Cédric : « On ramasse du maïs fin juillet, ça ne s’était jamais vu »

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Cédric : « On ramasse du maïs fin juillet, ça ne s’était jamais vu »

Avec un mois d'avance, les chantiers d'ensilage de maïs débutent dans le Tarn. ©Entraid

Sécheresse précoce, irrigation à son maximum, récolte avancée d'un mois : chez Cédric Sablayrolles, éleveur dans le Tarn, la campagne de maïs ensilage 2026 aura demandé plus de travail pour un résultat plus incertain. Reportage au cœur d'un chantier pensé, avant tout, pour garantir l'autonomie alimentaire du troupeau.

Sur l’exploitation, Cédric Sablayrolles irrigue 24 hectares de maïs. Mais cette année, même les parcelles habituellement les mieux arrosées ont souffert. Une observation qui remarque encore plus lors de l’ensilage de son maïs. « On s’aperçoit que finalement, même avec une bonne irrigation, on a eu du mal à tenir », résume l’agriculteur. Reportage sur l’ensilage de maïs et la sécheresse présente dans le sud-ouest.

Irrigation et fortes chaleurs : une efficacité mise à rude épreuve

Au total, cinq passages d’eau de 30 mm ont été nécessaires, soit 150 mm apportés artificiellement, en complément d’environ 100 mm de pluie naturelle depuis le semis. Un volume nettement inférieur à une année classique. « Il y a deux ans, on avait dépassé les 200 mm de pluie naturelle », rappelle Cédric Sablayrolles. La chaleur est venue ajouter une difficulté supplémentaire : au-delà d’un certain seuil de température, l’eau apportée perd une partie de son efficacité. « Mettre 30 mm d’eau quand il fait 32-33 degrés, c’est beaucoup mieux que d’en mettre autant quand il fait 42 degrés », observe-t-il. Une équation d’autant plus délicate à gérer que des attaques de corbeaux sur certaines parcelles semées plus tardivement sont venues s’ajouter aux difficultés de la saison.

Rendement : des tonnages revus nettement à la baisse

Sur l’exploitation, l’objectif est clair : remplir deux silos pour assurer le stock de tout le troupeau sur plus d’un an. Cédric Sablayrolles a semé jusqu’à une trentaine d’hectares de maïs (sec et à ensiler) afin de sécuriser ce volume. Côté rendement en matière sèche, la baisse est nette.

« D’habitude, on est aux alentours de quatorze tonnes de matière sèche par hectare. Cette année, je suis plutôt sur huit, neuf tonnes », estime-t-il. Sur la maturité du grain, l’agriculteur explique chercher un compromis permanent entre plusieurs indicateurs. « Il faut que le grain soit pâteux. Là, il est encore un peu laiteux », note-t-il en observant ses parcelles, certaines plus vertes, d’autres déjà plus sèches.

L’enjeu : trouver « le juste milieu entre une plante pas trop sèche, mais qui reste à la bonne valeur », afin que la ration soit bien assimilée par les vaches. Il ajoute qu’il manque probablement encore quatre à cinq jours de maturation, mais que la disponibilité de l’entrepreneur et des voisins impose de fixer une date.

ensilage de maïs

Sécheresse précoce, irrigation à son maximum, récolte avancée d’un mois : chez Cédric Sablayrolles, éleveur dans le Tarn, la campagne de maïs ensilage 2026 aura demandé plus de travail pour un résultat plus incertain. (©Entraid)

L’ensilage, socle de l’autonomie alimentaire du troupeau

Au-delà des chiffres, c’est bien la logique d’autonomie qui structure toute la démarche de l’éleveur. « Le problème, chez les éleveurs, c’est de s’assurer l’autonomie alimentaire. Après, on verra s’il y a du plus », résume-t-il. Remplir les silos n’est donc pas un objectif parmi d’autres : c’est la condition même du revenu de l’exploitation. « Si les silos sont pleins, on est satisfaits », glisse-t-il simplement.

Ce choix prend tout son sens dans le contexte actuel de fluctuation des prix des matières premières. En sécurisant sa propre production de fourrage, l’exploitation limite sa dépendance aux achats extérieurs d’aliments, alors que les cours des céréales et du maïs ont fortement grimpé ces derniers temps. « Au moins, on n’a pas d’aliment acheté. Pour la gestion de l’exploitation, c’est quand même mieux », insiste Cédric Sablayrolles. L’objectif affiché est de tenir plus d’un an et un mois de stock.

Sur le terrain : l’organisation d’un chantier d’ensilage

Le jour de la récolte, Cédric ne travaille pas seul. Un entrepreneur vient ensiler et ses voisins l’aident à amener les bennes. Au-delà de l’aspect pratique, ce moment reste, pour Cédric Sablayrolles, un temps fort de la vie agricole.

« Même si on est une fois chez eux, une fois chez l’autre, c’est toujours de la convivialité. On se retrouve au moment du repas, on discute un peu de tout, on rigole. Ce sont toujours de bons moments, les ensilages », confie-t-il. Côté organisation logistique, le nombre de bennes mobilisées dépend directement du rendement et de la distance au silo.

Ce jour-là, quatre bennes tournent en simultané. « C’est un maïs qui est très haut, la benne se remplit vite. Donc il vaut mieux être quatre. Dans les endroits où le maïs est plus petit, ça prend plus de temps à se remplir, donc trois suffisent », détaille l’éleveur, qui préfère par sécurité disposer d’une benne supplémentaire plutôt que de risquer un goulot d’étranglement au champ.

L’ensilage de maïs a débuté dans le Tarn. Après des fortes chaleurs et plus d’irrigations, la récolte semble moins bonne que l’an passée. (© Entraid)

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