Dérobées d’été : Tenez-vous prêts pour des semis fourragers opportunistes

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Dérobées d’été : Tenez-vous prêts pour des semis fourragers opportunistes

Le colza fourrager peut s'envisager pur ou en mélange. Mais dans tous les cas, attention aux coûts et au cumul de précipitations. Crédit: Entraid Médias

Après des moissons précoces, est-il temps de faire des semis fourragers ? Car les craintes sont vives quant aux rendements des maïs fourragers, alerte Arvalis. L'institut technique conseille de se tenir prêt à implanter des dérobées d'été… À quelques conditions toutefois.

La sécheresse persiste, et l’inquiétude grandit quant aux rendements du maïs fourrage. Les bilans fourragers apparaissent déjà bien fragiles. Les moissons précoces offrent dans ce cadre une fenêtre de tir intéressante.  sur les dérobées fourragères d’été.

Semis de dérobées pour les fourrages : opportunité et conditions

Les surfaces libérées peuvent permettre d’implanter, à l’opportunisme, des dérobées d’été.

L’institut technique Arvalis alerte toutefois sur le fait que ces cultures ne doivent être envisagées qu’à certaines conditions bien précises pour être rentables.

Conseil n°1 : ne pas trop miser face à des résultats aléatoires

Face aux incertitudes climatiques, le potentiel agronomique de ces dérobées peut s’avérer très aléatoire. La première règle de prudence consiste donc à limiter l’investissement. Mais aussi à limiter au maximum les charges d’implantation.

À privilégier : semis direct ou semis sur simple déchaumage. Dans tous les cas, le rappui reste indispensable.

Arvalis appelle à la vigilance sur le précédent herbicide, la sécheresse ralentissant la dégradation des produits. Par exemple en cas d’application de sulfonylurées tardive au printemps.

« Il est préférable d’implanter derrière un colza ou une céréale plutôt que derrière un maïs fourrage récemment ensilé qui aurait reçu un désherbage de post levée, » avertissent les responsables techniques d’Arvalis.

Conseil n°2 : surveiller les cumuls de pluie qui s’annoncent

Si les températures estivales sont favorables à une pousse rapide, la réussite du semis repose exclusivement sur le retour de la pluie. En clair, n’intervenir que si un épisode pluvieux d’au moins 20mm s’annonce.

L’équipe d’Arvalis recommande d’utiliser pour cela le service gratuit fourni par Aléa Pluie. Il s’agit d’un site qui permet de visualiser une carte de probabilité du cumul des précipitations sur 2 semaines pour les agriculteurs.

Conseil n°3 : quelles espèces semer ?

Pour maximiser les chances de valorisation, quelles espèces de dérobées fourragères semer ?

  • À exclure selon Arvalis : maïs précoces et les sorghos monocoupes, le coût de semence est trop élevé, stade satisfaisant difficile à atteindre ;
  • Bons candidats : moha, avoine et sorghos multicoupes ;
  • En conditions chaudes : le colza fourrager, le chou ou la navette lèvent très bien. Le colza fourrager pur peut d’ailleurs s’envisager au pâturage, mais gagne à être associé au RGI pour une récolte mécanique, souligne l’équipe d’Arvalis. « Cette association offre une flexibilité de pâturage de la fin d’été jusqu’à l’hiver, complétée par une repousse printanière, » précise l’équipe qui alerte malgré tout sur le risque « altise » ;
  • Pour apporter de la valeur protéique au fourrage, les légumineuses du type vesces (commune, du Bengale, velue) ou trèfles (incarnat, d’Alexandrie) peuvent s’envisager en association. En prenant garde au coût de ces espèces, à mettre en regard des conditions climatiques qui se dessinent.

Voici la synthèse des préconisations d’espèces d’Arvalis selon la fenêtre d’intervention visée :

Adaptation des différences espèces en dérobée selon les dates de semis. (© Arvalis)

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