« Il y a une amitié qui se crée entre tout le monde, ça dépasse le cadre de l’agricole » CUM’APÉRO à la cuma de Caylus

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« Il y a une amitié qui se crée entre tout le monde, ça dépasse le cadre de l’agricole » CUM’APÉRO à la cuma de Caylus

Renouvellement, défi économique ou encore solidarité, la cuma de Caylus est une petit cuma qui veut perdurer. Rencontre avec ses adhérents. ©Entraid

Née en 1984 dans l'élan du grand mouvement des CUMA, la CUMA d'accueil de Caylus a connu ses hauts, ses baisses de régime, et même failli disparaître il y a deux ans. Aujourd'hui portée par un bureau doyen du département et une poignée de jeunes fraîchement arrivés, elle continue de faire tourner ses machines pour une poignée d'exploitations en polyculture élevage. Rencontre avec Jean-Paul, Valentin et Didier.

Tout commence avec le grand mouvement de création des Cuma au milieu des années 1980. Sur le canton, trois groupes distincts voient le jour presque simultanément, réunis sous la bannière de la Cuma d’accueil de Caylus, et se mettent à investir ensemble dans du matériel de travail du sol et d’épandage. L’entraide fonctionne bien pendant plusieurs années, avant de s’essouffler naturellement, comme souvent lorsque l’enthousiasme des débuts retombe : dans les années 90, l’activité ralentit et les investissements se raréfient. « C’est vers 93-94 que notre groupe a eu envie de redémarrer. On a remonté un bureau, et on est reparti en investissements », explique Jean-Paul Estripeau, président.

Le Cumapéro à la cuma de Caylus en vidéo

Une Cuma en cours de renouvellement

Un nouveau bureau est donc constitué. La Cuma poursuit son histoire jusqu’à aujourd’hui, où les anciens donnent le flambeau à la nouvelle génération. « On voulait participer au challenge Cuma du plus vieux bureau du département », rigole le président. Dans le bureau, les adhérents ont tous plus de 60 ans, voire plus. Mais la relève arrive : de jeunes adhérents, dont des femmes, ont récemment rejoint le bureau « Pour le moment, on est encore bien encadrés. On a la chance qu’ils nous accompagnent encore. J’espère qu’ils vont continuer un peu, pour bien voir comment ça fonctionne », confie Valentin Frauciel, adhérent. Au-delà de l’aspect strictement professionnel, les adhérents insistent sur la dimension humaine de leur Cuma. « Il y a plus que l’aspect simple collègue. Il y a une amitié qui se crée entre tout le monde, ça dépasse le cadre de l’agricole », poursuit-il. De quoi aborder avec confiance les prochaines années de transition.

Des machines au service d’une polyculture élevage diversifiée

Sur le terrain, les activités de la Cuma collent aux besoins d’un territoire de polyculture élevage : élevage laitier, troupeaux allaitants et quelques moutons se côtoient chez les adhérents. Le parc de matériel, resserré, s’est construit en conséquence, avec un épandeur à fumier, un combiné de semis, du matériel de binage et un plateau pour le transport. En tout, c’est une vingtaine d’outils que les agriculteurs se partagent. Une poignée d’exploitations, proches les unes des autres, utilisent ce matériel : les adhérents les plus éloignés ne sont qu’à quelques kilomètres du hangar commun.

Un hangar communal, fruit d’un long partenariat avec la mairie

Chance rare pour une aussi petite structure : la Cuma dispose d’un bâtiment de stockage de 600 à 700 m², entièrement fermé sur ses quatre côtés. Sa genèse illustre bien les liens tissés entre collectivités et monde agricole local. Porté à l’origine par la communauté de communes, le bâtiment devait revenir à la commune au bout de dix ans. « On a attendu quatorze ou quinze ans, et aujourd’hui, c’est un bâtiment communal que la mairie nous met à disposition », déclare le président. Résultat de cette mise à disposition : chaque adhérent ramène son matériel au hangar dès qu’il a terminé un chantier, sans stockage prolongé à la ferme, sauf lorsque les travaux s’étalent sur plusieurs jours.

Un fonctionnement à taille humaine, sans salarié

Ici, pas de salarié, pas d’organigramme complexe. La Cuma fonctionne sur la base de petits groupes constitués autour de chaque machine. Ils s’organisent entre eux en fonction des besoins plutôt que de tout faire remonter au président. « C’est pour éviter de passer tout le temps par Jean-Paul pour le déplacement du matériel », explique Didier Artous, adhérent. Cette souplesse s’étend jusqu’à la facturation. Selon le matériel concerné, la CUMA facture soit à l’hectare, soit selon un système de pourcentage lié au budget de chaque exploitation. Les réunions, elles aussi, restent rares et informelles. Un simple coup de téléphone entre membres d’un même groupe dès qu’un besoin de renouvellement se fait sentir.

Une économie sous tension, entre frais de gestion et renouvellement du matériel

Avec un chiffre d’affaires d’environ 15 000 euros, la CUMA de Caylus reste une structure modeste. Le bureau s’efforce simplement de maintenir à flot plutôt que de faire croître. Le principal point noir identifié par les adhérents : le poids des frais de gestion. Ils peuvent parfois dépasser le montant des factures de travaux facturées à chaque exploitation. « Il y a des adhérents où les frais de gestion sont plus élevés que la facture de travaux. C’est ça, le gros problème, pour une petite structure comme la nôtre », dit Didier, adhérent.

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