« Le grain ne murît pas, il crame », peut-on entendre dans la plaine de Bourgogne Franche-Comté comme dans la plupart des régions de France. Le rythme soutenu de la semaine dernière caniculaire a laissé place à un peu de répit aux agriculteurs et à la fraicheur ponctuelle pour poursuivre la moisson 2026 à un rythme plus habituel. Premières impressions après le début des récoltes. Le point sur la moisson de blé 2026 dans le Nord-Est.
Moisson 2026, premières impressions dans le Nord-Est
En Bourgogne Franche-Comté, les orages du week-end ont marqué une pause bienvenue pour les agriculteurs. « On travaillait la nuit », lance Swen Bogerman, agriculteur dans la Nièvre. Comme ses voisins, la semaine dernière il a dû adapter ses horaires de travail. « On commençait à battre à 8h du matin, il y a un peu de rosée mais autant que si on récoltait la nuit, précise Patrick Mougeot, agriculteur, lui en Saône-et-Loire. On faisait une pause de 13 h à 20h, pour reprendre la moisson ensuite. » Qu’ils soient contraints par des arrêtés préfectoraux ou non, les agriculteurs restent prudents. « On estimait que c’est trop dangereux de poursuivre dans de telles conditions, on a préféré reporter les travaux, quitte à terminer très tard nos journées, » poursuit l’agriculteur.
De cette organisation mise en place pendant cette semaine caniculaire, il reste un léger ressentiment. Celui de ne pas avoir été suivi par les silos. Certains n’ont pas adapté leurs horaires, d’autres lieux ont retardé leur fermeture à 22h. En attendant, les agriculteurs ont dû s’adapter : remplir des bennes, stocker chez soi précairement pour livrer ensuite au silo et redoubler d’efforts.
Rendements moyens
Le rythme soutenu comme les fortes chaleurs ont laissé un peu de place à la fraîcheur. Une météo qui devrait permettre aux agriculteurs de la région d’avancer dans leur moisson. « D’ici la fin de cette semaine, je devrai avoir battu les 150 ha de blé restants », estime Swen Bogerman. « En fin de semaine, la quasi totalité des blés sera récoltée dans la plaine jurassienne« , estime Patrick Mougeot. Forcément avant beaucoup d’avance. Estimée à 10 jours par rapport à l’année dernière. Qui était, elle aussi, en avance de 10 jours également.
Mais cette moisson précoce n’est pas gage de bons résultats. « Les grains crament mais ne murissent pas, estime Swen Bogerman. La paille est encore un peu verte. » Pour lui, ils sont moyens, autour des 55 à 60 q/ha. Les grains sont petits mais la qualité est là. « Les rendements auraient été plus élevés s’il n’y avait pas eu cette canicule, poursuit-il. Les températures précipitent la maturité. »
Que le début dans certaines zones
Même topo en Saône-et-Loire. « On perd 10 q/ha par rapport à d’habitude, chiffre Patrick Mougeot qui obtient souvent des rendements autour des 80 q/ha. Le résultat d’un automne humide et des désherbages trop agressifs pour limiter la pression vulpins qui a impacté le tallage des plantes. Forcément, les parcelles sont claires. Est-ce qu’on va couvrir nos coûts de production ? »
Plus au nord, en Haute-Saône notamment, la récolte de blé devrait débuter cette semaine. 80 % des blés de Pierre-Yves Barthélémy étaient mûrs la semaine dernière. « La météo est au beau fixe, on va attendre que les blés finissent de mûrir, s’ils ne brulent pas d’ici-là. »
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