Investissement : « Un taux de 3,50 % sur 5 ans. Il augmente à 3,90 % sur 10 ans »

Partager sur
Abonnés

Investissement : « Un taux de 3,50 % sur 5 ans. Il augmente à 3,90 % sur 10 ans »

Même si 80% des financements que nous réalisons pour l’achat de matériel se fait via un crédit classique, le crédit bail progresse. (© Pixabay)

Comment évoluent les taux d'emprunts, leur durée et les montants ? Hector Bories, responsable de l’animation du marché agricole au Crédit Mutuel, livre son analyse sur l'acquisition de matériel par les agriculteurs.

Le point avec Hector Bories sur le financement de materiel agricole au Crédit Mutuel.

Comment évoluent les prêts des cuma pour le financement de matériel agricole au Crédit Mutuel ?

Les prêts pour les achats de matériels agricoles dans notre banque évoluent tout doucement. Les cuma sont ancrées dans les filières financières plus classiques. S’il faut convaincre un agriculteur pour le marché de l’individuel, en cuma, il faut faire ses preuves autour de nombreux chefs d’entreprise. Ils ont davantage de craintes à changer de banque.

Ainsi, notre taux de présence est de 8%. Pourtant nous nous efforçons de proposer des offres intéressantes aux cuma avec des taux compétitifs, des frais de dossiers réduits et peu de refus. D’autant plus que le marché des cuma est stratégique. Elles se développent avec les prix des matériels plus élevés et une conjoncture économique tendue. Forcément en cuma, on dilue le risque.

Quel est le montant moyen des emprunts au Crédit Mutuel ?

Actuellement, le montant moyen des emprunts de matériels est de 50 000 euros avec de grandes variabilités selon les types de matériels financés et les régions. Ce chiffre a tendance à progresser, forcément, dans le sillage des prix des matériels.

Ce qui évolue, c’est la durée de ces prêts. Alors qu’avant, elle était en moyenne fixée à cinq ans, c’est dorénavant une durée supplémentaire d’une année.

Comment les agriculteurs accèdent ils aux matériels en ce moment ?

Davantage par le leasing. Même si 80% des financements que nous réalisons pour l’achat de matériel se fait via un crédit classique, le crédit bail progresse.

C’est normal, c’est une formule qui est plus facile à sculpter selon les besoins du client. On module la durée, les loyers selon la trésorerie, les valeurs résiduelles et il n’y a généralement pas besoin de garantie, ni d’avancer la TVA. C’est une manière d’acquérir du matériel sans prendre de risques et le suivi du dossier est allégé. Le client s’y retrouve.

Avec un contexte économique flou, le nombre de dossiers refusés est-il plus important ?

Les agriculteurs, de par leur métier capitalistique, empruntent toujours, ils en ont besoin. Lorsque le marché se tend, que les indicateurs sont mauvais, nos clients ont tendance à lever le pied, à s’autoréguler. On contractualisera davantage de prêts pour la trésorerie, d’étalement de crédit par exemple. Nous serons davantage attentifs à la gestion des risques mais certains investissements ne peuvent être reportés. Ce constat diffère selon les régions.

Si on veut chiffrer cela, sur un quart des dossiers d’emprunts envoyés pour un accord, 90 % d’entre eux sont acceptés. En revanche, on ne sait pas quelle est la part des dossiers acceptés ou refusés par le chargé d’affaires directement. Ce taux reste globalement constant.

Quels sont les taux d’emprunt Actimat actuellement et comment risquent ils d’évoluer ?

Actuellement, (en juin 2026, ndlr), nous proposons des emprunts Actimat, réservés à l’achat de matériel donc, à un taux de 3,50 % sur 5 ans. Ce taux augmente à 3,90 % sur 10 ans et 3,70 % pour un emprunt sur 7 ans. C’est globalement stable.

En revanche, avec le contexte actuel, nous nous attendons à une hausse des taux, que ce soient pour l’épargne et les emprunts. Nous avons vécu des années exceptionnelles avec des taux historiquement bas, c’était un anomalie.

Proposez-vous des dispositifs spécifiques aux cuma ?

Oui, nous avons des prêts bonifiés pour les cuma qui contractualisant des Actimat. Ils sont réduits de 0,10 % et sans frais de dossier. Nous sommes présents également avec certains partenariats locaux ou en sponsoring.

Mais, depuis ce début d’année 2026, nous travaillons sur une offre packagée destinée aux cuma. Cela passerait par des financements facilités et une offre de gestion courante comme la banque à distance, des simplifications d’épargne, de gestion de comptes courants afin que les cuma puissent se gérer de manière plus souple.

Cette proposition est en cours, il n’y a pour le moment, aucune date prévue.

Quelles sont les connaissances extra financières demandées à un futur agriculteur emprunteur ?

À chaque demande d’emprunt, on regarde la comptabilité de l’exploitation. On se base sur les documents comptables qui ne sont que des indicateurs du passé.

Quand le marché se tend, il est difficile pour tout le monde d’avoir une vision à long terme des entreprises. Pour y remédier, on se projette avec des scénarios moins enthousiastes, plus contraints. Avec une baisse de 20% du chiffre d’affaires par exemple. Forcément, la sécurisation de ce dernier est un atout.

En revanche, ça n’annule pas le risque puisqu’en agriculture, on ne maîtrise ni les aléas économiques, ni ceux liés à la météo.

Qu’en est-il des mesures agro environnementales ?

Depuis quelques années, nous avons l’obligation de connaître les pratiques agro environnementales de nos clients professionnels souscripteurs de prêts afin de financer le changement de pratiques. Ce n’est pas un frein à l’accord de prêt puisque nous accompagnons tous les agriculteurs. Mais pour y parvenir, nous questionnons nos clients agriculteurs afin de savoir s’ils ont mis en place des pratiques vertueuses pour favoriser la biodiversité, la production d’énergie, l’eau mais aussi pour le bien être des animaux ou de leurs salariés notamment.

D’ici quelques mois, nous prévoyons de proposer des prêts bonifiés à nos clients qui s’engagent dans cette transition.

Voyez-vous le comportement des agriculteurs évoluer ?

Oui, on constate de plus en plus que les agriculteurs veulent être maîtres de leur chiffre d’affaires. Ils s’approprient de plus en plus leur prix de vente et échangent là dessus avec leurs fournisseurs. Et c’est une bonne chose.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

Moisson 2026, c'est parti !

◉ En direct
Sélectionner deux matériels de la même famille pour les comparer