S’il y a une chose qui pourrait remonter le moral des agriculteurs français, c’est bien un prix du blé en 2026 en hausse. Mais pour le moment, il n’en est rien. « En avril, les prix ont avoisiné les 207 €/t avec un sursaut début mai à 213 €/t, annonce Jean Jacquez, analyste chez FranceAgriMer. En maïs, ce sont les même niveaux de prix. Il y a peu d’écart entre le blé et le maïs, synonyme que le blé est compétitif en alimentation animale. » Une tendance baissière sur le court terme qui entraine les agriculteurs dans un effet ciseau.
Effet ciseau dévastateur pour les agriculteurs
Reflet d’une situation tendue et des stocks qui pèsent sur les cours. Pour preuve, les échanges sont plus rares en cette fin de campagne. L’offre est abondante et la demande moindre en Afrique. Les conditions de culture dans les bassins de production sont favorables autant pour le blé que pour le maïs. « On note quelques gels en Russie, une sécheresse aux Etats-Unis, mais rien d’alarmant », note Majda En-Nourhi, analyste chez FranceAgriMer.
Mais tous les yeux sont rivés sur le Pacifique en ce début juin 2026. « Le phénomène météorologique El Nino semble s’intensifier, relate Arthur Portier, consultant chez Argus Média. Actuellement, dans l’océan on relate une augmentation de 1,5 degrés par rapport à la normale. L’impact ? C’est que l’Australie risque de payer le prix d’une météo bouleversée. Là où les agriculteurs obtiennent en moyenne un rendement de 3 t/ha, celui-ci pourrait réduire de moitié. »
L’Australie ne devrait pas être la seule à en subir les conséquences. Les récoltes en Amérique latine et du Nord, dans une partie de l’Europe et en Asie pourraient être impactées. Un manque de marchandise qui pourrait soutenir le marché et inciter les prix à la hausse. Mais ce ne sera visible qu’en fin 2026, au moment de la récolte de l’Hémisphère sud.
Des marges brutes réduites
Toutefois, à court terme, les impacts de l’effet ciseau (prix des intrants élevés et celui de la vente faible), inquiète les filières agricoles. Dans un premier temps, les conséquences seront visibles sur la marge brute des exploitations céréalières françaises, avec une simulation cartographiée.

Avec le prix des intrants élevé et celui de vente bas, Agriculture et Stratégie a simulé la perte des marges brutes des producteurs de céréales selon les départements français. (© Agriculture et Stratégie)
« Pris en tenaille, l’ensemble du territoire s’effondre, analyse Jérémy Denieulle, directeur des études d’Agriculture Stratégies. La crise gomme les avantages agronomiques régionaux. Même les terres les plus fertiles, en Beauce et en Picardie, voient leur marge divisée par deux. Seulement deux départements présentent une marge brute de plus de 800 €/ha. »
Vers moins de céréales ?
Même si ce ne sont que des hypothèses, cette modélisation montre bien l’incapacité des agriculteurs à absorber une destruction de valeur sur deux campagnes consécutives. Et si cette situation perdure, « ce n’est plus seulement la rentabilité du printemps qui est en jeu, mais les décisions d’assolement de l’automne prochain, alerte l’analyste. Les agriculteurs pourraient être contraints de se détourner massivement du blé tendre au profit de cultures moins exigeantes en azote, comme le tournesol ou les légumineuses, menaçant directement les volumes de blé produits. » Et la sécurité alimentaire de notre pays.
Un point sur lequel insiste les économiste. Car cette crainte est palpable dans tous les bassins de productions de blé mondiaux. Or, la planète reste dans une croissance démographique et les céréales sont nécessaire à l’alimentation du globe.
11 % du coût de production d’une betterave
Les céréaliers ne sont pas les seuls dans cette situation. Le même exercice a été menée par la filière betteravière et présentée lors de l’assemblée générale de la CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) du Nord Pas-de-Calais.
« Les coûts de production pourraient progresser de 11 %. Et ainsi passer de 34,60 €/ha à 38,50 €/ha dans le cas d’un rendement moyen, présente Timothée Masson, économiste à la CGB. En revanche, ils passent de 31 €/ha à 34 €/ha dans le cas d’un rendement identique à 2025, soit 91 T/ha. »
Bien sûr, il le souligne, « il y a de grosses disparités selon les régions. » L’économiste a utilisé des références de prix les plus élevés avec une hausse de l’engrais de 50 % et du GNR de 65 %.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :
Le blé français a t-il encore un avenir ?
Comment rester optimiste en 2026 ?
Engrais, une taxe, un surcoût de 6 à 8 €/t de blé



![[Parts de marché] RMH conserve la première place des ventes de désileuses automotrices](https://www.entraid.com/wp-content/uploads/2026/05/parts-marche-desileuse-2025-350x194.jpg)
![[Parts de marché] Tous derrière et Claas devant avec ses ensileuses](https://www.entraid.com/wp-content/uploads/2026/05/22-ensileuse-350x197.jpg)
