À 4 €/botte, la cuma du Flambard presse aussi les frais

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À 4 €/botte, la cuma du Flambard presse aussi les frais

À la cuma du Flambard, l'entraide et les volumes permettent aux adhérents d'utiliser des presses récentes au prix de 4 €/botte. (©Entraid)

La cuma du Flambard s'y connait en matière de pressage. Avec ses trois presses, elle réalise entre 25 et 35 000 bottes chaque année. Une utilisation des presses optimisée.

Les trois presse haute densité de la cuma du Flambard, en Haute-Marne, sont optimisées : 25 000 à 30 000 bottes chaque année sont réalisées, soit l’équivalent de 3 000 ha de paille et environ 1 000 de fourrages. Pour y parvenir, l’utilisation des trois presses à balles carrées est éprouvée depuis plus de 40 ans. Outre la distance qui sépare les parcelles des exploitations de la dizaine d’adhérents, c’est bien l’organisation des chauffeurs qui permet un débit de chantier avoisinant les 90 bottes/h et un coût de revient maîtrisé.

Presse haute densité en cuma, un coût de revient compressé

En effet, chaque presse est attelée à un tracteur qui lui-même est conduit par un chauffeur attitré. « Ça évite de perdre du temps à atteler et dételer les machines, avoue Hervé Larché, président de la cuma et également chauffeur. Et chacun connaît sa presse et ses réglages. » Lorsque les chantiers battent leur plein, chacun est en charge de préparer sa presse, de la nettoyer et la graisser quotidiennement. Mais aussi d’organiser les chantiers. « On s’appelle régulièrement, on échange sur WhatsApp pour annoncer notre avancement, notre programme de la journée, ajoute le chauffeur. L’idée est d’avancer proportionnellement dans chacun des secteurs. Si l’un d’entre nous a fini avant les autres, il vient prêter main-forte. Nous travaillons en entraide, l’idée de la cuma n’est pas de gagner de l’argent. » Ainsi, chacun réalise entre 8 et 12 000 bottes chaque année.

La cuma ne dispose que d’un seul tracteur. Le John Deere 6R 215 dédié principalement à la presse, au tassage des silos de maïs et au compostage travaille environ 450 heures chaque année. Son prix de revient est établi à 30 €/h. Pour les deux autres, la cuma du Flambard en loue chaque année. Cela ne représente pas un grand volume, une histoire de 300 à 400 heures par an.

Trois presses identiques

« Les concessionnaires avec qui nous travaillons jouent globalement le jeu, estime le président. Ils nous louent des tracteurs neufs et bien équipés du 1er juin au 1er septembre. Nous avions un contrat avec la marque Case à 23 €/ha. Mais les tarifs ont augmenté. Nous sommes passés avec la marque John Deere pendant plusieurs années. » Mais les tarifs ont toujours augmenté. Si bien, que le groupe d’une dizaine d’adhérents a dû se tourner vers des tracteurs Claas, Axion 830 de 240 chevaux, loués 30 €/h.

Les presses de la cuma sont récentes et identiques, trois New Holland 1290 +, avec le canal rallongé et toutes les options. Entendez, pesée embarquée, capteur d’humidité, phares de travail, pneus larges, graissage centralisé… Les dimensions des bottes sont modulables en 120 ou 90 x 240 cm. Toutes les trois sont équipées de couteaux pour l’enrubannage ou la récolte de luzerne au printemps. « On les renouvelle une par une tous les 6 à 7 ans, explique Hervé Larché. On essaye de profiter des subventions qui nous sont octroyées mais globalement, lorsque le seuil des 60 000 bottes pressées est atteint, on songe à renouveler la presse. » À partir de là, le groupe estime que les presses décotent davantage et que les frais d’entretien deviennent trop élevés.

Autonomie en ficelles

Le groupe s’est porté sur ce type de presse après une mésaventure. Nous avons été très déçus des presses Claas, regrette le président. Elles ne serraient pas bien la paille et réduisaient le débit de chantier. » Le groupe s’est alors tourné vers la marque New Holland. Toujours en balles cubiques. Question de manutention, plus facile à transporter le long des 50 km de trajet mais aussi à stocker. Leur autonomie en ficelle est aussi un point fort. « On peut préparer 32 bobines dans chaque presse, l’équivalent de 500 bottes, comptabilise le chauffeur. Soit un peu moins d’une journée de travail. »

Pour assurer le chantier, les trois presses passent chaque année à l’atelier pour une révision intégrale. « Il faut compter environ 5 000 €/an pour chacune des presses, compte Hervé Larché. Nous effectuons le diagnostic avec le concessionnaire et essayons de faire la maintenance nous-même avec le salarié de la cuma. » Pour obtenir un prix de revient le plus serré possible, le groupe n’hésite pas à allonger les amortissements et les emprunts. Sans compter les prix d’achats négociés. « La dernière que nous avons achetée, il y a deux ans, valait 203 000 € », illustre le président.

Presse haute densité en cuma : entre 3,80 et 4,20 €/botte

Le groupe, aussi petit soit-il, maitrise ses coûts d’utilisation. À 4 €/botte, tracteur, GNR , entretien et consommables compris, les frais sont compressés. Ils peuvent varier entre 3,80 et 4,20 €/botte selon les années. La ficelle fait partie d’un gros poste de dépense pour cette activité. Elle correspond à 1 €/botte. « Si les coûts sont aussi faibles, c’est grâce à l’entraide, à notre cuma soudée mais aussi aux subventions de 60 % sur la moitié des achats », reconnaît le président.

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