Jean Lieven et Céline Robert, de Terres Inovia, plantent le décor : « Les punaises sont « généralistes ». Après un été particulièrement chaud et sec, elles recherchent des végétaux encore verts lorsque leurs plantes hôtes se dessèchent ou disparaissent. Cette année particulièrement, elles semblent s’abriter ou se déplacer en grand nombre vers les repousses et les jeunes colzas, » expliquent-ils. Résultat : de belles infestations, dites « pullulations ». Le point avec les punaises sur colza et lin.
Punaises sur colza : pas de solution phyto aujourd’hui
Lors d’épisodes précédents, « la punaise des céréales (Nysius cymoides) a été fréquemment identifiée. Mais plusieurs espèces peuvent être impliquées, « indiquent-ils également. Il n’y a pas de solution phyto homologuée aujourd’hui. Les molécules testées jusqu’à présent n’ont pas été efficaces sur ces populations d’insectes massives et très mobiles. Les agriculteurs des Pays de l’Est de l’Europe, habitués à cette problématique, s’en remettent en général à la pluie.
Un espoir douché par les experts de Terres Inovia: « Malgré des pluies parfois abondantes fin août, les attaques ne disparaissent pas nécessairement rapidement. Jusqu’alors, les précipitations (voire irrigations) contribuaient à disperser les larves, en même temps qu’elles favorisent bien sûr la croissance du colza. En 2026, leur effet ne paraît toutefois ni immédiat ni systématique, » au vu de l’abondance des populations.
Que faire ? Surveiller, déclarer, limiter la propagation des populations
La Chambre d’agriculture de Bretagne, région également touchée, recommande via son équipe de Conseillers Agronomie « une surveillance attentive des colzas tout juste levés« .
« Les premiers symptômes d’une attaque, qui peuvent se traduire par un dessèchement des plants, apparaissent généralement en bordure de parcelle avant de progresser vers l’intérieur », décrivent-ils.
Terres Inovia recommande d’examiner les champs avoisinants « et, en cas de présence abondante de punaises, » de « reporter si possible tout travail du sol« .
Les deux organisations mettent en avant l’enquête de Terres Inovia destinée à faire remonter les pullulations de punaises ainsi que les dégâts.
Punaises : linières et matériels également en ligne de mire
Même son de cloche du côté de la Chambre d’agriculture de Bretagne, qui recommande également une surveillance des linières, très touchées également.
« Dans les sites de stockage, les punaises présentes dans les round balls de lin peuvent se propager aux éventuelles autres productions stockées au même endroit, et occasionner des dégâts, sur légumes par exemple (choux…) : soyez particulièrement vigilants, » précise l’équipe des conseillers agronomie de la Chambre d’agriculture.
Et de préciser: « Attention aux matériels qui reviennent couverts de punaises : ils sont également une source de contamination. »
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