Achat de matériel : « Pour les emprunts de 4 ans, le taux est de 3,60 % »

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Achat de matériel : « Pour les emprunts de 4 ans, le taux est de 3,60 % »

Entre 2024 et 2025, le montant moyen des emprunts liés aux achats de matériels, notre dispositif étant Agrilis mat’, évoluent de 4 % passant de 29 432 € à 30 657 €. (© Entraid)

Mélanie Villeboux et Loïc Guitton, responsables des marchés agricoles à la Banque Populaire nous livrent leur analyse du marché des emprunts bancaires liés aux achats de matériels.

Outsider du marché agricole bancaire, la Banque Populaire s’immisce petit à petit dans les exploitations agricole. Par l’installation de jeunes agriculteurs mais aussi dans l’accompagnement dans leurs investissement. Mélanie Villeboux et Loïc Guitton, responsables des marchés agricoles à la Banque Populaire analysent l’évolution des emprunts liés à l’achat de matériels agricoles. Un point sur le financement de matériel agricole avec la Banque populaire.

Quelle est l’évolution des emprunts liés à l’achat de matériels agricoles au sein de la Banque Populaire ?

Loïc Guitton : Entre 2024 et 2025, le montant moyen des emprunts liés aux achats de matériels, notre dispositif étant Agrilis mat’, évoluent de 4 % passant de 29 432 € à 30 657 €. C’est une évolution qui s’inscrit dans un marché du matériel de plus en plus cher mais aussi dans le changement profond des exploitations agricoles. En effet, celles-ci sont de plus en plus grandes et demandent donc du matériel plus gros mais aussi ayant plus de technologies.

Et pour les investissements en cuma ?

LG : La tendance haussière est moins marquée avec une progression entre 2024 et 2025 du montant moyen des emprunst de 33 600 € pour aller jusqu’à 34 535 €. S’il est plus élevé qu’en individuel, c’est principalement parce que les cuma ont des apports moindres lorsqu’elles investissent dans un matériel.

Quant au nombre de dossiers, il progresse de 9 % entre les deux années. Cette tendance se poursuit en 2026 avec le développement des cuma mais aussi notre proximité avec le terrain et ces collectifs.

Quels sont les taux d’Agrilis Mat actuellement et comment peuvent-ils évoluer ?

LG : Pour les emprunts de 4 ans, le taux est de 3,60 % et pour ceux de 6 à 7 ans, il est de 3,70 %. Nous misons sur une stabilité et avons espoir que les accords géopolitiques aient une issue favorable pour apporter de la stabilité et de la visibilité aux investisseurs. Nous sommes également très concurrencés sur le marché ce qui maintient les taux à ce niveau.

Quelles sont les offres que vous proposez aux cuma ?

LG : Tout d’abord, nous proposons une réduction de 0,20 % sur les taux d’emprunts de matériels. Cela dépend tout de même des régions. D’un point de vue local, il y a certaines offres qui sont pilotées par les territoires et seront proposées à certaines cuma, selon leurs activités. Cela peut aller des services de facturation ou des offres de financement de projets énergétiques par exemple.

Toutefois, peu de cuma sont clientes de la Banque Populaire. On note un réel frein au changement de partenaire bancaire. Nous avons beau proposer des offres compétitives, rien ne vaut la proximité avec le conseiller. C’est sur quoi nous mettons l’accent et une nouvelle organisation auprès de notre banque va nous permettre d’être encore plus en lien avec le monde agricole.

Quelle est la tendance en matière de financement de matériels agricoles à la Banque populaire ?

Mélanie Villeboux : On note une forte demande vers le crédit-bail. C’est un vrai levier pour financer du matériel de plus en plus onéreux. Nos équipes se sont formées en ce sens et sont devenues de vrais experts en la matière afin de proposer la meilleure offre.

Y a t-il davantage de refus de financement ces dernières années?

LG : Non, le taux dans ce type de financement, établi à 3%, est plutôt stable. C’est le résultat de réflexions mûrement réfléchies. Malgré une conjoncture complexe, les chefs d’entreprise ont besoin d’investir. Même s’il y a moins d’incitations fiscales à l’achat de matériel et que la corrélation entre les bonnes ou moins bonnes années avec les investissements n’est plus si franche, le contexte oblige les agriculteurs à accéder à du matériel moderne. Investir dans du matériel plus efficace, avec des innovations ou qui répond à la réglementation notamment.

Quelles sont les conditions d’acceptation des dossiers de financements ?

LG : Lorsqu’un projet se dessine, nous regardons bien sûr la sécurisation du chiffre d’affaires. Mais nous allons également évaluer la résilience des cuma vis-à-vis de leur gouvernance, de la RSE, des mesures agroenvironnementales ou encore du renouvellement des générations. Nous nous donnons du temps pour créer des partenariats de longue durée. On sait que la relation professionnelle est précieuse chez les agriculteurs.

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