La déconsommation du vin atteint aussi la Suisse. Si le contexte de production et de commercialisation sont bien différents de la France, le mal est là. Le point sur l’arrachage de vignoble en Suisse.
Face à la chute de la consommation, la Suisse mise sur l’arrachage du vignoble
Comme les Français, les suisses boivent moins de vin. Le recul est chiffré à – 8 % en 2024 (218 m de lires) et – 3,3 % en 2025 (211 m L). Mais en 2025 ce sont surtout les vins importés qui ont souffert de la crise. Les vins suisses résistent.
Malgré tout, l’arrachage est de mise depuis le mois de février 2026. Le plan vise à réduire d’environ 10 % les surfaces du vignoble romand en 2 ans. La vigne ne peut plus revenir à l’endroit arraché sous 10 ans. La reconversion est obligatoire. La prime s’élève à environ 10 850 € à 17 900 € / ha selon la topographie.
Freiner l’importation
« Face à la mévente des vins, toutes couleurs concernées, il y a eu une proposition de vignerons d’augmenter les volumes soumis aux droits de douane, une sorte de quota sur l’importation de vins, commente Guillaume Bodin, vigneron au Domaine des Petites Planètes, dans le Valais. Mais c’est compliqué politiquement. Sûrement par crainte de rétorsions ».
Pour l’heure, la Confédération a donc décidé d’autres mesures, radicales. Comme l’arrachage, ou la restructuration.
Peu de consensus sur la distillation
Il faut dire que les leviers de rebond sont complexes à trouver. S’il l’a fait lors du Covid en 2020, le pays est frileux sur la distillation de crise. En outre, le pays n’exporte presque pas ses vins. Il est plus difficile de diversifier ses marchés.
« Les vins produits en Suisse sont vendus dans le pays. On reste cher à l’export. Et tous les marchés sont saturés ». Et vendre à l’intérieur du pays est devenu un défi. Les habitudes changent.
« Comme en France, partage Guillaume Bodin, les jeunes générations semblent se reporter sur d’autres boissons. La bière est très consommée mais on n’est même pas sûr de reports vers la bière ou les alcools forts ».
Coûts de main-d’œuvre
Autre complication, les coûts de production. Car nombre de parcelles sont difficilement mécanisables. À cause de leur taille, de leur configuration. Ce qui procure de grosses charges de personnel. Le salaire mensuel brut d’un ouvrier viticole non qualifié est d’au minimum 3 975 €. « Le parcellaire est très morcelé. Des parcelles de 400 m2, ce n’est plus possible. Donc on revient à une sorte de remembrement ».
C’est le plan « Vignoble du XXIe siècle » du canton du Valais. Lancé en 2025 et aidé à hauteur de 170 millions de francs suisses sur 15 ans, il vise à la fois à adapter le vignoble au changement climatique et à restructurer le foncier. Irrigation, cépages, terrasses, remaniement parcellaire, bourse d’échange sont autant d’actions mises en place pour résoudre le casse-tête.
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