Space 2026 : de l’eau au moulin des évolutions

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Space 2026 : de l’eau au moulin des évolutions

L’été 2026 met en évidence l’urgence de préserver, gérer et sécuriser la ressource en eau, y compris pour les élevages du le Grand Ouest. Le Space 2026 veut ouvrir le sujet (©Entraid).

En présentation du programme du salon de l’élevage qui s’ouvre le 15 septembre à Rennes, l’organisation du Space propose une visite d’exploitation. Alors que l’été 2026 met en évidence l’urgence de préserver, gérer et sécuriser la ressource en eau, y compris dans le Grand Ouest, la ferme du Pont Guisson s’est mise à l’abri collectivement. Elle avance vers de nouveaux projets.

À douze jours de l’ouverture des stands, l’organisation du Space propose une présentation de sa 40e édition. Les 15, 16 et 17 septembre 2026, à Rennes, la gestion quantitative de l’eau en agriculture en sera le thème central. Rendez-vous était donc donné à la presse le 3 septembre 2026 à Pléchatel (35), sur l’élevage de la famille Demy. Ici, l’exploitation n’a pas manqué d’évolutions ces dernières années. Nicolas, un des trois associés, confirme : « quand on a des projets, on va au Space, pour nous renseigner suivre des conférences, rencontrer des acteurs… »

L’irrigation collective, une force pour l’évolution de la ferme

Depuis que Jean-Pierre et Annie ont été rejoints par leurs deux fils, les changements suivent une volonté d’autonomie. La génétique du troupeau de 120 laitières s’adapte au renforcement du pâturage. Les flores prairiales se diversifient.

« Notre objectif du moment serait d’avoir une production fourragère du 1er février au 31 décembre », expliquent les éleveurs. Un atout considérable soutient ce cheminement de l’exploitation. Elle est l’une des huit qui composent la cuma Irri land. « Nous valorisons là un travail remarquable de la précédente génération », salue Romain Demy, le jeune président de la cuma spécialisée.

La ferme du Pont Guisson en chiffres
Production de lait bio (800 000 l) et de viande bovine (génisses et bœufs encroisement Angus)
260 ha, dont 60 ha de productions végétales destinées aux filières d’alimentation humaine
170 ha irrigables
20 ha de maïs
180 ha de prairies et autres cultures fourragères

« La logique n’était pas d’intensifier »

La cuma Irri land mutualise cinq retenues collinaires, pour un volume total de 93 000 m3, les pompes, sept enrouleurs et un réseau souterrain de quelques kilomètres.

« Quand on tire une canalisation qui passe chez le voisin, ajouter une sortie pour qu’il en profite aussi, ça permet tout de suite de diviser les coûts », schématise son président. « Notre richesse aujourd’hui, c’est que nous partageons de l’eau. »

réserve collinaire pour l'irrigation en Bretagne

Les réserves collinaires sécurisent la production fourrage de l’élevage qui cherche à diversifier son assolement (©Entraid).

« À l’époque, notre logique était de sécuriser nos productions. » Jean-Pierre Demy revient ainsi sur la création des réserves collinaires collectives, il y a 25 ans. « Le maïs était à la base de nos systèmes fourragers. » Mais dans cette zone où les étés étaient déjà secs et les sols peu profonds, « c’était déjà compliqué 2 années sur 3. »

De la place pour d’autres cultures

Depuis, les adhérents se réunissent chaque début d’année et font en sorte que la répartition de leurs cultures irriguées soit cohérente avec leurs réserves. Ils comptent un hectare de maïs pour 800 m3 d’eau. Ainsi, l’élevage de Pont Guisson s’assure d’obtenir environ de 14 tMS/ha.

« Au final, cela nous permet de cultiver moins de maïs », répètent ses dirigeants, qui désormais, aspirent donc à valoriser l’eau sur d’autres plantes, aptes à générer du stock sur pied. De quoi consolider leur système de pâturage.

« On irrigue pour sécuriser le système et pour valoriser l’eau »

« L’idée c’est que l’eau soit efficace. Il ne s’agit pas de la gaspiller ! », insiste Nicolas Demy. Cela passe par des outils d’aide à la décision, mais aussi par une parfaite maîtrise.

« C’est-à-dire qu’il faut utiliser l’irrigation au bon moment et dans des conditions optimales ! Pour moi, l’irrigation du maïs c’est forcément dans une parcelle où un binage a ouvert le sol et qui est riche en matière organique. »

Plusieurs conférences sur la question de l’eau au Space 2026

La visite de l’exploitation de Pléchatel appuie donc pleinement le thème de la gestion quantitative de l’eau, temps fort du Space 2026. Charles Fossé, responsable de l’Espace pour demain, justifie : « Le constat est que l’eau, dans son cycle et sa gestion, évolue. »

Entre excès hivernal et carence estivale, « les contrastes augmentent. Il y a une question à se poser de comment on fait des réserves et comment on les redistribue ? Nous devons avoir une gestion collective et économe de l’eau parce qu’il y a des enjeux cruciaux pour l’agriculture, mais aussi la société, l’industrie, le tourisme, la protection incendie, les écosystèmes. »

Présentation du Space 2026

Les organisateurs du salon de l’élevage

Le président du salon, Didier Lucas résume : « L’eau est un sujet qui doit fédérer et non cliver. » Puis les agriculteurs responsables du salon proposent quelques exemples de services non-agricoles de ces retenues collinaires.

« Le Space se veut aussi un endroit pour permettre cette discussion, avec le reste de la société et les politiques. L’ambition est que chacun puisse se faire ses idées et que l’on puisse avancer. »

Surface constante, avec moins d’exposants

Au niveau des inscriptions, le Space enregistre une baisse du nombre d’entreprises limitée à moins de 10 % par rapport aux années précédentes. Valérie Le Ray, directrice par interim, évoque le contexte économique de l’agriculture, des fusions d’entreprises… Sans cacher que la crise interne et « des rumeurs qui ont circulé » autour de l’événement en lui-même ont fait prendre du retard dans les processus de décision. « Néanmoins, la surface d’exposition sera équivalente aux autres années », termine Didier Lucas.

Entre autres nouveautés, les concours de génétique animale ouvrent une place à la filière caprine. Du côté du machinisme, notons enfin que le dispositif du Parcours cuma est reconduit. Les équipes du réseau cuma assureront également plusieurs conférences, sur l’innovation ou la consommation de carburant notamment.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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