« Nous avons éteint le feu grâce à une très bonne coordination entre pompiers et agriculteurs« , se félicite le lieutenant Aurélien Berardengo, chef de centre à la caserne de Ménigoute, et référent agricole au service sépartemental d’incendie et de secours des Deux-Sèvres (Sdis 79). Il fallait bien ça pour venir à bout des flammes qui avaient déjà ravagé 160 hectares et menaçaient des habitations. Ceci à un jet de pierre de Parthenay, sous-préfecture du département. « Un incendie en terrain escarpé, entre bois et petites parcelles agricoles », décrit le pompier, par ailleurs agriculteur.
Très bonne coordination entre pompiers et agriculteurs
« Lors de cet évènement, nous avons constaté une avancée énorme en matière d’entraide entre les agriculteurs et le Sdis 79, appuie-t-il. Les agriculteurs sont désormais bien intégrés dans les chaînes de commandement. À leur arrivée, ils nous proposent leurs services, et nous les prenons en compte dans la stratégie déployée pour lutter contre l’incendie. »
Des agriculteurs ont parcouru parfois plus de 20 km pour prêter main-forte aux soldats du feu et au bombardier d’eau. La plupart d’entre eux avec une tonne à lisier pleine d’eau ou un déchaumeur. Comme Fabien Jeudi, avec le matériel de la cuma des Quatre Vents, à Thénezay. « Mes collègues et moi sommes sensibilisés au risque incendie depuis trois ans », témoigne-t-il.
Tracteurs et outils toujours prêts à partir
« À partir de la mi-juin, nous répartissons des tracteurs attelés à des déchaumeurs et à des tonnes remplies d’eau sur le territoire de la cuma », explique Fabien. C’est par le groupe WhatsApp regroupant les agriculteurs et la caserne de pompiers de son secteur qu’il a appris qu’une aide était nécessaire au sud de Parthenay.

Cuma et agriculteurs deux-sévriens ont acquis des habitudes pour réagir rapidement contre les incendies. (©Notre parti c’est Parthenay)
« Il y avait une dizaine de tracteurs avec tonnes et déchaumeurs, raconte Fabien. Les pompiers nous indiquaient quoi faire. » Pour le feu de Parthenay, les pompiers s’occupaient des sous-bois et de leurs abords. Quant aux agriculteurs, ils étaient affectés aux champs et au ravitaillement d’eau. Des consignes qui peuvent varier d’un incendie à un autre, selon les conditions.
32 agriculteurs référents auprès du Sdis 79
« On nous demande souvent de former des barrières coupe-feu, explique Fabien Jeudi. Alors avec ma tonne, j’arrose sur 10 m de large, en roulant à 5 m du feu. » Une opération qui commence à être malheureusement habituelle pour cet adhérent de cuma. Quelques jours plus tôt, avec une dizaine de collègues, il était intervenu pour contenir un incendie à Gourgé, à quelques kilomètres de Parthenay.
Le lieutenant Berardengo rappelle que cette coordination vient de partenariats de plus en plus resserrés entre le Sdis 79 et la profession agricole. « Nous avons aujourd’hui 32 agriculteurs référents dans les Deux-Sèvres, compte-t-il. Nous travaillons particulièrement avec les cuma et leur fédération, qui ont une force de frappe humaine et matérielle importante. » Et pas seulement pour éviter ou lutter contre des feux d’origine agricole.
Les cuma du Poitou et leur fédération en première ligne
La fédération des cuma du Poitou propose des outils réglementaires, comme des modèles d’avenants, pour éviter les risques d’incendie d’origine agricole. Par exemple, la cuma de l’Argencie en a adopté depuis deux campagnes. Cela aide les cuma à clarifier les responsabilités financières et instaurer une culture du risque partagé. La fpcuma du Poitou organise aussi des interventions du Sdis lors des assemblées générales ou des réunions techniques.
Echanges entre Sdis 79 et Cuma toute l’année
Lors de ces réunions, les pompiers présentent la culture du risque autour des feux d’espaces naturels et agricoles (FEN). Concrètement, ils expliquent les procédures d’intervention, les équipements à mettre en œuvre. Puis ils recensent les matériels utiles et identifient les agriculteurs à contacter. C’est aussi l’occasion de diffuser les bonnes pratiques, comme celles adoptées par Fabien. Avoir les tracteurs prêts à partir fait gagner 5 à 10 minutes. « Un temps précieux » pour Aurélien Berardengo.

Les pompiers ont réparti leurs moyens et ceux des agriculteurs pour lutter efficacement et rapidement contre le feu. (©Notre parti c’est Parthenay)
Solidarité et raccords pompiers
« D’ici fin 2026, nous continuerons les réunions avec les cuma », prévoit le lieutenant. Les préconisations vont jusqu’à décrire les situations où il vaut mieux préférer un déchaumeur à disques plutôt qu’un déchaumeur à dents. L’outil à disques est plus indiqué sur pailles non exportées, car il les enfouit davantage. Au contraire, un déchaumeur à dents aurait tendance à créer un foisonnement de ce volume de matière par effet râteau, ce qui risque d’être contre-productif. Il est plus efficace sur chaumes avec pailles enlevées et prairies. « La solidarité et la générosité des agriculteurs dépassent nos attentes, tient à préciser Aurélien Berardengo. Certains ont même acheté des raccords pompiers pour faciliter le branchement de nos équipements à leurs tonnes. Malgré un contexte agricole morose, non seulement ils se mobilisent, mais en plus ils gagnent en compétences sur ces sujets de risques environnementaux. »
Nous remercions la municipalité de Parthenay pour les photos. D’autres sont disponibles sur sa page Facebook.
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