Antoine : « Les maïs semés mi-avril sont plutôt beaux »

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Antoine : « Les maïs semés mi-avril sont plutôt beaux »

Les ensilages de maïs à la cuma du Mont d'Houdain dans le Pas-de-Calais, ont débuté à la mi-aout avec deux semaines d'avance par rapport à 2025. (© Entraid)

À la cuma du Mont d'Houdain, dans le Pas-de-Calais, les ensilages ont débuté mi-août et avancent rapidement. Le maïs est mur mais les rendements varient selon la date de semis. Reportage dans l'ensileuse.

« On a du recharger la clim de gaz parce que c’était intenable, raconte Antoine Huk, chauffeur de l’ensileuse de la cuma du Mont d’Houdain dans le Pas-de-Calais. En commençant les ensilages de maïs un 13 août sous 36 degrés, j’étais content d’avoir une cabine a peu près fraiche. » Une anecdote qui montre à quel point les éleveurs du secteur n’ont pas l’habitude de débuter ces chantiers aussi tôt. Le point sur la récolte d’ensilage de maïs 2026. 

La récolte d’ensilage de maïs 2026 en vidéo

 

La récolte d’ensilage de maïs 2026 encore en avance

Cette année, la récolte du maïs fourrage a débuté deux semaines avant l’année dernière. Elle-même exceptionnelle par sa précocité. « D’habitude, on commence plutôt fin septembre. Au moins cette année, les enfants auront pu participer à au moins un chantier. Lors de la moisson, fin juin, c’était encore l’école. On voit que c’est les vacances, ils sont dans les cabines et veulent voir l’ensileuse », fait remarquer le chauffeur avec prévenance.

Outre leur précocité, les ensilages 2026 seront marqués par des rendements très hétérogènes. S’ils sont difficiles à prédire de par la quantité et la qualité, des tendances se profilent. « Les maïs semés en première culture autour de la mi-avril sont plutôt bons, relate Antoine Huk des dires des adhérents. Mais on voit bien que les maïs semés après des ray-grass décrochent. Ils sont plus secs et plus petits. » La culture précédente aurait utilisé l’eau déjà peu abondante dans les sols.

30 % de matière sèche / tonne

S’il n’y a pas le feu au lac, c’est le bon moment pour ensiler les maïs. « Les échantillons réalisés avant la récoltent estiment le taux de matière sèche autour des 30 % par tonne de maïs, annonce Antoine Huk. Avec le temps plus humide et des jours plus court, le taux augmente de 1,5 % par semaine, quand c’était de 3 % en plein pic de chaleur. » Mais il ne faudrait pas attendre davantage, surtout dans les parcelles de maïs dérobé.

Pour être réactif face aux conditions météo qui précipitent la récolte, la cuma du Mont d’Houdain s’appuie sur son ensileuse. Une Krone BigX 530 de sept ans d’âge. Avec un parcellaire rapproché et une bonne organisation, la machine peut récolter entre 25 et 30 ha sur une même journée. Cette année, 350 ha seront ensilés pour une quinzaine d’adhérents. L’organisation est rodée. Antoine Huk, salarié de la cuma et chauffeur attitré suit sa quatrième campagne d’ensilage avec cette machine.

Les tas, un enjeu pour la conservation

En revanche, la cadence, ce n’est pas l’ensileuse qui l’impose mais le silo. « Bien sûr, la machine ne doit pas trop attendre, c’est à l’agriculteur de prévoir le nombre de bennes en conséquence, explique le salarié de la cuma. Mais il faut aussi que le silo puisse les recevoir. Le tassement du tas est une étape clé, il s’agit de conserver toute une année le maïs. Et c’est une année de travail qu’il ne faudrait pas rater. »

Certains adhérents ajoutent donc un conservateur. L’ensileuse l’applique directement au champ. « Ceux qui l’utilisent en sont satisfaits, relate le chauffeur de la BigX. Lorsqu’on ensile à plus de 36 degrés, la conservation du fourrage devient très importante. »

Banque d’entraide de la récolte d’ensilage de maïs 2026

Le tassage est une mission que l’adhérent doit gérer. « C’est peut-être ce qui rebute les agriculteurs à adhérer à l’activité », présume Antoine Huk. Pourtant, le tracteur de la cuma y est consacré, mais il faut un chauffeur. Pour cela, les adhérents peuvent compter sur l’entraide lors de ce type de chantier. « Pour la conduite des bennes ou le tassage, chacun note ses heures et tente de les rendre dans la saison, explique le salarié. À la cuma, il y a une banque d’entraide qui permet d’égaliser le temps passé pour les chantiers. »

À mi parcours des chantiers d’ensilage, Antoine Huck a encore 150 ha de maïs à ensiler. Il va poursuivre le planning qui a été établi il y a quelques semaines. « Au début tout le monde voulait se lancer et ensiler la totalité de son maïs, se souvient Antoine Huk. Avec les récentes pluies, certains éleveurs espèrent que leur fourrage reverdisse un peu. Ils sont donc moins pressés. » La météo le décidera.

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