En Indre-et-Loire, le conseil stratégique plutôt deux fois qu’une

Partager sur

En Indre-et-Loire, le conseil stratégique plutôt deux fois qu’une

La cuma du Futur, en Indre-et-Loire, possède une tonne à lisier avec rampe. (©S. Lhéritier)

Pour la cuma du Futur, en Indre-et-Loire, la recette est simple. Elle tient en quatre lettres : Dina.

Un Dina a permis d’amorcer les premiers changements à la cuma du Futur. Mais elle ne s’arrête pas là. Elle s’engage ensuite dans un deuxième Dina, qui accompagne son développement et sa croissance.

La cuma du Futur, située à Villeperdue en Indre-et-Loire, connaît déjà de gros changements à partir de 2018 : regroupement avec une cuma voisine, investissements dans du renouvellement et nouvelles activités, embauche de salariés, changement de président et trésoriers. Résultat, en 2024, le chiffre d’affaires est multiplié par dix, atteignant 300 000 € contre 30 000 € en 2017.

En 2017, la cuma du Futur, créée en 1982, voyait son parc matériels vieillir et ses adhérents également : un quart du chiffre d’affaires était réalisé par 13 adhérents âgés de plus de 55 ans.

À côté, la cuma du Val de Manse avait été créée dans les années 90 pour porter l’activité ensilage. Cette dernière connaissait des difficultés de gouvernance et de gestion. La réflexion de regrouper les deux cuma se concrétise donc en 2018. L’objectif minimal est d’avoir une gestion à l’équilibre ainsi qu’une gouvernance avec un conseil d’administration étoffé et en partie renouvelé. Les responsables ont aussi dû trouver une solution pour la conduite de l’ensileuse.

C’est la frcuma qui a accompagné ces changements dans le cadre du Dina, avec un premier conseil stratégique en 2018. Il permet alors de faire le point sur les besoins des adhérents et de fixer des objectifs de remise à plat du fonctionnement. C’est-à-dire mise à jour du règlement intérieur et des statuts en 2019, remboursement des parts sociales aux adhérents inactifs. Puis la cuma bénéficie d’un deuxième Dina en 2021 pour accompagner le changement des dirigeants et le développement des projets et de l’emploi.

Des adhérents demandeurs et des dirigeants à l’écoute

« C’est le projet de groupe de fauche avec un tracteur, pour faire face aux casses sur les faucheuses conditionneuses qui lance la dynamique », indique Mickaël Pioger, le trésorier. En effet, les trois faucheuses ont entre cinq et sept ans, et quelques membres du groupe soumettent l’idée de passer à un groupe de fauche avec un tracteur dédié afin de gagner du temps et de limiter les casses. Plusieurs réunions ont lieu et ce n’est pas gagné au départ. Le président Eric Girault se rappelle que l’animatrice fait part d’expériences d’autres cuma locales. « C’était rassurant d’avoir des éléments concrets sur l’organisation avec le tracteur et les coûts qui se pratiquaient dans d’autres cuma. » L’achat du groupe de fauche (et du tracteur) s’effectue fin 2019. Il est renouvelé en 2023.

Le groupe de fauche donne satisfaction. La présence du tracteur et l’embauche d’un salarié saisonnier ouvrent de nouvelles perspectives de chantier en prestation complète. Une presse à bottes carrées est achetée en 2020. Puis, en 2021, la cuma voit l’arrivée d’un nouveau président et de deux trésoriers pour se répartir la gestion.

Depuis, de nouveaux investissements de renouvellement des matériels anciens et de nouvelles activités sont venus compléter le parc. La cuma a désormais deux tracteurs et deux salariés  à plein temps en CDI.

Toute demande est étudiée

Le trésorier résume bien la situation : « On a un président qui ne dit jamais non. » Chaque demande d’adhérent est entendue et diffusée par mail ou lors des réunions. Dès que trois ou quatre adhérents sont intéressés, des réunions sont organisées pour étudier les projets. Ainsi, en 2023, la cuma a acheté un second tracteur de 200 ch et deux nouvelles activités ont été créées : enrubanneuse à bottes carrées et déchaumeur à disques d’occasion. Cette même année, les adhérents prévoient le renouvellement d’une tonne à lisier 14 m3 pour une tonne de 18 m3 avec rampe à pendillards qui a fait l’objet d’une demande de subvention. Il choisissent une tonne Samson à 172 000 €.

La cuma a trouvé de nouveaux adhérents pour rentabiliser cet achat. Le groupe sollicite régulièrement l’animatrice pour faire des calculs de coût prévisionnel des projets, sur l’emploi salarié, la gestion… À la base, il faut un noyau d’adhérents motivés, une équipe de dirigeants qui s’investissent et se complètent, une sécurisation du fonctionnement de la cuma, un premier projet qui réussit, des idées qui sont traitées rapidement, des réunions, de la communication et de la convivialité.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

Sélectionner deux matériels de la même famille pour les comparer