Moisson finie, place aux travaux d’interculture. Qu’il soit destiné à l’implantation du colza ou des engrais verts, le travail du sol conditionne la bonne levée des plantes. En revanche, avec la météo actuelle, les agriculteurs sont tentés de ne pas toucher à leurs sols. À l’image de Nicolas Villain, agriculteur dans les Ardennes. Pour lui, malgré la récolte de sa parcelle de colza achevée, « pas question de déchaumer, assure t-il. Il fait trop sec, je ferais de la poussière. Dans ces conditions, c’est la meilleure terre qui part ». Alors quelle est la meilleure stratégie ? Partir en vacances en attendant la pluie ? Ou adapter ses outils et méthodes ?
Le déchaumage par temps sec, une bonne idée ?
Tout dépend de l’enjeu et du délai qui reste à l’agriculteur. Pour le colza, il bénéficie encore d’un délai. Pour les sols argileux à forte disponibilité, les dates de semis préconisées vont du 1er au 25 août pour l’est de la France et le Centre, du 20 août au 10 septembre pour le pourtour méditerranéen et la deuxième quinzaine d’août pour les zones situées sur les bordures maritimes. Un délai supplémentaire d’une dizaine de jours est envisageable pour les sols profonds à forte disponibilité en azote.
Pas de précipitation donc.
D’autant que pour obtenir un colza robuste, « une pluie est nécessaire après les semis, idéalement 7 à 10 milimètres« , estime Terres Inovia. Idem pour les couverts. « Cette année sera compliquée pour une implantation des couverts tôt. Les agriculteurs peuvent travailler le sol superficiellement pour faire un faux semis et ainsi être prêts pour les semis en août », admet Sophie Wieruszeski, conseillère à la chambre d’agriculture de l’Oise.
« Je n’ai rien semé, annonce Benoit Guilbert, agriculteur dans les Hauts-de-France. D’habitude, je profite de l’humidité du sol et des résidus de récolte. J’équipe ma moissonneuse d’un semoir à la volée après le broyeur. Mais cette année, tout est sec et je ne voulais pas semer dans la poussière. » Sans retour de la pluie, beaucoup d’agriculteurs ne feront rien. « Il faut que les couverts lèvent, lance Victor Parmentier, agriculteur dans l’Oise. On met beaucoup d’argent sur la table alors il faut du résultat. Pour maintenant, je vais attendre les semis de colzas pour implanter mes couverts dans la foulée. »
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