Faut-il ensiler ou pas son maïs fourrager ? La question pourrait sembler déplacée. Mais le stress hydrique est tel en cet été 2026 que la question se pose malheureusement. Retour sur l’ensilage du maïs et le stress hydrique.
Ensilage du maïs et stress hydrique : 3 situations-types
« Autour de la floraison, le maïs est particulièrement sensible au déficit hydrique« , analyse Anne-Sophie Colart, de l’institut technique Arvalis.
« L’observation au cœur de la parcelle et l’inspection de l’appareil végétatif sont indispensables pour poser le diagnostic », décrit Anne-Sophie Colart.
Quelques feuilles enroulées, « vert grisé », quelques feuilles basses desséchées
« La majeure partie du feuillage reste fonctionnelle et la culture conserve un potentiel de reprise en cas de retour des pluies, même si la croissance restera pénalisée. »
Recommandation d’Arvalis
Attendre la floraison et, si elle a lieu, évaluer la formation des épis avant d’envisager une récolte anticipée.
Plus de 30 % de feuilles desséchées
Les dernières feuilles émises prennent une teinte marron à leur extrémité et blanchissent. « Malgré cette dégradation, le feuillage encore vert peut encore repartir si les conditions redeviennent favorables rapidement. »
Recommandation d’Arvalis
En l’absence de pluie significative dans les jours suivants, une valorisation en affouragement en vert ou au pâturage peut être envisagée. À ce stade, la teneur en matière sèche (autour de 22 %) reste généralement insuffisante pour l’ensilage.
Moins de 2 feuilles vertes par plante
Pour les parcelles les plus préoccupantes, l’émission de nouvelles feuilles est bloquée. Le retour des pluies ne permettra plus de relancer sa croissance.
Recommandation d’Arvalis
Envisager la récolte rapidement pour préserver au mieux la capacité de conservation et de valorisation du fourrage disponible en adaptant la stratégie selon l’état de développement.
Stress hydrique: les cartes de risque d’Arvalis
L’ingénieure présentait, début juillet 2026, des cartes de risque concernant les ensilages de maïs.
Découvrez la carte des déficits hydriques, valeurs observées sur la période du 20 mai 2026 au 1er juillet 2026, calculés à partir du bilan pluie moins évapotranspiration potentielle (P-ETP).

Carte des déficits hydriques, valeurs observées sur la période du 20 mai au 1er juillet 2026, calculés à partir du bilan pluie moins évapotranspiration potentielle (P-ETP). (©Arvalis)
Et voici la même carte, mais permettant de visualiser les déficits hydriques en termes d’écart à la médiane sur une vingtaine d’années, sur une période s’étalant de 2006 à 2025.

Carte des déficits hydriques en termes d’écart à la médiane sur une vingtaine d’années, sur une période s’étalant de 2006 à 2025. (©Arvalis)
Carte Arvalis des déficits hydriques en termes d’écart à la médiane sur une vingtaine d’années, sur une période s’étalant de 2006 à 2025.
Comment récolter? Le coût en ligne de mire
Arvalis recommande de s’appuyer sur la quantité récoltable pour prendre la décision du mode de récolte. A mettre en regard des frais de récolte engagés.
Ensilage possible s’il y a encore du potentiel
« L’ensilage reste possible. Il est alors conseillé d’utiliser une ensileuse équipée de becs à maïs; en l’absence d’épis, l’éclateur peut être retiré, » détaille Arvalis.
Affouragement en vert lorsque les conditions sont défavorables à la conservation
« Cette solution permet de valoriser rapidement la biomasse disponible tout en évitant les risques liés à un fourrage trop humide ou, au contraire, trop sec, » précise Anne-Sophie Colart.
Pâturage direct si les animaux ont accès aux parcelles
« Il s’agit de l’option la plus économique lorsque la biomasse disponible est limitée », décrit Arvalis dans son communiqué. Cela évite les frais de récolte et de conservation tout en contribuant à préserver le bilan fourrager de l’exploitation. Cette solution nécessite toutefois la mise en place d’aménagements adaptés (clôtures, abreuvement).
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