David : « Les 90 ha de lin de la cuma sont semés en mode éco »

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David : « Les 90 ha de lin de la cuma sont semés en mode éco »

À la cuma du bois Gonse, on réalise les semis de lin 2026 avec tous les outils de la cuma et grâce à de l'entraide entre les adhérents.

À la cuma du bois Gonse les adhérents sèment leurs lins grâce à la gamme complète de matériels de la cuma mais aussi à l'entraide entre les adhérents. Reportage.

Nichés dans un vallon entre des parcelles de colza en fleur et des linéaires de haies, David Bajeux et son semoir surplombent le village de Mingoval dans le Pas-de-Calais. En ce matin déjà très ensoleillé et chaud pour la saison, il sème une parcelle de 3,80 ha. L’une des dernières des chantiers de semis de lin 2026 réalisés avec les outils de la cuma et en entraide. « Nous avons semé la plupart du lin de la cuma dans le froid et l’humidité, la semaine dernière, relève t-il. Mais depuis quelques jours, le soleil est de retour et les conditions de travail sont extra. » La preuve dans ce champ plutôt argileux où la terre ne colle quasiment plus.

Reportage vidéo sur le semis de lin 2026 en cuma

Semis de lin 2026 en cuma et avec de l’entraide

David Bajeux est le chef de culture d’un adhérent de la cuma du Bois Gonse. Dans ce groupe de quatre agriculteur engagés dans cette activité, l’entraide est de mise. C’est ainsi que le chauffeur sème également les lins d’autres adhérents. « On essaye d’inciter tout le monde à conduire le semoir, explique David Bajeux. C’est ce qui est prévu dans le règlement. Sinon, on déresponsabilise les membres de la cuma. Mais on ne s’interdit pas de donner un coup de main lorsque c’est nécessaire. »

Toutefois, avant de se lancer, il faut reprendre les outils en main et les régler. À commencer par le semoir. Il débute sa deuxième campagne. Le groupe a troqué un Lemken Saphir de 3 mètres par un Solitair MR de 3,5 mètres pour conserver le gabarit routier mais en augmentant le débit de chantier.

Achats simultanés

« Nous voulions profiter des nouveautés apportées à leurs semoirs, explique David Bajeux, qui ne tarit pas d’éloges à ce sujet. L’ancien était mécanique. Celui-ci est est électrique avec des coupures de tronçons automatiques grâce au GPS du tracteur. Il a deux doseurs et une soufflerie pneumatique. » Il est équipé d’une rotative à l’avant pour travailler et affiner plus précisément le sol. Cet ensemble est sème la totalité des parcelles de lin.

En même temps et pour profiter de tarifs de groupe, la cuma a choisi de renouveler également son semoir rapide Horsch Punto par un semoir équipé de disques à l’avant. Cet ensemble est destiné aux semis de couverts végétaux, de céréales essentiellement. « Nous avions pensé à acheter un seul semoir de 4 mètres, mais les adhérents de la cuma préfèrent avoir plus de disponibilité et de flexibilité », fait remarquer le chauffeur. Un choix qui se paye. Montant de la transaction: 110 000 euros pour emblaver environ 700ha chaque année. « Pour le semis de lin, il faut compter 20€/ha », estime David Bajeux.

Semis de lin 2026 en cuma : homogénéiser le lit de semences

À l’avant de ce semoir, c’est aussi le tracteur de la cuma qui est attelé. Un Fendt 720 de 200 chevaux. Polyvalent, léger pour limiter les tassements du sol, le tracteur est idéal pour ce chantier. Chaque année, il  travaille, à lui seul, 1 200 heures. Comme les deux autres tracteurs de la cuma, identiques. Plus facile pour la prise en main. Les trois sont renouvelés tous les quatre ans, lorsque la garantie et le forfait d’entretien prennent fin. « Ils font suffisamment d’heures, fait remarquer le chauffeur. Nous les avons changé l’année dernières au prix de 205 000 euros chacun. » Bien saturés, les tracteurs coûtent 25 €/h.

Si l’un est attelé au semoir, le second prépare les sols, en amont. Pour ce chantier, il est équipé d’un outil de préparation des sols avant et arrière qui suit un labour. Tout cela réalisé avec les outils de la cuma bien sûr. « C’est un genre de vibroculteur à dents amélioré, essaye de décrire David Bajeux. Il a un rouleau et des contres lames qui permettent de travailler les 10 premiers centimètres. Cela homogénéise le lit de semence. »

90 ha de lin à semer

Car pour semer cette très petite graine à moins d’1,5 cm de profondeur, il faut être précis. Mais disposer également d’un bon semoir. « Avec ce semoir, les réglages sont rapides, considère le chauffeur. Il y a un double disque équipé de lames en caoutchouc et en carbure pour les nettoyer. La roue plombeuse va venir appuyer le semis et limiter le développement des altises à cet endroit. On pourrait utiliser la herse de recouvrement mais je préfère la laisser de côté pour permettre au semoir de faire de légères buttes pour capter l’eau. Enfin, le ressort sur l’élément semeur permet de conserver une pression constante sur les disques et assurent la profondeur du semis. »

À la fin de cette première semaine d’avril 2026, les 90 ha de lin de la cuma seront semés. Ce sont des surfaces qui progressent chaque année petit à petit. Au fur et à mesure que la culture continue d’être lucrative. Le gros chantier sera la récolte. La cuma est équipée de tout le matériel nécessaire et elle regroupe 37 agriculteurs soit plus de 250 ha à récolter. À ce moment là, six adhérents s’affairent dans les champs pour ramasser les bottes en temps et en heure. En entraide, toujours. Mais ça, ce sera dans trois mois. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, l’agriculteur devra, si nécessaire désherber sa parcelle lorsque le chantier sera terminé.

Conduite économique oblige

En rythme de croisière, le semoir dans la parcelle sème 2ha/h en moyenne. Avec le mode de conduite économique, la consommation du tracteur avoisine les  10L/ha.

« J’ai réglé la rotative à 1 000 tours par minute et le moteur est à 1 500, cela permet d’être efficace sans consommer de trop », ajoute le chauffeur. Une nécessité dans un contexte de flambée des prix du GNR.

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