La gestion durable des haies assure, dans le temps, la continuité du service qu’apporte la haie à son territoire et à la parcelle qu’elle borde. L’établissement d’un document de gestion se présente ainsi comme un préalable aux bonnes pratiques favorables à la durabilité de cet élément.
Pourquoi concevoir un plan de gestion durable des haies (PGDH) ?
Le plan de gestion durable des haies (PGDH) est un exemple de ce type d’outils qui doivent guider les interventions du gestionnaire sur sa haie. Un intérêt de l’exercice est qu’il établit une planification des entretiens et des prélèvements sur plusieurs années. En même temps il renseigne une prévision des volumes de production disponibles au fil des ans.
Le label haies qui propose une certification « durable » de la plaquette issue du bocage impose par exemple un maximum annuel du prélèvement correspondant à 10 % du linéaire. Dans ces conditions, Jacques Bernard (Aile) partage un repère : « Une haie qui fonctionne procure annuellement de 10 à 30 MAP/km (MAP : Mètre cube apparent plaquette). Il faut en outre compter un entretien tous les 8 à 15 ans. Tout cela selon les conditions du lieu. »
Les bonnes pratiques de prélèvement pour la gestion durable des haies
Sur le terrain, la gestion durable prend ensuite les formes de bonnes pratiques à ces moments d’intervention. « La première chose, c’est de procéder à des prélèvements qui respectent le programme établi », introduit Mathieu Gadeau, animateur bois énergie de la fédération de cuma dans l’Orne.
En présence d’arbres, hauts-jets ou têtards, « s’ils représentent 1/3 du linéaire, alors seulement 30 % de ces arbres peuvent être prélevés par cycle de gestion », propose la grille du label haies. De plus, la répartition des arbres abattus ou maintenus doit permettre le maintien des fonctionnalités. « Les coupes à blanc sont en effet à proscrire », résume Mathieu Gadeau. « Concrètement, l’essentiel est de conserver les arbres d’avenir. »
L’impact de la coupe au carré sur la production de biomasse
Pour autant, un têtard bien exploité est un têtard dont tout le houppier a été prélevé. Il est dans certains cas préconisé de laisser une branche tire-sève qui devra être coupée au maximum trois ans après l’étêtage. De la même manière, et en dehors d’une taille de quelques brins contraignants pour l’exploitation de la parcelle, le prélèvement d’une cépée doit retirer l’ensemble des brins.
« Ensuite, l’idée c’est de laisser pousser la haie ! », poursuit le conseiller normand. Son homologue vendéen, Valentin Falcon conforte : « La coupe au carré, qui consiste à arrêter la haie en hauteur, lui fait perdre ses fonctionnalités, en même temps que ses capacités de production. » Le tout pour un coût d’entretien important en lien avec la fréquence des interventions.
Techniques de coupe : recépage et élagage de la haie bocagère
Qu’il s’agisse d’un prélèvement du houppier (têtard, émonde ou élagage de haut-jet), comme dans le cas d’un prélèvement complet (coupe d’abattage ou de recépage), la bibliographie recommande une coupe nette, et à moins de 20 cm du sol ou du tronc. Précision pour des jeunes haies en cépée : la coupe idéale se situe à un niveau entre 4 et 10 cm du sol.
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