Plus d’une ensileuse sur deux en cuma : la mutualisation des matériels boostée par la hausse des prix

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Plus d’une ensileuse sur deux en cuma : la mutualisation des matériels boostée par la hausse des prix

Seules 13 % des ensileuses sont destinées à un usage individuel, a mesuré l'étude Primeur d'Agreste . (©Entraid)

En termes de matériels agricoles, l’investissement individuel s'essouffle même s'il a de beaux restes. Selon l’enquête Primeur d'Agreste (juin 2026), la part de la mutualisation en cuma progresse sans ambiguïté pour les automoteurs de récolte. Plus d'une ensileuse sur deux est utilisée en cuma par exemple. Et vu les prix, on comprend.

Entre 2013 et 2023, la part des cuma dans l’utilisation des automotrices de récolte a bondi, passant de 14,6 % à 20,3 %. C’est le cœur de ce qu’a mesuré l’enquête Primeur d’Agreste dédiée à la progression de la mutualisation des matériels agricoles.

Cette hausse s’est surtout construite au détriment de la propriété individuelle, avec un recul net de 23 % en nombre d’exploitations propriétaires sur la même période.

En chiffres et en bref : la progression de la mutualisation des matériels agricoles

Globalement, 48 % des exploitations utilisant un automoteur de récolte n’en sont pas propriétaires, s’appuyant sur de la copropriété, le recours à une cuma, de la location ou de l’entraide.

Seulement 13 % des usages d’ensileuses sont en propriété, contre 53 % en cuma.

La moitié seulement des moissonneuses-batteuses sont en propriété individuelle.

En 2023, une exploitations sur 6 ne possédait pas de tracteur.

Pas de mystère : les prix ont augmenté et vite

Pas de grand mystère sur le pourquoi du comment. La course à la puissance et à la technologie a fait s’envoler les prix.

Entre 2005 et 2025, l’indice du prix d’achat des matériels de récolte a progressé de 2,3 % par an (plus vite que l’inflation globale du PIB à 1,5 %).

Quand une ensileuse de 500 chevaux atteignait en moyenne 378 000 euros en 2024, pour une période d’usage très étroite, le calcul est vite fait. Et de fait, les ensileuses constituent les « machines reines » pour les cuma.

A lire : Prix des ensileuses neuves: +60% en 20 ans

L’ensileuse devient-elle hors de prix ?

Machine par machine : la carte de la progression de la mutualisation des matériels agricoles

La dynamique de partage varie bien sûr selon la nature des travaux et la structure des exploitations.

L’ensileuse est la reine incontestée de la cuma. C’est l’automoteur où le collectif est le plus ancré. Le recours à la cuma représente 53,2 % des usages, tandis que la propriété individuelle est marginale (13 %). C’est surtout lié à la période de récolte du fourrage, moins sensible aux fenêtres de tir serrées que les céréales. Ce modèle domine largement dans les terres d’élevage que sont l’Ouest et le Massif central.

Moissonneuse-batteuse : leur coeur balance. La polyvalence de la machine lui permet d’enchaîner plusieurs cultures (blé, orge, colza, maïs grain), ce qui aide à l’amortir. Résultat : le cœur des céréaliers balance. La moitié des exploitations  — les plus grandes — choisit la propriété individuelle, avec une volonté d’autonomie d’intervention lors des moissons. Tandis que l’autre moitié opte pour des solutions alternatives (cuma, copropriété, entraide).

La machine à vendanger : hormis en Champagne où le ramassage manuel reste la règle, la machine à vendanger était encore plébiscitée en propriété individuelle dans les grands vignobles (Gironde, Charente, Sud-Est) au moment de l’étude, lorsque les surfaces permettent — ou permettaient — de rentabiliser l’investissement. Les plus petites structures viticoles, à l’inverse, n’en possèdent que moins de 15 % et se tournent massivement vers la location ou l’entraide.

Betteraves et pommes de terre : pour ces cultures spécialisées, ce sont des logiques territoriales qui jouent. Si la copropriété séduit plus du quart des exploitations du Bassin parisien pour la récolte de betteraves , le Nord et le Pas-de-Calais font de la résistance avec un fort taux de propriété individuelle pour le matériel de pomme de terre.

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