Quatre leviers pour se passer du phosmet sur le colza

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Quatre leviers pour se passer du phosmet sur le colza

Les mélanges de colza et radis ou des assemblages de différentes variétés de colza n'ont pas été concluants.

Après trois années de recherches et mise en application, Terre Inovia révèle quatre leviers à mettre en place sur son exploitation pour se passer du phosmet sans trop de dégâts.

Après trois années de recherche et le suivi de onze projets pour définir des alternatives au phosmet sur le colza, Terres Inovia fait le bilan. Quatre leviers ont montré leur efficacité alors que trois autres se sont montrés inefficaces. Certaines pistes sont encore à explorer mais l’institut technique note des avancées concrètes afin de mieux se passer de cet insecticide.

Changement climatique en cause

Avant son interdiction d’utilisation en 2022, le Phosmet permettait à de nombreux agriculteurs de lutter efficacement contre les ravageurs du colza. Sans cette solution chimique, certains producteurs de colza se sont retrouvés sans solution chimique puisque les pyrethrinoïdes ont créé des résistance dans certains territoires. Il était donc nécessaire de trouver des alternatives.

D’autant plus avec le changement climatique qui ne permet plus toujours de bénéficier de conditions de semis suffisamment humides pour bien démarrer la culture. Ou encore des conditions météorologiques propices au développement et propagation des altises.

Miser sur un colza robuste

La pratique d’implantation pour obtenir un colza robuste reste l’un des leviers les plus efficaces pour lutter contre les ravageurs. « Cela passe par un travail du sol maitrisé et une réaction pendant les bonnes fenêtres météo, assez précocement, explique Laurine Brillaut, chargée de projet et animatrice du plan de sortie du Phosmet chez Terres Inovia. La maitrise de la densité ou la culture de colza associé à une autre plante peut permettre au colza de bien débuter sa croissance. »

Par ailleurs, un apport d’azote à l’automne s’avère également judicieux afin de dynamiser la croissance de la plante. « Cette technique est possible sous certaines conditions et localement, avertie la chargée de projet. Car ces interventions sont soumises à la directive nitrates. »

Alternatives au Phosmet pour le colza : gérer à l’échelle du territoire

La levier variétal permet aussi de choisir des variétés mieux résistantes aux ravageurs. « Un nouveau critère de comportement de la plante face aux ravageurs a été créé, précise Laurine Brillaut. Celui-ci classe les réactions des variétés face à ce critère et le catalogue est disponible sur myvar.fr. »

Enfin, l’implantation d’intercultures pièges à proximité de la parcelle semble être efficace. « Elles diluent la pression d’altises d’hiver, précise la chargée de projet. Ainsi, l’agriculteur peut espérer détruire la nouvelle génération de ravageurs en même temps que l’interculture. »

Exclure certaines techniques

Ces onze études menées à travers la France basées sur quatre critères ont aussi exclus certains leviers. Parmi ceux-ci, il y a l’utilisation de biostimulants. « Nous en avons testé six, dénombre Laurine Brillaut. Sur 22 essais, aucun n’a induit une robustesse du colza plus accrue que sur les témoins qui n’en n’ont pas eu. » Dans la même veine, les mélanges de colza et radis ou des assemblages de différentes variétés de colza n’ont pas été concluants. « Nous n’avons pas remarqué une baisse significative de la pression des altises », poursuit-elle.

Enfin, l’utilisation de biocontrôles, comme alternative aux insecticides n’a pas fait ses preuves. « Nous n’avons pas remarqué d’efficacité notable, admet Laurine Brillaut. Peut-être est-ce la difficulté de toucher avec le produit l’insecte au stade de larve qui se trouve dans les feuilles de la plante ? Quant aux altises adultes, aucun produit ne s’est montré efficace ou pratique à appliquer. »

Alternatives au Phosmet pour le colza : des avancées dans la recherche

Si seuls quatre leviers ressortent de ces essais, ce plan de sortie du Phosmet a été l’occasion de mener certaines avancées. Notamment, en renforçant la technique du colza robuste. « Nous avons réussi à mettre en lumière des méthodes qui ne fonctionnaient pas, ajoute la chargée de projet. Mais aussi nous avons travaillé avec toute la filière colza, échangé sur nos méthodes de travail, exploré de nouvelles pistes variétales et chimiques. »

Terres Inovia le rappelle, il y a toujours des pistes d’intérêt à poursuivre. Notamment sur l’utilisation de biocontrôles à base de soufre qui demandent à ce que leur efficacité soit renforcée. Mais aussi sur la recherche variétale avec un travail pour définir celles résistantes aux ravageurs du colza. Enfin, les chercheurs continuent d’explorer la piste des médiateurs chimiques. Ceux-ci détournent les ravageurs d’automne avec des composés attractifs ou dissuasifs.

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