Même pas peur de la panne pendant la moisson

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Même pas peur de la panne pendant la moisson

La cuma Condé est équipée d'un atelier, embauche un mécano mais possède aussi des compétences en mécanique pour pouvoir acheter du matériel d'occasion. (©Entraid)

La cuma de Condé, située dans les Ardennes, a choisi d'acheter deux moissonneuses d'occasion pour réduire les coûts, être flexibles mais aussi assurer si l'une tombe en panne. Reportage.

Le coup de la panne à la cuma de Condé, ça les connaît. Les cinq adhérents du groupe moisson ne le redoutent plus. Ils l’ont même anticipé en achetant une seconde moissonneuse-batteuse. Pour assurer les chantiers. Mais aussi pour avoir de la disponibilité. En effet, le groupe possède deux machines. Mais ce sont de vieilles dames. L’une, la Lexion Montana 760 entame sa dixième campagne, tandis que l’autre, la 570 est un peu plus âgée de quelques années. Impossible pour ces agriculteurs ardennais de s’équiper de machines neuves : ce serait trop onéreux.

Assurer les chantiers avec deux moissonneuses d’occasion

Alors avec cette stratégie, la cuma a de la flexibilité mais aussi du débit. Quand les deux tournent. Car chaque année, ce sont plus de 800 ha de cultures qui sont moissonnées. Mais c’est aussi un choix récent. Car la cuma de Condé a opté pour une deuxième machine il y a deux ans. L’année dernière, l’une tournait pendant que l’autre était en panne. Ça évite le stress. « Une telle machine ne serait pas abordable pour notre groupe, estime Baptiste Zins, adhérent et également chauffeur. Nous avons acheté la Lexion Montana 570 Montana, 100 000 euros environ. » Les adhérents cherchaient une machine qui s’adapte aux dévers, de la même marque que la première pour pouvoir échanger les coupes (l’une fait 7,50 m alors que l’autre 7,70 m) si besoin ou les pièces de rechange.

« C’est aussi parce que nous étions satisfaits de la première Claas, ajoute Baptiste Zins. Elle n’a pas les quatre roues motrices de l’autre et reste donc très maniable. Elle est moins disposée à travailler à l’automne par contre. » Si elle dispose de moins de technologies et est moins moderne que l’autre, elles ont toutes les deux pour avantage d’assurer le débit de chantier à moindre coût: 85 €/ha en 2024, carburant compris mais hors main-d’œuvre.

Poursuivre l’activité dans le flou

Elle permet également de faire perdurer un groupe qui manque de visibilité. En effet, quelques adhérents quitteront le groupe pour passer potentiellement le relais à un repreneur. « Au pire, s’il nous manque des surfaces, nous revendrons l’une des machines, estime Baptiste Zins. La décote est moins grande sur une machine de dix ans que sur une neuve. » Le groupe y laisserait peut être des plumes mais l’occasion leur a permis d’avancer malgré le flou.

L’arrivée de la seconde moissonneuse apporte de la sérénité au groupe. « Cette année, la météo est clémente et nous laisse avancer quand on en a envie, fait remarquer le chauffeur. Mais lorsque les fenêtres de récolte sont plus serrées, là on peut être réactifs. »  Mais cette stratégie risque de faire grimper les prix d’utilisation. « Un peu, concède Luc Dutoit, l’ancien président, adepte des bonnes affaires. C’est aussi pour cela que nous avons opté pour une machine d’occasion. »

Des compétences partagées

La quasi totalité des automoteurs dont elle dispose est de seconde main. « On peut se le permettre car nous avons les compétences, lance t-il, affairé dans l’atelier de la cuma. Nous avons un mécano salarié à temps plein qui révise et répare le matériel. Et les adhérents mettent aussi la main à la pâte. » Le boulot des responsables des machines.

C’est sans compter sur l’aide de leur concessionnaire. « Chaque année, il vient faire un état des lieux de la moissonneuse, je suis avec lui pour apprendre à bien la connaître, explique Baptiste Zins. Nous achetons les pièces détachées en basse saison et avec le mécano de la cuma on s’attèle à réviser les moissonneuses et remplacer les pièces nécessaires. » Ainsi, cette année, le devis de révision des machines était de 9 000 € pour l’une et de 14 000 € pour l’autre. Je pense qu’on en aura pour la moitié, voire un peu plus. »

Faire varier l’amortissement

En 2024, la cuma avait dépensé 23 000 € de pièces et 18 000 € de main-d’œuvre pour réparer et entretenir les deux machines. En revanche, en 2020, seuls 6 000 € avaient été facturés. « Dans ces cas, là on joue sur l’amortissement, qui est déjà aussi long que du matériel neuf, explique Luc Dutoit. Ainsi, on conserve un prix de revient assez stable. » Une stratégie qui s’exporte à d’autres groupes ? Oui, mais avoir à sa disposition un mécano est indispensable tout comme le temps pour dénicher les bonnes affaires.

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