Transformation de la donnée brute en décision éclairée. Avec une convention qu’elle organisait le 26 mai 2026 à Rennes, Lely présente à son réseau sa vision de l’utilisation de la donnée et de l’intelligence artificielle « au service de la performance des élevages laitiers. » En la matière, la marque propose une ligne directrice à ses services : « Transformer les données collectées chaque jour en informations simples, utiles et directement actionnables. » On fait le point sur l’IA en élevage laitier.
IA en élevage laitier : analyse de la situation
Derrière l’argument, la notion de la quantité montre son importance. « Plus on a de données de qualité, plus c’est puissant », conforte par exemple Jonatan Müller, représentant d’Agxeed invité à une table ronde de la convention. « La prochaine accélération du machinisme agricole passera ainsi par de la mise en commun. » Le fabricant de tracteurs sans chauffeur souligne en même temps un des grands intérêts qu’il attend de la valorisation des données : la précision des actions. Il assure : « Le robot actuel en grandes cultures n’est qu’une première étape de tout ce qu’il sera possible de faire avec les données. »
« La donnée en agriculture doit aider à piloter efficacement les exploitations », est aussi convaincu Christophe Duval, chef de produit chez Isagri. En s’appuyant sur la description d’un service de prédiction de date d’ensilage de maïs par intelligence artificielle (Spotifarm), il indique : « Le grand changement, c’est qu’on arrive à un conseil ultra local. »
La donnée se connecte, la sauvegarde s’isole
Chez Lely et son logiciel de suivi de troupeau Horizon, cette notion de précision raisonne notamment avec le suivi individualisé de chaque tête. Alors que l’équipementier revendique 52 000 robots Astronaut connectés et 4,6 millions de vaches monitorées, « cela nous permet de développer des outils d’analyse et d’accompagnement toujours plus précis. » Illustration avec l’outil d’aide à la surveillance, encore expérimental, basé sur l’analyse comportementale des animaux.
Pour l’éleveur, « qui ne peut pas rester toute une journée à observer précisément un seul animal, le digitial devient un moyen de traduire ce que les animaux expriment », commente Elia Dufeil, consultante en élevage Lely. En quelques sortes, « l’IA en valorisant les données donne la parole à votre animal. »
C’est la négligence qui ouvre la porte à la cyberattaque
En même temps que la donnée se met de cette manière au cœur d’usages précieux, elle amplifie l’enjeu de la sécurité. La convention y a donc consacré un temps important. « La France compte 17 625 attaques ayant impacté le fonctionnement d’outils numériques sur 2025. Les petites entreprises représentent 48 % des victimes », souligne ainsi Nathan Cameli, ingénieur support technique chez Lely.

Le projet Zeta est en phase pilote aux Pays-Bas. Il ambitionne d’assister à la surveillance des animaux à partir de l’analyse comportementale par intelligence artificielle (©Lely).
« La cybercriminalité s’est industrialisée », complète Yves Duchesnes, CEO du centre d’expertises en cybersécurité Acceis. Si la sophistication des attaques peut aller très loin l’expert décrit surtout la « menace protéiforme » que constitue cette filière. Il indique : « Les petites entreprises, dont les exploitations agricoles, s’exposent surtout aux actions opportunistes. » Or, ceci constituerait une bonne nouvelle. Yves Duchesnes précise en effet : « Le meilleur moyen de se prémunir de ce type d’attaques, c’est d’avoir une bonne hygiène numérique. »
Séparer le matériel informatique professionnel du matériel personnel et familial
Concrètement, l’expert balaye le post-it de mots de passe. « Le bon code d’accès est celui que vous ne pouvez pas retenir. La seule façon correcte de les gérer est d’utiliser un logiciel spécialisé. »
Yves Duchesnes insiste aussi sur la sacralisation du matériel informatique professionnel. L’ordinateur qui pilote le troupeau et ses robots, déclare les naissances, etc. ne doit pas servir aux usages privés. « Le meilleur moyen d’avoir des problèmes est de laisser vos enfants utiliser l’ordinateur », résume le consultant.
Enfin, il appelle à l’entretien des machines informatiques. Si nécessaire par un professionnel. « Il existe des services d’infogérance de proximité pour maintenir à niveau vos outils. »
IA en élevage laitier : des ressources de la cyber sécurité
Après un point sur la gestion des sauvegardes, Jean-François Picol (responsable sécurité des systèmes d’information au Crédit agricole) indique un dernier conseil : « De nombreuses ressources sont disponibles sur internet. Notamment sur le site du gouvernement dédié à la cybermalveillance. Ou encore l’outil Monaidecyber.gouv.fr qui permet aux entreprises de réaliser gratuitement un premier diagnostic. »
Les principaux conseils de la bonne hygiène numérique :
- Séparer le matériel informatique d’usage privé, du matériel professionnel ;
- Entretenir régulièrement le matériel ;
- Réaliser une sauvegarde fonctionnelle sur un support isolé et conservé dans un autre bâtiment que l’ordinateur
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