Presque figure d’exception dans le panorama proposé, les ateliers de production de lait de vache (hors agriculture biologique) ont atteint un prix de vente supérieur à leur prix de revient en 2025. Mais l’étude s’inquiète d’un coup de ciseau en cours qui devrait inverser la donne pour 2026. Au Space, le service études et prospective des Cerfrance de Bretagne présente un point de conjoncture basé sur l’analyse des comptabilités de leurs clients agricoles. Le point sur le coût de production agricole 2026.
Retournement de conjoncture en lait

(Source: Cerfrance Bretagne, résultats de groupe des exploitations spécialisées lait conventionnel et prévisions)
La présentation indique en effet un prix du lait moyen de 498 €/1000 l en 2025. Il a donc couvert le prix de revient moyen (442 €/1000l). Ce dernier était alors dilué par une bonne productivité laitière et diminué par la hausse du produit viande, d’où sa baisse par rapport à 2024.
Mais pour 2026, le centre de comptabilité table sur une hausse des charges dans le sillage du carburant et de l’inflation. Notons qu’à l’inverse, le prix de vente du lait se tasse actuellement. Ainsi, le prix de revient moyen du mètre cube de lait pourrait finalement excéder d’une soixantaine d’euros le prix de vente moyen sur l’année 2026.
La situation devrait s’empirer pour 2027, au moins sur le plan de la hausse des coûts de production du lait, ne serait-ce déjà qu’en raison des récoltes fourragères décevantes en rendement et en qualité. Le coût alimentaire des exploitations va augmenter.
Coût de production agricole 2026 : attention aux moyennes
Concernant la production porcine, la situation s’est dégradée en 2025. Pour autant le prix de vente moyen (1,85 €/kg de carcasse) reste supérieur au prix de revient (1,74 €/kg de carcasse).
Les intervenants soulignent toutefois que les moyennes cachent des réalités contrastées. En 2025, plus d’un quart (28 %) des élevages de cet échantillon n’a pas couvert son prix revient. Précisons que ce dernier intègre une rémunération forfaitaire de l’éleveur équivalente à deux smic. Les estimations indiquent des niveaux comparables en 2026 pour le coût de revient du kilo de porc. Mais elles orientent sur une hausse marquée pour 2027.
Viande bovine et céréales ne couvrent pas leur coût de production
Les cours du kilo de viande bovine ont atteint « des niveaux jamais vus auparavant », souligne Julien Pruneau (Cerfrance Bretagne). Pour autant, ces prix favorables n’ont pas permis d’atteindre une valorisation des vaches équivalente à leur prix de revient (hors aides).
Le bilan (tout comme les perspectives) n’est pas plus favorable côté grandes cultures. Depuis 2023, ni le blé ni le maïs ne couvre leur prix de revient. Celui-ci est de respectivement 230 €/t et 205 €/t, alors que Véronique Kerlidou (Cerfrance Bretagne) projette une hausse du coût de production à 270 €/t pour le blé et à 330 €/t pour le maïs.
Une partie des exploitations déjà en très grande difficulté
« Ce que nous constatons, quelle que soit la filière, c’est une très grande diversité des situations. Certaines exploitations, sont impactées mais s’en sortent convenablement », poursuit-elle. « Mais d’autres se retrouvent en très grande difficulté. »
Les intervenants soulignent surtout qu’aujourd’hui les projets, notamment d’installation, doivent prendre en compte la forte variabilité du climat, entre autres facteurs. « L’anticipation du risque est nécessaire » et doit s’intégrer au projet, si l’on souhaite qu’il soit robuste.
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