Bien amorcer sa culture de colza

Partager sur

Bien amorcer sa culture de colza

L'agriculteur dispose de plusieurs leviers pour lutter contre les ravageurs et conserver la robustesse de son colza. © Terres Inovia

Les conditions sèches de cet été 2026 implique d'implanter son colza avec soin et de mettre tout en œuvre pour que la culture s'amorce bien.

Pour faire face à ses ravageurs, le colza doit être rapidement vigoureux. Une fois implanté dans de bonnes conditions, certains leviers peuvent être actionnés pour permettre à la plante de conserver sa robustesse jusqu’au printemps. Retour sur la protection du colza contre les ravageurs.

Assurer le bon développement de la culture du colza

La nutrition azotée de la plante en fait partie. « Avoir un précédent de légumineuse permet une nutrition optimale à la graine germée dès le départ, lance Domitille Jamet, ingénieure chez Terres Inovia. L’apport de matière organique telles que du fumier ou du lisier en amont des semis permet également une nutrition à la germination. »

La fertilisation localisée dès le début des semis à hauteur de 30 U/ha peut être une stratégie judicieuse. Cependant, il faut s’assurer de la possibilité de le faire. La réglementation, avec notamment en fonction de la directive nitrate, l’empêche à certains endroits. « Un apport à l’automne est réalisable et peut être davantage souhaitable. La plante sera plus capable de l’assimiler, ajoute l’ingénieur. Il faut aussi être vigilent aux carences en phosphore, certains sols sont faiblement pourvus et le colza est demandeur. » Ca peut pénaliser sa croissance.

Résister à la concurrence

L’autre levier consiste à limiter les graminées dans la parcelle. « Obtenir une parcelle propre n’est pas une fin en soi, annonce Arnaud Michenau, ingénieur chez Terres Innovia. L’essentiel est d’avoir un bon développement du colza afin qu’il ne soit pas trop fragile tout le long de son cycle et qu’il résiste à la concurrence des autres plantes. »

La gestion des adventices doit être précoce et pour cela, l’utilisation de propyzamide est conseillée en pré ou post levée. « Cela évite que le stock semencier soit abondé par la suite, précise le conseiller. Ensuite, les antigraminées foliaires peuvent être appliqués mais il faut que les conditions soient optimales. Attention également à la phytotoxicité. » Entendez par-là qu’il faut des sols frais, humides et qui ne sont pas saturés en eau. La période idéale pour ces applications est donc le début de l’automne.

Petite bête grande menace

L’autre grand défit est de lutter contre les ravageurs que ce soit à l’échelle de la parcelle ou du paysage. Pour cela, plusieurs leviers peuvent être actionnés. « On peut implanter une variété piège à méligèthes, explique Céline robert, ingénieure chez Terres Inovia. Elles seront attirées par la couleur jaune et l’odeur de la variété plus haute et précoce au moment de la floraison. Une telle stratégie retarde ou annule une application d’insecticide. » Ces variétés sont disponibles en mélanges ou peuvent être vendues séparément. Dans tous les cas, la date de semis doit être identique.

D’autres variétés sont tout simplement tolérantes aux altises et charançons du bourgeon terminal. Par ailleurs, la date de semis semble être un levier efficace. « Quand l’implantation a lieu avant le 26 aout, on note des dégâts dans les cultures dans 30 % des cas, annonce l’ingénieure suite à des essais. Contre 66% pour un semis après le 10 septembre. » L’utilisation d’un couvert permet aussi de limiter les dégâts et de réduire le nombre de larves d’alises lorsqu’il est détruit en hiver et que sa densité est supérieure à 200 g/m².

À l’échelle d’un territoire

« Si on cumule les leviers chimiques, de fertilisation et de couverts, chacun apporte un rendement supplémentaire, ils restent bénéfiques, précise Céline Robert. Et il n’y a pas de hiérarchie, l’un est aussi efficace que l’autre. » À l’échelle du paysage, les agriculteurs peuvent piloter des intercultures pièges. L’objectif de cette stratégie est de détourner les altises des colzas et de réduire leurs populations à plus long terme.

Il s’agit donc d’implanter une interculture de crucifères  en même temps que le colza et de les détruire au plus tard en entrée d’hiver. Là, les altises ainsi que les larves qu’elles auront pondues seront anéanties. « On préconise de semer des mélanges de radis et de navette à la densité d’au moins 25 pieds/m², conseille l’ingénieure. On exclus la moutarde. La parcelle doit être à proximité de celle de colza et les surfaces doivent être équilibrées. »

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

Moisson 2026, c'est parti !

◉ En direct
Sélectionner deux matériels de la même famille pour les comparer