être faits. Car elle diffère selon le prix des céréales.

matrice irrigation

Arvalis propose une aide à la décision en calculant le gain de irrigation selon le coût et le prix de vente des céréales.

Encore une fois, les agriculteurs devront composer avec la météo. Mais cette année, une nouvelle composante vient complexifier les choix, c’est l’économique. Avec des produits peu chers sur les marchés et des intrants en forte progression, chaque intervention doit être calculée.

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